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31 Décembre 2016

« Le Tibet, prochaine destination touristique cinq étoiles ? »

Potala

Potal

Dans l’une des zones les plus inaccessibles du monde, un changement aussi important que troublant s’opère.

Le Tibet, sous le contrôle du gouvernement chinois, fait depuis longtemps rêver les voyageurs curieux de découvrir la culture unique de ce peuple qui s’est battu sans succès pour s’émanciper de l’emprise chinoise en 1959.

Mais la terre du Dalaï-lama change. Longtemps inaccessible aux journalistes et aux touristes, le gouvernement chinois est prêt à assouplir ses frontières et à faire de cette région un moteur économique touristique du pays. Mais à quel prix?

Un journaliste du réseau CNN a obtenu un rare accès à cette région dans le cadre d’une visite gouvernementale qui avait pour but de mettre en vitrine un peuple tibétain heureux et sa culture à travers de la peinture, de la danse ou de l’opéra Partout où les journalistes allaient, des surveillants du gouvernement chinois les accompagnaient.

Suivez son reportage en anglais dans la vidéo ci-dessous :

http://www.tvanouvelles.ca/2016/12/28/le-tibet-prochaine-destination-touristique-cinq-etoiles

 

31 Décembre 2016

« TSEKOU »: Renaissance d’un vin de l’Himalaya, du vin de messe au millésime haut de gamme…

Vin tibet

 Plantée à 2.400 m d’altitude, au XIXe  siècle, la vigne pour vin de messe produit aujourd’hui un millésime promis aux sommets.

Si le premier millésime du XiaoLing (« crête de montagne dans les nuages ») vient d’être présenté au siège des Missions étrangères de Paris, rue du Bac, à Paris, c’est qu’au XIXe siècle, les missionnaires (dont l’abbé Pottier, ordonné à Tours) envoyés dans cette région du Yunnan, sur les contreforts de l’Himalaya, y ont planté de la vigne. Du cabernet, essentiellement. Les missionnaires ont été massacrés, se sont enfuis ou ont été expulsés – les derniers en 1952 – mais la vigne est restée et les populations de cette région du haut-Mékong ont continué de produire « un petit vin clairet ».

En 2009, Alexis de Guillebon, jeune Français volontaire d’une ONG, grimpe sur ces hauteurs pour y mettre en place des programmes de scolarisation d’enfants défavorisés. Il a fait plus : il a proposé aux paysans de changer leur « piquette » en vin.

 

 

Sur les Sentiers du ciel

Son association Sentiers du ciel a opéré le miracle. Ce n’est pas l’altitude qui fait aujourd’hui du xiaoling un vin haut de gamme, mais bien « le travail des vignerons tibétains, la qualité du sous-sol et les cépages : cabernet sauvignon, cabernet gernischt et merlot », souligne Balthazar de Dompsure, dernier venu dans l’association pour suivre le projet viticole.

Dans le village de Cizhong, les vignes dégringolent en terrasses dans un paysage d’une beauté époustouflante. « A notre demande, poursuit Balthazar, les vignerons n’utilisent pas de pesticides et vendangent quand on leur donne le feu vert. » La nature fait le reste, et le fait bien.
L’œnologue Sylvain Pitiot (1), nous le confirme : « Ce vin est très agréable à boire dès maintenant, avec un potentiel de garde de 5-7 ans ». Ce grand professionnel avait découvert le xiaoling en dégustation à l’aveugle. Aujourd’hui, totalement enthousiasmé par l’aventure, il apporte son conseil à Sentiers du ciel.

La vendange est faite à la main et le raisin, livré par les vignerons (et payé bien au-dessus du cours moyen), est mis en fermentation dans de splendides jarres en terre cuite de 240 litres, avant de passer 12 à 18 mois en barriques de chêne français, sur place. Le millésime (2014) a produit 3.000 bouteilles sur 1,5 ha. Dans la même région, Moët-Hennessy produit un vin à 300 € la bouteille (2). Le xiaoling a décroché la médaille d’or 2016 au plus grand salon des vins chinois, avec jury à la fois chinois et européen.

http://xiaoling-estate.com/

(1) Ancien patron d’un grand cru de Bourgogne (Clos de Tart). (2) « L’Express » live du 31 mai 2016.

Bruno Besson
 

31 Décembre 2016

« Le lama tibétain Tenzin Delek Rinpoche a-t-il été empoisonné ? » dans La Libre Belgique

Tenzin Delek  photo

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INTERNATIONALFinalement, Nyima Lhamo a décidé de quitter le Tibet, de laisser sa fille de six ans, sa mère, sa famille derrière elle, à Lithang. « Huit ou neuf jours » d’un voyage secret, périlleux, avant d’atteindre le Centre de réception des réfugiés tibétains de l’Onu à Katmandou, au Népal, puis Dharamsala en Inde le 24 juillet dernier. « J’ai pris plusieurs véhicules, j’ai marché, traversé l’Himalaya. Un passeur m’a emmenée jusqu’à la frontière (sino-népalaise) pour 65 000 yuans », près de 9 000 euros. « C’est la seule chose que je puisse vous dire. »

Des dizaines de milliers d’autres avant elle ont ainsi trouvé refuge en Inde (et au-delà), réalisé le rêve d’une vie : rencontrer leur leader spirituel, le Dalaï-Lama.

La première motivation de Nyima Lhamo se trouve ailleurs, dans la réhabilitation de la mémoire de son oncle, Tenzin Delek Rinpoche, mort dans une prison chinoise «  dans des circonstances mystérieuses ». « Les Tibétains continuent à souffrir sous le régime chinois et beaucoup termineront probablement de la même manière que mon oncle » , affirme-t-elle.

Soupçons d’empoisonnement

Tenzin Delek Rinpoche était un haut lama vénéré dans l’est du Tibet, « connu pour son œuvre philanthropique : il a bâti des écoles, des hôpitaux, des orphelinats, des maisons pour personnes âgées. Il m’a appris le vrai sens de ce que signifie être bouddhiste, quelqu’un qui aide les personnes dans le besoin et n’a pas de mauvaises intentions envers autrui », relate-t-elle. « Je ne digère pas le fait que les autorités chinoises aient arrêté une personne aussi bonne, qui a en quelque sorte aidé le gouvernement chinois à rendre meilleures les conditions de vie des Tibétains. Je ne digère pas le fait qu’il ait été arrêté alors qu’il n’avait commis aucun crime. »

Elle digère encore moins qu’il soit décédé, après treize années passées derrière les barreaux, le 12 juillet 2015 à Chengdu. Nyima Lhamo en est persuadée : non seulement il n’a commis aucun crime, mais en plus il a été, selon elle, poussé dans la tombe. « Quand ma mère et moi avons pu voir brièvement le corps, nous avons remarqué que ses lèvres étaient étrangement noires. Les moines qui ont nettoyé le corps ont vu que ses ongles l’étaient aussi. On nous a dit qu’il était décédé de mort naturelle mais on n’a reçu aucun certificat pour le corroborer. Les autorités ont refusé de préserver son corps pendant 15 jours, comme prévu par la loi, pour permettre à la famille de le voir. Ni son corps ni ses cendres ne nous ont été rendus », égrène-t-elle comme autant d’arguments étayant sa thèse. « Je veux qu’une enquête indépendante puisse être menée sur les circonstances de sa mort. »

Décrédibilisation

Depuis le décès de son oncle, « les autorités chinoises n’ont cessé de le décrédibiliser, ses photos sont bannies à Lithang, nous n’avons pas été autorisés à faire des offrandes, ni à construire un stupa (un monument caractéristique du bouddhisme, NdlR) en sa mémoire, ses possessions ont été confisquées, ses proches ont été arrêtés ou battus. J’ai été détenue pendant 18 jours ».

De tout cela, Nyima Lhamo voulait pouvoir témoigner, notamment à Bruxelles devant le Parlement européen qui avait adopté des résolutions appelant à la libération de son oncle. Sa famille et elle savaient que les conséquences seraient lourdes à porter. « Cela fait quatre mois que j’ai fui le Tibet et je n’ai pas pu avoir de conversation directe avec ma famille, ma fille, ma mère. J’ai appris par d’autres sources que des caméras avaient été installées pour observer leurs faits et gestes. Je ne sais pas comment elles vont. »

La situation au Tibet ne s’améliore pas

La démolition et l’évacuation de Larung Gar, un célèbre institut d’enseignement du bouddhisme tibétain, se poursuivent, selon les autorités tibétaines en exil en Inde. Les cahutes rouge sombre, serrées les unes contre les autres, sont démolies et les religieux évacués depuis le mois de juillet avec l’objectif d’en réduire le nombre de 10 000 à 5 000. Le Premier ministre tibétain en exil, Lobsang Sangay, a appelé de Haut commissariat aux droits de l’homme de l’Onu à intervenir en envoyant Zeid Ra’ad al Hussein sur place.

Au début de ce mois, un Tibétain s’est immolé par le feu à Maqu, dans la province du Gansu. L’homme a appelé au retour du Dalaï-Lama au Tibet alors qu’il mettait le feu à ses vêtements, a rapporté l’organisation Campagne internationale pour le Tibet. Selon le gouvernement en exil, il s’agit de la 145e immolation par le feu de Tibétains en Chine. Des vidéos disponibles sur Internet montrent l’homme marcher dans une rue, le corps entièrement enflammé, puis à terre en train de se consumer sous le regard de passants, avant d’être évacué par les forces de l’ordre. Tashi Rabten était âgé d’une trentaine d’années. Sa femme, deux de ses enfants et d’autres membres de sa famille ont été placés en détention par la police locale après avoir réclamé la restitution du corps.

S.VT. Publié le – Mis à jour le

NDLR : L’image qui accompagne cet article correspond très certainement à une manifestation de Tibétains en Inde .

 
 

31 Décembre 2016

OULAN BATOR / PEKIN : Le Dalaï Lama désormais interdit de séjour en Mongolie, qui courbe l’échine face aux foudres chinoises !

Mongolie

A l’instar de la Slovaquie, les autorités mongoliennes se sont attirées les foudres de Beijing pour avoir invité le Dalaï-lama à se rendre en Mongolie. En réaction, le gouvernement mongol a décidé d’interdire la venue du bouddhiste tibétain.

Le 21 décembre, Beijing a exhorté la Mongolie à « tenir parole de ne pas autoriser de nouveau le Dalaï-lama à visiter ce pays enclavé ».  « La Chine espère que la Mongolie tirera des leçons de la visite du dalaï-lama le mois passé et respectera les intérêts fondamentaux de la Chine », a déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse régulière.

Le lendemain, le ministre mongol des Affaires étrangères, Tsend Munkh-Orgil, s’est dit regretté « l’impact négatif de la visite du Dalaï-lama sur les relations entre la Mongolie et la Chine« . Ce dernier a annoncé que son gouvernement n’autoriserait plus les visites du chef spirituel tibétain en Mongolie, même au nom de la religion.

Suite à cette annonce, Hua Chunying a indiqué que ls autorités attachent « une importance aux propos clairs du ministre mongol des Affaires étrangères. La Chine exhorte la Mongolie à honorer son engagement et à faire des efforts pour améliorer les relations bilatérales ».

Le Dalaï-lama a effectué une visite en Mongolie du 18 au 23 novembre, rencontrant d’autres religieux bouddhistes et n’ayant pas été reçu par des dirigeants du pays.  Pour protester contre le gouvernement mongol, Beijing avait bloqué des camions mongols à la frontière entre les deux pays, perturbant les exportations de charbon, pilier de l’économie de son petit voisin.

Posted by | Déc 26, 2016 | , , | 0 |

 
 

31 Décembre 2016

PARIS / SENAT : Question écrite du Sénateur Michel Raison sur le monastère tibétain de Larung Gar, en cours de destruction par la Chine

Raison

 

 

Question écrite n° 24439 de M. Michel Raison (Haute-Saône – Les Républicains), publiée dans le JO Sénat du 22/12/2016 – page 5486

 

M. Michel Raison attire l’attention de M. le Ministre des Affaires étrangères et du développement international sur la destruction du monastère tibétain de Larung Gar par les autorités chinoises.

Considéré comme un foyer de dissidence par ces dernières, une ordonnance de démolition lancée le 20 juillet 2016 vise ainsi à réduire le nombre de résidents de Larung Gar de moitié, avant la fin de septembre 2017. Environ 3 000 moines et nonnes ont d’ores et déjà été expulsés et plus de 1 000 habitations monastiques on été détruites.

Ce centre d’étude – plus grande institution bouddhiste tibétaine au monde – subit pour la troisième fois depuis 2001 ces démolitions et expulsions.

De nombreuses pressions ont par ailleurs été exercées par les autorités chinoises pour forcer les expulsions : réquisition des résidences, signature de documents officiels acceptant l’abandon des habitations sous peine de représailles violentes, arrestation, torture, emprisonnement.

Aussi, il souhaite connaître les actions concrètes engagées par la France auprès de la communauté internationale pour mettre un terme à cette répression qui s’apparente à un « génocide culturel » selon les termes utilisés par le Dalaï Lama.

En attente de réponse du Ministère des affaires étrangères et du développement international

 
 

31 Décembre 2016

De nouvelles lignes de chemin de fer au Tibet

Le Gouvernement de la Région Autonome du Tibet a l’intention de construire plus de 20 routes – dont de nouvelles directions : de Lhassa à Nagchu; de Dege à Chamdo ; de Chamdo à Jaka ; de Lhassa à l’aéroport de Shigatsé et de l’aéroport de Gongkar à Tsethang – avec un coût total dépassant les 5 milliards de US$.

Périphérique autour de Lhassa City

Un périphérique de 73 kilomètres entourant Lhassa est en cours de construction. 4,9 milliards de Yuan ont été dépensés pour ce projet et les fondations sont terminées. Selon China Tibet News, le périphérique doit être achevé d’ici la fin de l’année. Leur site internet précise que le projet : « fait sens pour améliorer le réseau de trafic de la ville, mener l’exploitation et l’utilisation des terrains autour, et réserver des espaces pour un futur développement urbain. »

Il est est probable qu’il faille accueillir 25 millions de touristes.

La ligne Lhassa-Nyinchi (Nyingtri)

L’ Office des Chemins de fer de Lhassa a annoncé que les principaux travaux de construction pour la ligne Lhassa-Nyingchi ont été achevés. L’année prochaine, la pose des rails se fera sur ce segment.

La longueur totale de la voie Lhassa-Nyingchi sera de 430 Km. Elle a été conçue pour une vitesse de 160 km/h. Il y aura 9 stations : Gongkar, Chanang, Tsetang, Sangri, Gyaca (Drumpa), Nang County, Minling, Chaoyang et Nyingchi. Commencée en 2014, elle devrait être achevée en 2021.

Une partie pose des difficultés : c’ est le tunnel de la montagne Galai qui ouvrira en 2017. Avec une longueur totale de 4 373 mètres, le tunnel est « l’un des projets de contrôle de la ligne Lhassa-Nyingchi. Aujourd’hui, presque la moitié du projet a été creusée et la fin est prévue pour l’année prochaine. Adoptant une méthode de pose de voie sans ensablement, les passagers pourront se sentir plus stable et confortable pendant que le train roule » d’après le site web.

Quelques 700 ouvriers sont employés pour la ligne. Une partie du travail est sous-traitée à des sociétés pour le transport, la main d’oeuvre et la location de matériel.

Le site chinois explique : « Ce projet joue un rôle important dans la promotion de l’économie des zones Est et Ouest, perfectionnant le réseau régional, reliant Yangtze River Economic Zone et Sichuan-Chongqing Economic Circle, promeut l’ouverture de la Province du Sichuan et la Région Autonome du Tibet, accélère le développement de l’éco-tourisme de la zone Shangri-La (au Yunnan), augmente les investissements écologiques, promeut le développement économique, la construction de nouvelles villes, pour améliorer le niveau de vie des populations, et accélérer la lutte contre la pauvreté. »

Clairement, le but du Gouvernement chinois est de relier les différents « corridors », jusqu’à aujourd’hui, ils ont atteint le plus important, le China Pakistan Economic Corridor (CPEC). Pendant ce temps, les travaux avancent à grands pas dans la Région Autonome du Tibet, les provinces du Sichuan et du Yunnan.

S’agissant de la ligne Lhassa-Nyingchi, l’aspect Défense n’est pas mentionné mais c’est certainement l’une des raisons les plus importantes puisque le terminus sera proche de la frontière indienne de l’Arunachal Pradesh.

Le train vers le Népal

Aucune mention n’est faite de l’état de construction de la voie ferrée Shigatse-Kyirong, bien que le 5 décembre, l’agence de presse chinoise ait rapporté que le premier « block train » – train massif – Guangzhou-Tibet-Népal atteignait le terminal de fret de la station de Lhassa… allant vers le Népal.

Le site, VTIBET.com écrivait : « Il a été dit que c’est la première fois qu’un mode de transport intermodal voie/route soit utilisé dans la région autonome du Tibet. Ce mode de transport moderne a effectivement réduit les coûts de transport, puis amélioré et garanti une logistique durable à terme. L’ouverture de cette ligne de transport boostera les échanges de la Région Autonome du Tibet et de la province de Guangdong. Elle jouera également un rôle particulier dans la région économique, le développement social de la nation, ce qui montrera la bonne marche et le succès de la ligne »

Plus important encore, cela pourrait relier un jour la Chine continentale au Népal.

Le train massif part de Dalang dans la province de Guanzhou ; il utilise les voies de Chengdu-Chongqing, Qinhai-Tibet, Lhassa-Shigatse, Shigatse-Gyirong Highway, traverse le Népal pour finalement arriver à Kathmandou. Le voyage de 6 070 km comprend 4 200 km de voies ferrées et 870 km de route. La cargaison estimée à 19 millions de yuans  comprend vêtements, meubles, appareils électriques, produits électroniques, etc ; tout ce que l’Inde ne voulait pas comme déchets sur son territoire.

Cependant, l’observation de la carte ci-dessus semble indiquer que la Chine ne serait pas contre continuer la ligne vers le Sud du Népal et l’Inde. Mais pour y jdéverser quoi?

La frontière d’échanges Tibet-Inde

Durant l’année, les échanges entre le Tibet et l’Inde, via le passage Nathula au Sikkim, a dépassé tous les records précédents. Selon The Times of India, pendant la saison de mai àn ovembre, les exportations de biens indiens vers la Région Autonome du Tibet avoisinaient les 636 millions de roupies :  » les échanges bilatéraux ont vu une augmentation de 160 millions  de roupies cette année pour les exportations. Les importations ont baissées de 50 millions de roupies, contrairement à 2015, selon les données officielles. »

Le rapport précise qu’au début, les traders indiens étaient hésitant à commercer avec le Tibet à cause du manque de produits marchands :  » En 2012, après six saisons de petits échanges, la Direction du Commerce extérieur à révisé la liste des biens marchands et autorisé les traders des deux côtés de la frontière à importer et exporter des matières premières. Développement intéressant.

À ce propos, qu’en est-il du projet de construire une voie ferrée vers Chumbi ?

 
 

31 Décembre 2016

GYATSA ( TIBET) : Construction d’un deuxième grand barrage sur le Yarlung Tsangpo

barrage Arpi

La construction d’un deuxième grand barrage sur le Yarlung Tsangpo – qui devient l’siang et plus tard le Brahmapoutre en Inde – est bien en cours.
Le barrage se trouve à Gyatsa (Gyaca), à quelques kilomètres en aval du premier barrage de Zangmu.
En novembre 2014, la presse indienne a mentionné le lancement de la première unité de la centrale hydroélectrique de courir à Zangmu.
Xinhua a alors affirmé :  » la plus grande centrale hydroélectrique du Tibet est en partie opérationnelle, en exploitant les riches ressources en eau du fleuve Yarlung Zangbo (tsangpo) pour développer  l’électricité dans la région . »
En savoir plus sur :
hGyaca

 
 

31 Décembre 2016

Un jeune manifestant tibétain battu et mis en détention par la police chinoise

Un jeune Tibétain de 18 ans a été emmené en détention dans un lieu inconnu par la police locale chinoise après avoir manifesté en solo vendredi dernier dans la ville de Ngaba dans la province du Sichuan (province tibétaine de l’ Amdo).

Tenpa a démarré sa manifestation dans l’après-midi du 16 décembre sur la rue principale de la ville de Ngaba, connue localement comme « Route des Martyrs »*. Tenpa a déployé un drapeau national tibétain et un portrait du leader spirituel tibétain Sa Sainteté le Dalaï Lama en criant des slogans tels que « Retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Tibet » et « Liberté pour le Tibet ». Sa démonstration de force n’a pu duré que 5 minutes avant qu’il ne soit maîtrisé par une dizaine de policiers en civil. La police l’ a roué de coups et l’a emmené dans un endroit inconnu.

Tenpa était moine au monastère local de Kirti local mais plus tard, il est venu vivre dans sa ville natale nomade dans la ville de Meruma dans le comté de Ngaba. Fils de M. Lochoe et de Mme Gyalmo, il est connu pour sa nature altruiste et courageuse, toujours prêt à aider les autres et  jamais peur de donner son opinion sur la question du Tibet lors de rassemblements.

Ces dernières années, de nombreux Tibétains comme Tenpa ont de plus en plus recours à l’acte de manifestation en solo, en tant qu’ unique moyen d’exercer leur droit à la liberté d’expression et d’opinion. « L’auto-immolation et les manifestations en solo sont symptomatiques de l’absence de voies d’expression et de dissidence, de la répression de l’État et de la criminalisation des droits de l’homme au Tibet », à déclaré Tenzin Dawa, responsable au Centre tibétain pour les Droits de l’homme et la démocratie de Dharamsala..

En juillet de cette année, les autorités chinoises ont annoncé que ceux qui crieraient des slogans de protestation et porteraient le drapeau national tibétain ainsi que le portrait du Dalaï Lama seraient accusés d ‘«incitation au séparatisme»,  infraction qui pourrait entraîner cinq ans d’emprisonnement ou plus. Un livret de propagande distribué cette année dans le Comté de Ngaba mettait en garde en énumérant ces différents actes de séparatisme. Malgré la menace, les Tibétains continuent à se rendre dans la rue et à protester contre la répression du Gouvernement chinois.

 
 

31 Décembre 2016

Trump à la rencontre du Dalai Lama

Le sénateur républicain Jim Sensenbrenner

Le sénateur républicain Jim Sensenbrenner a écrit le 5 décembre au président élu Donald Trump, l’invitant à rencontrer le Dalaï-Lama, le chef spirituel exilé du Tibet, alors qu’il se familiarise avec les problèmes et les personnalités auxquelles il devra faire face lorsqu’il assumera ses fonctions .

Après les résultats des élections du 8 novembre, Trump et son vice-président Mike Pence ont parlé à plus de 50 dirigeants mondiaux, dont le président chinois Xi Jinping, le premier ministre indien Narendra Modi et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif.

Un appel téléphonique de félicitations du président taïwanais a suscité des critiques de la part de la Chine.

En dépit des protestations et des critiques de la Chine, les présidents des États-Unis depuis la retraite de George Bush en 1991 ont rencontré le Dalaï Lama à la Maison Blanche en tant que chef religieux et spirituel du peuple tibétain.

Le Dalaï Lama a dit qu’il n’avait aucun problème de voir Trump à la Maison Blanche et de le rencontrer.

En publiant sa lettre à Trump le 6 décembre, Sensenbrenner a déclaré: «Les Tibétains ont le droit de préserver leur culture, leur patrimoine, leur langue et leur religion. Au cours des années, le peuple tibétain a connu une lutte constante pour se libérer du gouvernement chinois et pour préserver ces libertés fondamentales.  »

Il a ajouté: « La République populaire de Chine continue de refuser de reconnaître l’autonomie du peuple tibétain et a réprimé leurs manifestations ».

Avant de poursuivre: «Tout au long du dernier demi-siècle, l’Amérique a eu une relation forte et stable avec le peuple et le gouvernement du Tibet. J’espère que vous allez continuer cette relation forte avec le Tibet, ainsi que de promouvoir la paix entre le Tibet et la République populaire de Chine.  »

Depuis son exil du Tibet il y a 57 ans, le Dalaï Lama a été un défenseur fort et persistant pour une résolution pacifique à la tension entre le Tibet et la Chine.

 
 

31 Décembre 2016

Un autre aéroport sur le plateau

La préfecture du Tibet autonome de Karze (ou Garzi ou Kardze) est située à l’ouest du Sichuan, dans la province historique du Kham.

À ce jour, la préfecture soi-disant autonome couvre une superficie de 151 078 km2 avec une population d’environ 880 000 personnes (selon les chiffes de recensement chinois). Les Tibétains représenteraient 78% de la population totale. La capitale de la préfecture est Kangding (traditionnellement appelée Dartsedo ou Tachienlu).

À l’automne 1950, l’Armée Populaire de Libération a pris le contrôle de la région. C’est l’une des bases que Mao choisit lors de la bataille de Chamdo (octobre 1950).

Cette région a toujours été l’une des plus combatives de ce plateau, peuplé par les tribus Khampa ; à Karze, subsistent d’importants monastères, tels que Dzogchen, Dzongsar, Palpung, Sershul et plus récemment l’Institut Bouddhiste de Larung Gar, dont il a été question il y a peu dans les medias.

Selon Pékin, le meilleur moyen de pacifier la zone est sans doute d’y faire venir des millions de touristes. Les Khampas « rebelles » serviront alors de guides touristiques.

La solution à court terme est de rendre Karze accessible par les airs.

L’aéroport de Karze (Garzi) Gesar

Le nouvel aéroport de Karze (Garzi) Gesar est situé à la limite entre la commune de Laima dans le comté de Karze et celle de Cuo’a dans le comté de Derge.

L’aéroport est construit à 4028 mètres au dessus du niveau de la mer, à 52 km de la ville la plus proche du comté de Karze et à 150 km de la capitale du comté de Derge.

Le nouvel aéroport a reçu l’agrément de la Commission Nationale du Développement et des Réformes en octobre 2015. Son coût est estimé à 2,26 milliards de yuans (soit 414, 7 millions de dollars).

Sa piste, d’une longueur de 4000 mètres et d’une largeur de 45 mètres, a été prévue pour faire transiter 220 000 passagers et 660 tonnes de fret par an. Elle pourra accueillir des Boeing 737 et des Airbus A319.

Un terminal de 3600 mètres carrés recevra les passagers.

Ce sera le 3ème aéroport de la Préfecture de Karze, juste derrière les aéroports de Kangding et de Daocheng Yading.

Les travaux de construction ont débuté le 15 avril 2016.

Les premiers essais étaient prévus pour 2017, mais le 15 novembre dernier, Kangba TV a annoncé que, selon des sources proches de l’entrepreneur, le Kanding Airport Group Co Ltd a déclaré que la zone d’essais de l’Aéroport de Karze Gesar avait été achevée fin octobre (sans doute en avance sur les prévisions).

L’affaire du J-20

Curieusement, le 5 septembre, une photo représentant l’avion furtif J-20 chinois sur l’aéroport de Daocheng Yading est apparue sur le net. China Military Online a déclaré que « ceci a agi sur les nerfs sensibles des medias indiens, qui ont affirmé que le « déploiement du J-20 au Tibet est une riposte au projet indien de déployer le missile de croisière supersonique BrahMo le long de la frontière sino-indienne. »

Le même site internet expliquait que selon les « experts chinois », « le moment où la photo a été prise est incertain, et même si le J-20 est opérationnel, il est peu probable qu’il soit déployé en premier lieu le long de la frontière sino-indienne. De plus, même si c’est le J-20 qui apparaît sur l’aéroport de Daocheng  Yading, il pourrait s’agir d’un test de performance en haute altitude. »

Les Chinois devraient tout de même savoir s’il s’agit du J-20 ou bien d’un leurre.

Le 2 septembre NDTV rapportait : « L’image de l’avion furtif a paru sur Twitter et sur deux sites en lien avec la défense, longtemps après que la Chine ait dissuadé l’Inde de déployer les missiles supersoniques BrahMo le long de l’Himalaya. »

Les médias indiens avaient ajouté : « Le J-20 est un avion de combat à double réacteur avec des éléments furtifs qui lui permettent d’être parfois indétectable par les radars, ce qui, lors de combats aériens, lui confère un avantage certain sur les avions de combat conventionnels qui, eux sont détectables par les radars. Il est envisagé que le supersonique J-20 soit mis en production à une petite échelle en janvier. »

China Military Online a déclaré : « Les media indiens sont très préoccupés par l’apparition du J-20 au Tibet. »

La photo du J-20 montrait l’avion recouvert de bâches. L’aéroport de Daocheng Yading est situe à une altitude de 4267 mètres, bien plus haut que le nouvel aéroport de Karze ; l’aéroport de Daocheng Yading est en réalité l’aéroport civil le plus haut du monde.

Et bien sûr, il ‘existe pas d’aéroports « civils » en Chine.

Quelle que soit la réalité de la présence du J-20 sur l’aéroport de Daocheng Yading, le nouvel aéroport de Katze Gesar sera d’un accès beaucoup plus aisé, puisque situé « seulement » à 4028 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le nouvel aéroport sera, bien sûr, utilisé à des fins « civiles », mais aussi pour gérer les désordres internes …. et en cas de conflit avec l’Inde (Aruchanal n’est pas loin).

 
 

31 Décembre 2016

Le Dalai-Lama en Mongolie, le Tournoi des Ombres

 
 

31 Décembre 2016

LARUNG GAR : Les autorités chinoises restreignent l’accès d’étudiants bouddhistes à l’Université tibétaine de Larung Gar

Des moines et des nonnes attendant d’être déportés de Larung Gar. Photo non datée.

Dans le sud-ouest du Sichuan, les autorités chinoises ont mis en place des restrictions strictes pour ceux qui désirent étudier à l’Université de Larung Gar. Ces restrictions ont été mises en place suite à la destruction massive des logements proches de l’Université, ce qui a conduit de nombreux étudiants à quitter les lieux.

L’Université de Larung accueillait plusieurs milliers de Tibétains ainsi que des Chinois Han. Fondée en 1980 par feu Khenpo Jigmé Phuntsok, un moine enseignant religieux, Larung Gar est aujourd’hui un des plus importants centres d’études et d’enseignement du Bouddhisme tibétain.

Aujourd’hui, environ 9 000 personnes ont été expulsées des demeures de mauvaise facture qui s’alignaient sur les flancs des collines qui entourent le monastère dans le Comté de Serthar.

Selon un moine de Serthar qui se prénomme Tenzin, ces évictions durent depuis plusieurs mois déjà et auraient conduit à l’expulsion de près de 9 000 personnes. « Ces Tibétains étaient venus pour étudier le Bouddhisme, mais les autorités chinoises ont déclaré qu’elles ne permettraient pas cela et leur ont refusé l’accès au Monastère » nous rapporte Tenzin.
Au cours d’un entretien téléphonique avec un officiel des autorités chinoises du Comté de Dapba (Daocheng en chinois), membre du bureau des Affaires religieuses de la Région Autonome du Tibet celui-ci  a admis que quiconque désirait étudier le Bouddhisme tibétain allait être soumis à une enquête politique.

Interdiction d’accéder au site pour les touristes et visiteurs.

L’accès au site est même contrôlé pour les étudiants potentiels à Larung Gar par les autorités du Comté.
« Il faudra demander la permission d’accéder au site aux autorités du Comté de Serthar ou au Comité de contrôle des affaires religieuses » nous a informé l’officiel contacté par téléphone. « Mais la police fera une enquête politique à votre sujet, et si elle ne révèle rien de suspect, alors un permis vous sera accordé » continue l’officiel. « Par le passé, n’importe qui pouvait aller étudier là-bas, mais aujourd’hui l’Université a pris de l’importance et les autorités en prennent le contrôle graduellement ».

« Aujourd’hui, seuls ceux ayant reçu l’autorisation du Comité local et de l’antenne locale du Parti peuvent aller y étudier » nous confirme l’officiel. Il ajoute que ceux qui n’étaient ni moines, ni nonnes, n’auraient aucune chance d’avoir l’autorisation d’accéder au site. « L’objectif à terme est d’évacuer la totalité de la population du site, y compris les moines et les nonnes ». « Vous pouvez toujours aller voir la police mais ils ne donnent des permis qu’aux moines et nonnes de l’Université. »

Il ajoute que les touristes et visiteurs sont actuellement interdits d’accès à l’Université de Larung Gar.

« Pourquoi donc iraient-ils là bas ? Vous n’aurez pas d’autorisation si vous y allez pour le tourisme ou juste une visite pour explorer le site ». « Ce n’est même pas garanti que vous obteniez une autorisation si vous y allez pour étudier les textes bouddhistes ».

Un autre officiel contacté par téléphone nous a confirmé la position du Gouvernement. « Vous désirez étudier à Serthar ? Il n’y a plus de cours à Serthar de nos jours ».

En parallèle, de nombreux moines et nonnes expulsés de Larung Gar ont été soumis à une rééducation patriotique suite à leur expulsion.
Des vidéos de ces prétendues classes sont entrées en possession de RFA (Radio Free Asia) et nous pouvions y voir des nonnes bouddhistes chanter des hymnes à la gloire du Parti Communiste Chinois et danser des danses traditionnelles tibétaines.

L’auteur tibétain Li Xianke résidant à l’étranger nous informe qu’il est aujourd’hui difficile d’obtenir des informations concrètes sur la situation à Larung Gar ou d’autres centres d’enseignements tibétains.

Situation hors de contrôle

« Les moyens de communications sont coupés, nous ne savons donc pas ce qui s’y trame » nous renseigne Li. « J’ai également entendu dire que si la Communauté internationale se faisait écho de ce qui se passe à Larung Gar, les autorités chinoises s’en serviraient comme prétexte pour durcir le traitement infligé aux étudiants expulsés de Larung Gar ». « La situation est hors de contrôle ».

Li Xianke nous a parlé de suicides non confirmés en protestation des évictions à Larung Gar. Beaucoup d’entre eux étudiaient pour un diplôme traditionnel Khenpo en Bouddhisme Tibétain qui requiert 13 ans d’études.

Entre 4 000 et 5 000 personnes étaient logées dans le monastère et que plus de 10 000 personnes résidaient dans les demeures de fortune adossées aux flancs des collines surplombant l’Université.

« Les officiels tibétains locaux doivent avoir un certain ressenti par rapport à ces agissements mais ils doivent composer avec le Parti Communiste » ajoute Li. « Mais ils ne peuvent protester d’aucune manière, au premier signe de dissension, ils perdraient leur poste pour ne pas suivre les directives du parti. »

Article de Wong Siu San et de Goh Fung pour l’antenne cantonaise de Radio Free Asia. Traduction anglaise Luisetta Mudie.

 
 

31 Décembre 2016

NEW DELHI : Trente ans après, nouvelle rencontre avec un Président indien en exercice pour le Dalai Lama.

DHARAMSALA, le 12 décembre : Sa Sainteté le Dalai Lama a rencontré samedi 10 décembre 2016, le Président Indien Pranab Mukherjee au Rashtrapati Bahvan, la résidence officielle des Chefs de l’ Etat indien, à l’occasion du quatre-vingt unième anniversaire du Président de la République indienne. Le leader tibétain a offert une statue de Bouddha et participé au « Sommet des dirigeants et des lauréats en faveur des enfants » organisé au sein du palais présidentiel par la Fondation Kailash Satyarthi.

Plusieurs Prix Nobel figuraient sur la liste des participants dont Jose Ramos Horta, le Président du Timor Oriental et Kailash Satyarthi. L’ancien Premier Ministre australien Julia Gillard comptait également, parmi d’autres, au nombre des invités à cet évènement.

Sa Sainteté le Dalai Lama a redit ses espérances relatives à l’avènement d’un monde de compassion qui serait rendu possible par une éducation fondée sur des valeurs morales plus que sur des valeurs matérialistes. Le leader tibétain a notamment déclaré à cette occasion que « les scientifiques ont établi que des sentiments constants de colère, de haine et de peur détruisaient notre système immunitaire. Par conséquent si nous voulons rester en bonne santé, nous devons cultiver la paix de l’esprit. L’éducation est un facteur pouvant y contribuer mais le système éducatif que nous connaissons ne tend que vers des conceptions matérialistes. Ceux qui l’ont éprouvé n’en ont retiré qu’une manière de penser et une culture matérialiste ne laissant que peu de place à l’épanouissement intérieur. La source de nos difficultés réside en nous-mêmes, il s’agit de nos émotions perturbatrices. Nous devons apprendre à leur faire face ».

« Le Président indien ainsi que Kailash Satyarthi et moi-même appartenons au 20ème siècle, une époque révolue. Vous tous qui avez 15, 20 ou 30 ans, vous appartenez au 21ème siècle et vous êtes notre espoir. Si vous vous en donnez la peine, le 21ème siècle pourrait être plus heureux et plus pacifique » a-t-il ajouté.

Cet évènement marque la première rencontre entre un Président indien en exercice et Sa Sainteté le Dalai Lama depuis trente ans. Il avait rencontré le Docteur Rajendra Prasad, le premier Président de la République indienne en 1956, tandis que le dernier Président en exercice à avoir rencontré le leader tibétain était Ramaswamy Venkatatraman en 1987.

 
 

18 Décembre 2016

La Chine s’oppose fermement aux contacts entre l’Inde et le dalaï-lama

DLINDE

La Chine a exprimé vendredi son vif mécontentement et sa ferme opposition concernant les contacts entre l’Inde et le dalaï-lama.

« La partie indienne a tenu à avoir ces contacts malgré les représentations solennelles et la ferme opposition de la partie chinoise. La Chine est vivement mécontente de ces contacts et s’y oppose fermement », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Geng Shuang lors d’un point de presse.

Ses remarques interviennent après que le dalaï-lama a participé cette semaine à une réunion à New Delhi, en Inde, avec le président indien Pranab Mukherjee.

M. Geng a réitéré que le dalaï-lama était un exilé politique tentant de séparer le Tibet du territoire chinois sous couvert de religion. La Chine s’oppose fermement à tout contact entre le dalaï-lama et les autorités d’autres pays.

Le porte-parole a demandé à la partie indienne de reconnaître la nature séparatiste de la clique du dalaï-lama, de respecter les intérêts clés de la Chine et de prendre des mesures efficaces pour neutraliser l’impact négatif de la visite du dalaï-lama, afin d’éviter une perturbation des relations sino-indiennes.

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Image : Sa Sainteté le Dalaï Lama avec Pranab Mukherjee, Président de la République de l’Inde, à
 Rashtrapati Bhavan.
 
 

18 Décembre 2016

PARIS : Nyima Lhamo, Tibétaine de Lithang, vient témoigner de la mort en prison de son oncle, le grand Maître Tulku Tenzin Delek Rinpoché.

Nyima lhamo french senate

 

 

Des rencontres ont été organisées successivement  au Sénat par le groupe d’Etudes sur le Tibet; avec Messieurs les Sénateurs Michel Raison et André Gattolin,  puis au Bureau du Tibet, en présence des représentants de plusieurs associations engagées dans la défense de la cause du Tibet.

Témoignage de Mme Nyima Lhamo*

Niece Tulku

Je m’appelle Nyima Lhamo. Je suis née à Lithang dans la région de Kham en Tibet et j’ai 26 ans. Je suis devant vous aujourd’hui car je la nièce de mon oncle défunt, Tulku Tenzin Delek Rinpoché, moine et un des leaders bouddhistes. Je suis infiniment honorée de me trouver parmi vous. De tout mon coeur, je vous remercie d’avoir bien voulu me donner cette occasion de parler de mon oncle.

Mon oncle défunt, Tulku Tenzin Delek Rinpoché, a été accuse à tort et il a été détenu illégalement. C’est durant cette détention injuste qu’il a trouvé la mort, le 12 juillet 2015. Ce fut à la prison Chuandong, dans la région de Dazhu en Chengdu.

Depuis que je me suis enfuie du Tibet et réfugiée en Inde, j’ai puparticiper à des conférences de presse et des interviews. A chaque occasion, j’ai invariablement développé ces propos en deux points avec aussi un espoir à l’égard de mon oncle défunt, Tulku Tenzin Delek Rinpoché. Aujourd’hui, j’aimerais bien partager avec vous ces deux points aussi bien que mon espoir. De plus, je tiens à profiter de l’occasion pour vous remercier et remercier tout ceux  qui ont travaillé dur pour la cause de mon oncle.

Les deux propos portent sur les faits qui se produits  avant et après la mort de mon oncle.

Tout d’abord, je voudrais bien partager la situation telle qu’elle fut avant la mort de mon oncle. En réalité, mon oncle, Tulku Tenzin Delek Rinpoché n’a jamais rien entrepris contre la nation. Cependant, il a été accusé par les autorités chinoises d’une explosion d’une bombe. En conséquence, il a été mis en prison et ensuite condamné à une peine de mort. Les autorités ont ignoré tous les appels lancés par Rinpoché aussi bien que cceux  de ses partisans en vue de sa libération.

Le 2 juillet 2015, dix jours avant la mort de notre oncle, ma famille a été informée que nous avions la permission d’aller le voir. Sans hésiter, ma mère et ma tante sont parties tout en hâte pour Chengdu. Cependant, à leur arrivée, les autorités de la prison ont continué à retarder leur rencontre et cela a duré pendant dix jours. Vers 22 h 00 le 12 juillet, les autorités sont venues déclarer la mort du Rinpoché. J’ai également reçu un message de ma mère qui annonçait la mort de mon oncle. C’est avec beaucoup de difficultés que j’ ai pu partir pour Chengdu. Dès mon arrivée, ma mère, ma tante, quelques partisans et moi avons protesté contre les autorités. Nous avons protesté contre l’interdiction de voir et de réclamer le corps du Rinpoché. Nous avons hurlé « Vous avez tué  Rinpoché. Si vous ne l’avez pas tué, montrez-nous le certificat médical. ». Ma mère s’est cognée la tête contre le mur. Elle a pleuré et elle a crié pour obtenir une justification de la mort de Rinpoché. Nous avons protesté devant les officiels et nous leur avons dit : « Si nous appartenons à une seule Nation comme vous le prétendez, pourquoi sommes-nous traités différemment ? Pourquoi avez-vous deux politiques pour une soi-disant Nation  unie ? ».

Profondément outragée, j’ai voulu me suicider en serrant mon écharpe autour de mon cou. Les officiels ont eu peur de cette protestation et nous ont permis d’entrer dans le  bureau de la prison. D’abord, ils nous ont demandé de leur faire connaître nos vrais désirs. Nous avons donc écrit nosdemandes : Premièrement, nous avons demandé de préserver le corps de Rinpoché durant  15 jours, ceci conformément à la législation chinoise. Deuxièmement, si Rinpoché est mort de causes naturelles commeassuré par les autorités, nous voulions obtenir le certificat médical. Troisièmement, nous voulons être sûrs que personne ne commande de brûler le corps de Rinpoché afin  qu’il puisse être transporté chez nous.

En fin de compte, nous avons promis que nous ne ferions ni appel, ni pétition, contre les autorités si le corps de Rinpoché était rendu à ma famille. Cependant, aucun de nos propos n’a été entendu: les autorités nous ont informé qu’ils brûleraient le corps de Rinpoché à 7 h 00 ,le jour suivant.

Au moins, ils nous ont permis de voir le corps de Rinpoché brièvement. Après avoir vu le corps de Rinpoché, j’ai six raisons de croire que mon oncle est mort empoisonné. Tout d’abord, les autorités de la prison n’ont pas permis ma mère de rencontrer Rinpoché durant 10 jours. Ensuite, ils n’ont donné aucun document médical ou certificat concernant la mort qui pouvait corroborer l’affirmation que sa mort est survenue d’une cause naturelle. De plus, les officiels ont ignoré notre demande de préserver le corps de Rinpoché, durant 15 jours, conformément à la législation chinoise. Quatrièmement, l’heure de sa mort, citée par les autorités chinoises, changeait continuellement : tantôt à 14 h 00, tantôt à 16 h 00. Cinquièmement, à l’encontre de la législation chinoise, ni le corps de Rinpoché, ni ses cendres n’ ont été remises à ma famille.

Finalement, quand nous avons eu,  brièvement, l’occasion de voir le corps de Rinpoché, j’ai constaté que ses lèvres étaient noires. Les moines qui ont lavé le corps de Rinpoché ont rapporté que ses doigts et les ongles de ses pieds étaient également noirs.

Mon deuxième point se concentre sur les faits qui se sont produits  après la mort de Rinpoché et sur la situation qui demeure Lithang maintenant. Après la mort de Rinpoché, les autorités chinoises continuent à le déshonorer de différentes manières.

. Premièrement, les autorités chinoises ont distribué des fiches et diffusé des informations fausses et déformées à la télévision. Par exemple, ils ont écrit et dit que Tulku Tenzin Delek Rinpoché était un faux moine , un criminel et qu’il portait atteinte à la stabilité sociale.

Deuxièmement, ma famille et les Tibétains locaux ont  l’ interdiction d’offrir les lampes à beurre et d’organiser des prières publiques en mémoire de Rinpoché, selon la  tradition tibétaine.

Troisièmement, les autorités locales ont interdit la construction d’un stupa commémoratif pour  Rinpoché.

Quatrièmement, j’ai entendu dire aussi que les autorités à Nyagchuka (Chinois : Yajiang) essaient de manipuler la réincarnation de Tenzin Delek Rinpoché comme ils l’ont fait pour le 11ème Panchen Lama. Cinquièmement, les photos du Rinpoché sont interdites à Lithang. Finalement, les affaires personnelles de Rinpoché, y compris son argent,ont été confisquées et il nous a été dit qu’elles sont aussi brûlées.

Voici donc sont les deux points du propos que j’ai voulu partager avec vous, aujourd’hui.

Je me sens très heureuse et reconnaissante d’être ici devant vous aujourd’hui. Une occasion comme celle-ci,  c’est ç dire parler librement, est une aspiration de longue date pour chaque Tibétain qui vit au Tibet. Au Tibet, il y a beaucoup de prisonniers politiques qui souffrent et subissent le même destin que mon oncle, Tenzin Delek Rinpoché. J’espère sincèrement que leurs voix seront entendues et que la justice seront faite pour eux. Je crois que c’est impératif que le monde apprenne les injustices infligées aux Tibétains au Tibet.

Je me suis enfuie du Tibet. J’ai dû quitter ma famille et j’ai dû laisser ma fille de six ans derrière moi. Je sais très bien que ma présence devant vous pourrait mettre ma famille au Tibet en danger. Malgré ce fait, je prends tous les risques et je vous raconte mon histoire avec l’espoir sincère que la Communauté internationale va exercer une  pression sur le Gouvernement chinois. Et enfin, qu’ il sera possible d’ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort de mon oncle, Tenzin Delek Rinpoché. En fait, la raison la plus importante de mes actes d’aujourd’hui trouve sa place dans le propre désir de mon oncle : le Rinpoché a clairement dit à ma mère et ma tante lors de leur dernière rencontre qu’il désirerait qu’elles fassent appel pour sa cause chaque fois que c’est possible. Il leur a dit aussi de ne pas être gênée,s si elles doivent mendier pour une aide financière.

Enfin, un dernier élément, très important, au nom de la famille de Rinpoché et de ses partisans, je saisis cette occasion de remercier tous ceux qui ont  travaillé jour et nuit pour que le reste du monde sache l’histoire de mon oncle et je prie de tout mon coeur pour que vous puissiez continuer à l’avenir.

Merci.

Pou plus d’informations sur la vie et l’oeuvre de Tulku Tenzin Delek Rinpoche, consultez :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tenzin_Delek_Rinpoch%C3%A9

 
 

18 Décembre 2016

L’Inde vient en aide à la Mongolie, suite aux représailles de la Chine, après la visite du Dalaï Lama

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NEW DELHI : Suite à la venue du chef spirituel Tibétain exilé, le Dalaï Lama, en Mongolie, la Chine a mis en place, le mois dernier, un blocus commercial vers le pays d’Asie du Nord-Est. Face à ces représailles, l’Inde aidera la Mongolie.

La Mongolie a été en pourparlers avec la Chine pour obtenir 4,2 milliards de dollars, afin de l’aider à sortir d’une récession économique profonde. A la suite de la visite du Dalaï Lama dans un des monastères d’Oulan Bator, Pékin a suspendu ces pourparlers pour une durée indéfinie et a imposé une taxe plus élevée sur les biens destinés à la Mongolie. Face aux pressions chinoises, la Mongolie a demandé à New Delhi d’aborder la question avec la Chine.

« En tant qu’ami proche de la Mongolie, qui considère l’Inde comme son « troisième voisin » et son « voisin spirituel », nous sommes prêts à travailler avec le peuple mongol en cette période de difficultés », a déclaré le Ministre des Affaires extérieures (MEA) Vikas Swarup, jeudi. Nichée entre deux voisins géants – la Chine et la Russie – la Mongolie a développé des relations étroites avec ce « troisième voisin ».

Lors de la visite du Premier ministre, Narendra Modi (une première par un Premier ministre indien) en mai 2015, il avait annoncé une ligne de crédit d’un milliard de dollars pour la Mongolie. Cette aide lui permettra d’obtenir des investissements et des ressources financières auprès de ses autres partenaires. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le Gouvernement mongol pour mettre en œuvre la ligne de crédit d’une manière qui est jugée bénéfique pour le peuple par ses dirigeants. Nous sommes conscients de la situation budgétaire difficile à laquelle la Mongolie est confrontée en raison de divers facteurs, y compris le coût élevé du service de la dette contractée par eux dans le passé », a ajouté M. Swarup.

La visite du Premier ministre Modi en Mongolie a donné à son voisin chinois un message significatif, selon lequel, ses incursions en Asie du Sud ne resteraient pas sans réponse. La Mongolie et l’Inde ont de forts liens bouddhistes.

En fait, l’Inde est créditée de la relance du bouddhisme dans le pays car Kushak Bakula, un grand Maître bouddhiste, avait été envoyé comme ambassadeur dans le pays dans les années 1990. Les Mongols suivent l’école du bouddhisme Mahayana, tout comme la population du Ladakh.

Bakula a développé l’ étude des écritures bouddhistes en Mongolie, mis en place une école pour le bouddhisme dans le pays et envoyé les moines nouvellement formés de Mongolie en Inde pour approfondir leur connaissance du bouddhisme.

Maintenant, l’Inde cherche activement à récupérer son héritage bouddhiste en Chine et le Dalaï-lama en constitue un élément important. Récemment, le Gouvernement indien a annoncé la visite du Dalaï-lama à Tawang dans l’Arunachal Pradesh, une action qui va certainement provoquer une vive réaction de la part de la Chine.

Texte daté du 8 décembre 2016

 
 

18 Décembre 2016

BRUXELLES : Le Parlement européen condamne la démolition de l’académie bouddhiste tibétaine de Larung Gar et l’emprisonnement du professeur d’économie ouïghour Ilham Tohti par les autorités chinoises

Le Parlement européen condamne la démolition de l’académie bouddhiste tibétaine de Larung Gar, l’emprisonnement du professeur d’économie ouïghour Ilham Tohti par les autorités chinoises et la persécution de la minorité Rohingya au Myanmar, tout en demandant la protection des charniers en Irak, dans trois résolutions adoptées jeudi.

Arrêter la démolition de l’académie de Larung Gar, libérer le professeur Ilham Tohti

Les autorités chinoises devraient suspendre la démolition de l’institut de Larung Gar, plus grand centre bouddhiste tibétain du monde, arrêter l’expulsion de ses habitants et respecter la liberté d’expression, la culture et la croyance religieuse des Tibétains, affirment les députés. La démolition des maisons monastiques a débuté le 20 juillet 2016 et on estime que jusqu’à 1000 moines et religieuses ont été expulsés à ce jour, au moins trois religieuses s’étant suicidées en signe de protestation.

Le Parlement attire l’attention sur le « régime de plus en plus répressif » auquel sont confrontées les minorités, en particulier les Tibétains et les Ouïghours, et se dit profondément préoccupé par la détérioration de la situation des droits de l’homme au Tibet. Les députés demandent au gouvernement chinois de reprendre des pourparlers constructifs avec les représentants tibétains, gelés par la Chine en 2010, afin de parvenir à une solution pacifique.

De plus, les députés demandent la libération immédiate et inconditionnelle d’Ilham Tohti, professeur d’économie condamné pour des délits liés au séparatisme et un des quatre candidats au Prix Sakharov 2016. Ils déplorent fermement sa condamnation à perpétuité, qui a été prononcée sans respect de la légalité, et prient instamment les autorités chinoises d’autoriser des visites mensuelles de membres de sa famille et de lui permettre à nouveau d’enseigner.

Mettre fin à la persécution des Rohingya au Myanmar

Les députés se disent extrêmement préoccupés par le signalement d’affrontements violents avec les Rohingya dans le nord de l’État de Rakhine au Myanmar et déplorent la perte de vies humaines, de moyens de subsistance et de logement ainsi que « l’usage excessif de la force » par les forces armées du Myanmar. Ils exhortent les forces militaires et de sécurité à cesser immédiatement les meurtres, le harcèlement et les viols de Rohingya ainsi que l’incendie de leurs maisons, tout en soulignant le devoir des autorités du Myanmar d’enquêter sur les attaques.

De plus, les députés reconnaissent les efforts déployés par le Bangladesh pour accueillir plusieurs centaines de milliers de réfugiés rohingyas et exhortent le pays à ne pas « repousser » les réfugiés jusqu’à ce qu’une « solution satisfaisante et digne de leur situation ait été trouvée ». Les Rohingya sont une minorité musulmane ethno-religieuse qui compte plus d’un million de personnes vivant au Myanmar depuis des générations, mais elle reste l’une des minorités les plus persécutées au monde.

Charniers en Irak

Les députés prennent acte avec indignation de la découverte de nouveaux charniers en Irak et en Syrie. Ils condamnent « sans réserve » les atrocités et les crimes contre l’humanité commis par le groupe État islamique et expriment leurs condoléances à tous ceux qui ont souffert en Irak.

Les autorités irakiennes devraient « prendre des mesures de toute urgence » pour protéger les tombes dans la zone autour du mont Sinjar, reprise au groupe État islamique, où des milliers de victimes seraient enterrées. Elles devraient également préserver les preuves des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité pour veiller à ce que les criminels puissent répondre de leurs actes. La protection de ces sépultures est essentielle pour rendre justice aux victimes yézidies des massacres perpétrés par le groupe État islamique qui constituent un génocide, soulignent les députés.

Le Parlement réaffirme son « soutien plein et entier envers l’armée irakienne, les armées de la coalition mondiale contre le groupe État islamique, les forces peshmerga du gouvernement régional kurde et leurs alliés dans les efforts pour libérer Mossoul et d’autres régions du pays de la présence du groupe État islamique ».

 
 

18 Décembre 2016

Liberté au Tibet et démocratie en Chine : l’appel d’un Tibétain qui a choisi de s’immoler

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Tashi Rabten a laissé une lettre expliquant son choix de s’immoler en protestation à l’occupation du Tibet par la Chine. Copie de la lettre : Tibet Post International (TPI)

Dharamshala – Tashi Rabten, un Tibétain, père de trois enfants, s’est immolé par le feu jeudi dernier dans le comté de Machu au nord-est du Tibet. Il est mort le même jour, laissant une lettre pour expliquer son geste.

« Aujourd’hui, je vais quitter ce monde. Mais je sais que je me rapproche de ce en quoi nous, Tibétains, croyons. Nous sommes condamnés à cette démarche pour reconquérir une patrie à l’agonie, que nous avons perdue depuis longtemps. Nous sommes condamnés à recourir à l’immolation pour redire nos croyances et rappeler l’isolement de notre territoire, » nous dit Tashi Rabten.

La lettre, datée du 8 décembre 2016, et reçue au Tibet Post International (TPI) le lendemain de son immolation, a été traduite du chinois en anglais par Phurbu Dolma, rédacteur au TPI. En voici l’intégralité :

« Je suis Tibétain, et donc, je ne suis pas Chinois. En tant que Tibétain détenteur d’un passeport chinois, je suis prêt à lutter pour défendre les droits de l’homme et la démocratie pour 1,3 milliard d’individus. Cependant, en tant que véritable Tibétain, je dois lutter plus encore pour notre terre et notre liberté !

Aujourd’hui, je vais quitter ce monde. Mais je sais que je me rapproche de ce en quoi nous, les Tibétains, croyons. Nous sommes condamnés à cette démarche pour reconquérir une patrie à l’agonie, que nous avons perdue depuis longtemps. Nous sommes condamnés à recourir à l’immolation pour redire nos croyances et rappeler l’isolement de notre territoire.

Nous voulons suivre Sa Sainteté [le Dalaï Lama]. Nous n’empruntons que des chemins pacifiques pour résoudre notre différend avec le gouvernement chinois. Nous, les Tibétains, ne voulons pas que se reproduise le massacre ni l’invasion inhumaine par l’Armée de Libération Populaire en 1958. Nous ne voulons pas être taxés d' »émeutiers » (passages à tabac, destructions et vols) comme en 2008.

Mis à part les Chinois de Chine, pratiquement personne au monde, ne croit les Tibétains capables d' »émeutes ». Parce que  les Chinois de Chine subissent un lavage de cerveau. Depuis l’installation de la République Populaire de Chine, ils sont constamment soumis à un lavage de cerveau, obligés de chanter les « chants révolutionnaires » du Parti communiste chinois, dans la perspective de l’avancée du Grand Dirigeant, et de la construction des « Quatre Modernisations ».

Qui, en 2008, était véritablement à l’origine des émeutes ? Les policiers armés et l’armée chinoise envoyés par le Gouvernement chinois, voilà les véritables responsables de la campagne de « passages à tabac, destructions, vols et assassinats ».

Par le passé, les Chinois ont maudit la politique japonaise des Trois Tout (une mesure de contrôle colonial de 1941 dite également « Tue tout, brûle tout, pille tout »). C’est peut-être une simple conjecture, ou cela s’est peut-être réellement passé. Je ne sais pas si c’est vrai ou non. En fait, en tant que Tibétain, je n’ai rien contre les Japonais. J’aime les Japonais, et je les respecte. Pourtant, l’armée chinoise a véritablement appliqué cette politique au Tibet, surtout dans les monastères.

Ils nous ont tabassé impunément, nous les Tibétains ; ils ont tabassé nos éminents moines, détruit les statues bouddhistes dans nos monastères, et dérobé les objets cultuels. Avec leurs armes, ils ont tué des moines, des moniales et des étudiants, et aussi de nombreux pèlerins en route vers Lhassa. La politique poursuivie en 1958 d’incendier les monastères a été remplacée par celle des tanks et des bulldozers. Désormais, dans beaucoup d’endroits au Tibet, de nombreux monastères ont été réduits à l’état de ruines par les tanks et les bulldozers de la police armée chinoise et de l’armée chinoise.

Voilà mon témoignage. Ne pensez pas à une plaisanterie. Je suis sérieux. Je veux que les gens comprennent que nous, les Tibétains, n’avons pas peur de la mort. Pourtant, pour parvenir à une résolution pacifique, je ne vois pas d’autre solution que l’immolation pour avertir le monde. Nous, les Tibétains, avons besoin d’être protégés et que l’on s’occupe de nous. Nous devons vivre sur notre propre terre, comme des individus à part entière.

Vive les Tibétains ! Vive Sa Sainteté le Dalaï Lama !

Machu, le 08/12/2016/, Firing Bird.

Note : En cas de divergence involontaire entre cette traduction et le texte chinois d’origine, seul ce dernier fait foi.

 
 

18 Décembre 2016

Le professeur Dorjee désigné Commissaire à la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale

Tenzin_Dorjee

Washington, DC – C’est une nomination historique, le Docteur Tenzin Dorjee sera le premier Tibétain Américain à devenir Commissaire à la Commission américaine sur la liberté religieuse.

Cette Commission  créée par la loi sur la liberté religieuse (IRFA) de 1998  contrôle le droit universel de liberté religieuse à l’étranger.

La loi sur la liberté religieuse internationale prévoit que trois Commissaires soient sélectionnés par le Président, deux par les leaders du parti du Président au Congrès et quatre par les leaders du Congrès de l’opposition. Le Docteur Dorjee a été nommé par Nancy Pelosi, les Commissaires sont nommés pour deux ans, au terme desquels ils peuvent être nomssé de nouveau.

Le Docteur Dorjee est actuellement Professeur associé au Département d’études de Communication humaine de l’Université de Californie à Fullerton (CSUF). Il est également auteur et traducteur de textes concernant le bouddhisme tibétain en anglais et a été traducteur pour Sa Sainteté le Dalaï Lama pendant ses enseignements et conférences donnés en Inde et aux Etats Unis.

Suite à sa nomination, le Docteur Dorjee a déclaré : « C’est un grand honneur et privilège pour moi d’être nommé en tant que Commissaire à la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale. Je m’intéresse profondément à la liberté religieuse, je prends cela très au sérieux et je considère mon rôle comme vital pour assurer la vision de Sa Sainteté le Dalaï Lama concernant l’importance d’une éthique laïque et sa voix sur les droits et la liberté religieuse. »

 
 

18 Décembre 2016

NGABA ( TIBET) : Encore un moine tibétain emprisonné : Lobsang Sonam, 23 ans, pour avoir prétendument partagé des informations sur le Tibet

Image non datée du moine bouddhiste Lobsang Sonam du monastère de Kirti, dans le comté de Ngaba au Nord-Est du Tibet. Crédit : TPI.

Dharamsala – Les autorités chinoises ont condamné un nouveau moine du monastère de Kirti dans l’Amdo, nord-est du Tibet, à six ans de prison, pour avoir prétendument partagé sur internet, à destination de l’étranger, des informations sur des agissements contraires aux règles chinoises au Tibet.

« Lobsang Sonam, 23 ans, a été condamné à 6 ans de prison le 9 novembre dernier par la cour du peuple du Comté d’Aba, dans la préfecture de Ngawa, au nord-Est du Tibet. » Voilà ce qu’a indiqué une source à Tibet Post International.

« Sonam a été arrêté par la police chinoise dans les rues de la ville de Ngaba, le 11 septembre de l’année dernière et sa position reste inconnue jusqu’à aujourd’hui » selon Kanyak Tsering et Lobsang Yeshe, porte-paroles en exil du monastère de Kirti a Dharamsala. Selon une source de TPI, en lien avec d’autres informateurs dans la région, Sonam serait maintenant retenu à la prison de Mianyang, située dans la ville de Wujia dans la préfecture de Mianyang à environ 100 km au nord-est de Chengdu, dans la province du Sichuan.

Sonam est l’aîné des quatre fils et filles de Kalsang et Tsering Dolma. Il est originaire de la division numéro 2 du Village de Yutso, dans la commune Rong Khar Sar du comté de Ngaba au nord-est du Tibet.

Le monastère de Kirti a été la scène d’auto-immolations répétées et de manifestations par les moines, les anciens moines et les nonnes opposés à la répression chinoise. La zone de Ngaba a été bouclée par les militaires depuis les manifestations majeures qui se sont déroulées dans la région au début du mois de mars 2008.

C’est un fait avéré : le régime a aussi imposé de sévères restrictions et censures sur internet et les connexions téléphoniques. Ceci afin de prévenir d’éventuelles fuites d’informations vers l’extérieur.

Au Tibet aujourd’hui, des tibétains sont arbitrairement arrêtés, emprisonnés et torturés pour avoir simplement exprimé les souffrances induites par les règles chinoises. Les autorités de Pékin, cependant, clament encore que « la Chine a libéré le Tibet pacifiquement et que les tibétains vivent désormais dans un paradis socialiste maoïste. »

Le Tibet a été envahi par la Chine communiste à partir de 1949 dans ce que Pékin appelle une « libération pacifique. » Depuis cette époque, plus de 1,2 millions de Tibétains (sur une population totale de 6 millions) ont été tués, plus de 6000 monastères ont été détruits, des meurtres, viols, emprisonnements arbitraires, tortures, traitement cruels, dégradants et inhumains ont été infligés aux Tibétains à l’intérieur du Tibet.

 
 

18 Décembre 2016

Kunme, deuxième Tibétain libéré après trois ans de geôle chinoise suite à une protestation liéeà une immolation

Kunme, lors de sa libération de prison au Sichuan le 4 Décembre 2016

Les autorités du Sichuan, province du Sud-Ouest de la Chine, ont relâché un deuxième Tibétain dont l’arrestation, il y a trois ans, dans la région de Ngaba, était en rapport avec une protestation par immolation. Il vient d’être libéré de la prison de Mianyang au Sichuan ce 4 décembre, selon nos sources.

Kunme, un habitant du Comté de Meruma, de la région de Ngaba – Aba en chinois-, « a été escorté par la police jusqu’ à son domicile, où il a été accueilli par des proches et d’autres membres de sa communauté », explique cette source au service tibétain de RFA.

« Il appartient à la famille Gotse, la deuxième communauté locale, et son père s’appelle Konchak Lodroe », ajoute cette source sous couvert de l’anonymat.

Membre d’un groupe de 20 Tibétains détenus depuis le 3 décembre 2013, Kunme s’était opposé aux forces de sécurité qui emmenaient Konchog Tseten, gravement brûlé après son immolation, hors du lieu de son acte de protestation, comme l’avait relaté antérieurement cette source à RFA.

Tseten, un berger de 30 ans et père de deux enfants, décéda sur le chemin de l’hôpital; les autorités procédèrent en secret à son incinération et restituèrent ses cendres à la famille sans une explication.

Après 11 mois de détention, faite de coups et de tortures, Kunme fut reconnu coupable d’homicide par la Cour Populaire de Ngaba et condamné à 3 ans de prison.

Tenant compte de la durée de sa détention préventive, cette situation lui permet une libération ce mois-ci.

Une deuxième détenue, du nom de Dolma Tso, a également été libérée de la prison de Mianyang ce 4 Décembre, après avoir purgé une peine de trois ans pour le même délit.

 
 

18 Décembre 2016

Discours de Sikyong à la communauté tibétaine de New York et du New Jersey

New York le 24 novembre 2016 : Sikyong Docteur Lobsang Sangay, le leader démocratiquement élu du peuple tibétain s’est adressé publiquement à la communauté tibétaine de New York et du New Jersey.

Étaient présents lors de cette allocution : Penpa Tsering, le Représentant du Bureau du Tibet à Washington DC, le personnel du Bureau du Tibet, des membres des organisations tibétaines locales et des milliers de Tibétains de New York et du New Jersey

Dans son discours, Sikyong a lancé un appel fort à la diaspora tibétaine afin qu’elle encourage et protège l’unité et l’intégrité tibétaines en s’affranchissant des différences fondées sur des particularités régionales ou sectaires. « L’idée clairvoyante de Sa Sainteté le Dalaï Lama d’établir une administration démocratique dans la gouvernance tibétaine, les institutions religieuses et les écoles visait à représenter les Tibétains des 3 provinces régionales du Tibet comme une entité unique. Si nous  voulons que notre cause progresse, chacun d’entre nous doit renoncer au régionalisme et consacrer son temps et ses efforts à soutenir et renforcer notre cause. »

« La source d’inspiration sous-jacente à nos efforts et à notre lutte, ce sont l’esprit et la détermination inébranlables de nos frères et sœurs restés au Tibet. Des dizaines de milliers de Tibétains ont été tués, blessés et emprisonnés. Confrontés à de tels bouleversements, les Tibétains du Tibet ont montré un exemple remarquable de résilience et d’unité afin de sauvegarder l’identité, la culture, la religion tibétaine »  a-t-il déclaré.

Sikyong a fait valoir que l’idée principale de la Politique de la Voie Médiane de l’Administration Centrale Tibétaine a pour but de préserver et de promouvoir l’identité unique du peuple tibétain, tout en renforçant l’unité des trois provinces dans le cadre d’une véritable autonomie.

« L’accomplissement de cette aspiration partagée par nos frères et nos sœurs repose essentiellement sur nos efforts sans relâche et à long terme et désormais, sous la conduite incomparable de Sa Sainteté le Dalaï Lama, nous devons collaborer et redoubler d’efforts pour continuer de servir la juste cause du peuple tibétain dans la dignité et l’unité. »

Après avoir applaudi la représentation très élaborée de danse folklorique et les spectacles donnés par de jeunes Tibétains, Sikyong a exprimé sa reconnaissance à l’égard de tous les parents tibétains, des membres des associations tibétaines locales et des bénévoles de l’école de langue tibétaine du dimanche, pour le travail remarquable qu’ils accomplissent afin de  préserver la riche culture tibétaine et les savoirs traditionnels et  de les transmettre aux générations montantes.

Plus tôt dans la matinée, Sikyong avait visité le chantier de construction du centre communautaire tibétain de New York et du New Jersey.

Le 23 novembre, Sikyong a participé à un dîner de gala donné en son honneur par la communauté tibétaine de New York et du New Jersey.

 
 

11 Décembre 2016

LARUNG GAR : Les humiliations de la « Réducation Patriotique » … après les affres de la destruction de la Cité monastique

Alors que les Tibétains commémorent le 27 ème anniversaire de la Remise du Prix Nobel de la Paix au Dalaï Lama en 1989, alors que cette année, c’est à Juan Manuel Santos, Président de Colombie, qu’ a été décerné ce même Nobel de la Paix, pour avoir tenté de rétablir la paix avec les Farc, le vendredi 8 décembre 2016,  Xi Xiping, le Président de la RPC, indifférent à tous les appels, persiste et signe dans ce qu’il y a de plus ignoble à l’encontre des nonnes et religieux tibétains.

Non satisfait de la barbarie avec laquelle s’est largement engagée la destruction programmée de la ville monastique de Larung Gar, Xi Xiping ordonne maintenant, avec une diabolique minutie,  » la rééducation patriotique » des religieux expulsés.

Au vu de vidéos transmises courageusement par quelques Tibétains, témoins anonymes, nous pouvons comprendre à quel degré d’ horreur se situe maintenant la mécanique intransigeante de Pékin, une des raisons de l’auto immolation de Thupten , la 146 ème à déplorer.

Vis à vis des nonnes en particulier c’est un traitement abject, fait d’ humiliations personnelles et de manoeuvres de « rééducation patriotique » :  obligées à s’ habiller en vêtements militaires et à chanter des chants patriotiques,  ou forcées à exécuter en tenue monastique des danses laïques, sur des musiques à la mode….

CHOQUANT, sans compter tout ce que nous ne savons pas sans doute.

Aussi, cette période de fin d’ année plus habituellement marquée par des festivités et des voeux, a-t-elle un goût très amer.

Le Bureau

Video en anglais ..https://www.facebook.com/robbie.barnett.14

Commentaire de Robbie Barnett traduit en français 

Cette vidéo montre douze religieuses tibétaines, sur la scène d’un théâtre au Tibet. Elles exécutent une chorégraphie moderne sur la musique d’ une célèbre chanson pop. Les nonnes portent leurs robes monastiques.

La chanson est l’Ode socialiste,  » la chanson des serfs émancipés «  ( » Fanshen nongnu ba gechang « 》 《Fān shēn nóng nú bǎ gē chàng), déjà exécutée en face de Mao en 1959 ; elle est associé à des célébrations officielles du Parti Communiste.
Sur la bannière au-dessus de la scène, on peut lire  » la remise des diplômes art show pour le droit et la politique de formation pour les moines et nonnes bouddhistes, Gongbujiangda County  » ( » gōng bù jiāng dá xiàn sēng ní fǎ lǜ 、 zhèng cè péi xùn bān jié yè wén yì huì yǎn « ).
Cett vidéo de Kongpo Gyamda, en nyingtri (linzhi), Tibet, est censée avoir été filmée le 10 novembre 2016.
Les nonnes  doivent avoir été contraintes de s’acquitter de cette danse, probablement comme une forme d’humiliation publique, puisque cette exhibition viole leurs vœux religieux. Les sœurs nonnes probablement parmi celles qui viennent d’ être récemment expulsées de Larung Gar – Serta /Sichuan – en cours de destruction, sur les ordres de Pékin.

Source de l’ image :  Camp de concentration,  où se pratique sans doute actuellement, la « rééducation patriotique « 

10 déc. : Expelled nuns held in concentration camp
 
 
 

11 Décembre 2016

« Le prix d’un Dalaï Lama » ou… le sempiternel scénario des menaces chinoises !

carte

La Chine bloque en ce moment une de ses entrées à la frontière avec la Mongolie pour protester contre la visite du Dalaï Lama à à Oulan-Bator en novembre dernier. Des centaines de conducteurs de camions travaillant pour le groupe minier anglo-australien Rio Tinto sont bloqués à la traversée Gants Mod dans le sud-est de la Mongolie. A cet endroit, les températures nocturnes peuvent chuter à moins 20°C et rendent la situation préoccupante sur le plan humanitaire pour les personnes bloquées à la frontière. Rio Tinto exploite, entre autres, des mines de cuivre en Mongolie et a décidé, en retour, d’en suspendre l’exportation vers la Chine.
Les chinois ont, par ailleurs, imposé de nouveaux droits sur les expéditions de produits de base entre la Chine et la Mongolie pour augmenter la pression sur le gouvernement mongol, déjà confronté à des problèmes financiers cauchemardesques. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a confirmé que les sanctions économiques et diplomatiques chinoises allaient frapper durement la Mongolie.

La Chine a, de même, mis en garde New Dehli contre les «dommages» diplomatiques que risque d’entraîner la visite prévue du 14e Dalaï-lama dans l’État indien d’Arunachal Pradesh, en mars 2017. La Chine considère l’Arunachal Pradesh comme faisant partie du sud du Tibet chinois et s’oppose systématiquement aux visites du Dalaï Lama comme des dirigeants indiens ainsi que des dignitaires étrangers dans cet état. Pékin s’est donc également indigné de la visite de l’ambassadeur américain Richard Verma dans cet état du nord-est, affirmant que l’empire américain ne doit pas s’impliquer dans un conflit territorial local entre l’Inde et la Chine.
L’Inde n’est pas un petit pays, tremblant devant son puissant voisin, comme la Mongolie. New Delhi a donc pu réaffirmer que l’Arunachal Pradesh faisant partie intégrante de l’Inde, l’ambassadeur américain en Inde était accrédité à le visiter comme le reste du pays. S’agissant du Dalaï Lama, l’Inde a rappelé que le Dalaï Lama est une personnalité du monde bouddhiste et que la région de l’Arunachal Pradesh, où il avait trouvé précisément refuge en 1959, compte de nombreux bouddhistes très attachés aux visites du Dalaï Lama. Le choix de l’Arunachal Pradesh est donc très sensible.

Les sanctions économiques que la Chine peut exercer contre l’Inde, quoique importantes, peuvent être considérées comme moins décisives que celles infligées à la Mongolie. Mais sur le plan diplomatique, la Chine reste un allié important de l’Inde dans sa lutte contre le terrorisme musulman. New Delhi ne l’ignore certainement pas.

dans Asie / International pa 11 décembre 2016

 
 

11 Décembre 2016

Anniversaire de la Remise du Nobel de la Paix au Dalaï Lama

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A Dharamsala, en ce 10 décembre 2016,  les Tibétains en exil ont participé aux célébrations officielles           du 27 èmeAnniversaire de la Remise du Nobel de la Paix au Dalaï Lama à Tsuglagkhang, le Monastère du Dalaï Lama, marquant aussi ce jour par une prière particulière de solidarité pour Larung Gar et pour  Tashi Rabten; le dernier Tibétain à s’ être immolé pour la défense de la cause du Tibet.

Durant cette cérémonie organisée conjointement par le Gouvernement Tibétain en Exil et le Parlement Tibétain, ce sont Lobsang Sangay, le  Premier Ministre et Khenpo Sonam Tenphel, Porte Parole du Parlement ont exprimé leurs vives inquiétudes au sujet des démolitions  qui se poursuivent à Larung Gar des traitements infligés aux nonnes expulsées.

27 ans déjà, mais la violence de Pékin au Tibet et de nombreux belligérants sur la Planète ne faiblit pas.

En cette circonstance,  rappelons nous ce discours d’Oslo,  toujours d’ une brûlante actualité et cet appel à nos responsabilités pour plus de Paix sur cette Planète et les conseils  du Dalaï Lama pour sauvegarder le Tibet et sa culture en créant les éléments essentiels afin d’ instaurer la zone d’Ahimsa. 

27 ans déjà, mais la violence de Pékin au Tibet et de nombreux belligérants sur la Planète ne faiblit pas.

 « Il est, par conséquent, de la plus grande importance de bien saisir cette relation entre une attitude de paix intérieure et les événements du monde, et d’essayer de résoudre les problèmes d’une façon équilibrée en tenant compte de ces divers aspects. »

 A Dharamsala, en ce 10 décembre 2016,  les Tibétains en exil ont participé aux célébrations officielles du 27èmeAnniversaire de la Remise du Nobel de la Paix au Dalaï Lama à Tsuglagkhang, le Monastère du Dalaï Lama, marquant aussi ce jour par une prière particulière de solidarité pour Larung Gar et le dernier Tibétain à s’ être immolé pour la défense de la cause du Tibet, Tashi Rabten.

Durant cette cérémonie organisée conjointement par le Gouvernement Tibétain en Exil et le Parlement Tibétain, ce sont Lobsang Sangay, le  Premier Ministre et Khenpo Sonam Tenphel, Porte Parole du Parlement ont exprimé leurs vives inquiétudes au sujet des démolitions  qui se poursuivent à Larung Gar des traitements infligés aux nonnes expulsées.

Discours d’Oslo de SS le Dalaï Lama, décembre 1989

DISCOURS PRONONCÉ À OSLO PAR SA SAINTETÉ LE DALAÏ LAMA LORS DE LA REMISE DU PRIX NOBEL DE LA PAIX LE 10 DÉCEMBRE 1989

 Nobel

Mes frères, mes soeurs,

C’est à la fois un honneur et un plaisir que de me trouver parmi vous aujourd’hui. Je suis très heureux de voir dans cette assemblée tant d’amis de vieille date venus de tous les coins du monde ; et je vais me faire ici de nouveaux amis que j’espère avoir encore l’occasion de retrouver par la suite.

Lorsque je rencontre des gens venant de différentes parties du monde, je constate immanquablement que nous sommes, au fond, tous semblables : nous sommes tous des êtres humains. Nous pouvons être vêtus différemment, avoir une couleur de peau différente, parler des langues différentes. Voilà pour les apparences. Mais fondamentalement, nous sommes tous les mêmes êtres humains. C’est cela qui nous lie les uns aux autres, qui nous permet de nous comprendre, de devenir des amis, de nous sentir proches les uns des autres.

M’interrogeant sur ce que je pourrais vous dire aujourd’hui, j’ai choisi de vous faire part de certaines de mes réflexions au sujet des problèmes qui se posent à nous tous en tant que membres de la famille humaine. Du fait que nous partageons cette petite planète qu’est la terre, nous devons apprendre à vivre en paix et en harmonie les uns avec les autres, et avec la nature. Ce n’est pas seulement un rêve, c’est une nécessité. Nous dépendons les uns des autres à tant de titres que nous ne pouvons plus vivre en communautés isolées et ignorer ce qui se passe hors de chez nous. Nous devons nous entr’aider en cas de difficultés, et nous devons partager les avantages qui nous échoient C’est un être humain ordinaire qui s’adresse à vous, un simple moine. Si vous trouvez quelque utilité à ce que je vais dire, alors j’espère que vous essayerez de le mettre en pratique.

Je souhaite également vous faire part des sentiments qui sont les miens face au sort tragique du peuple du Tibet Le Prix Nobel est une distinction que les Tibétains ont certainement méritée par leur courage et leur détermination jamais démentie durant quarante années d’occupation étrangère. En tant que porte-parole libre de mes compatriotes captifs, j’estime que c’est un devoir de parler en leur nom. Ce n’est ni la colère ni la haine de ceux qui sont responsables des souffrances immenses imposées à notre peuple, de la destruction de notre pays, de l’anéantissement de notre culture, qui me poussent à parler. Ceux-là aussi sont des êtres humains qui luttent pour trouver le bonheur, et ils ont droit à notre compassion. Mais je veux vous mettre an courant de la situation dramatique qui caractérise aujourd’hui mon pays et de l’espoir qui anime mon peuple, car dans notre lutte pour la liberté, la vérité est la seule arme dont nous disposions.

Comprendre que nous sommes tous essentiellement les mêmes êtres humains, qui recherchons le bonheur et essayons d’éviter la souffrance, fait naître en nous le sens de la fraternité, un sentiment chaleureux d’amour et de compassion pour autrui. Cette prise de conscience est indispensable pour survivre dans un monde qui se contracte sans cesse. En effet, si nous ne recherchons égoïstement que ce que nous pensons être dans notre seul intérêt, en faisant fi des besoins d’autrui, nous risquons non seulement de porter atteinte aux autres, mais à nous-mêmes également. Voilà qui est devenu évident au cours de ce siècle. Nous savons qu’une guerre atomique, de nos jours, serait une forme de suicide, ou que de polluer l’air et les océans en ne pensant qu’aux avantages immédiats, revient à détruire ce qui est essentiel à notre survie. Alors qu’individus et nations deviennent de plus en plus interdépendants, nous n’avons d’autre recours que de développer ce que j’appelle un sens de la responsabilité universelle.

Nous formons aujourd’hui une grande famille. Ce qui se produit à tel endroit de la planète nous atteint tous. Et bien entendu, pas uniquement quand il s’agit d’événements malheureux, mais également d’événements heureux. Non seulement sommes-nous au courant de ce qui se passe ailleurs, grâce aux extraordinaires moyens de communication modernes, mais de plus, nous sommes directement atteints par des événements qui se produisent au loin. Nous éprouvons de la tristesse quand des enfants meurent de faim en Afrique de l’Est. De même, nous ressentons de la joie quand une famille se trouve réunie après avoir été séparée pendant des dizaines d’années par le Mur de Berlin. Nos récoltes et notre bétail sont contaminés, notre santé et notre existence menacées lorsqu’un accident survient dans une centrale nucléaire située très loin dans un autre pays. Notre sécurité est renforcée quand la paix est rétablie entre deux pays d’un autre continent qui étaient en guerre.

Pourtant, guerre et paix, destruction ou protection de la nature, violation ou défense des droits de l’homme et des libertés démocratiques, misère ou bien-être matériel, existence ou non de valeurs morales et spirituelles, compréhension ou non à l’égard d’autrui ne constituent pas des phénomènes isolés que l’on peut analyser et aborder séparément les uns des autres. Ils sont en fait interdépendants, à tous les niveaux, et doivent être compris dans cette optique complémentaire.

La paix, au sens d’absence de guerre, ne signifie pas grand chose pour quelqu’un qui est en train de mourir de faim ou de froid. Elle ne soulagera en rien les souffrances d’un prisonnier politique soumis à la torture. Elle n’apportera aucun réconfort à ceux qui ont perdu des êtres chers dans les inondations causées par un déboisement incontrôlé pratiqué dans un pays voisin. La paix ne peut s’installer de façon durable que là où les droits de l’homme sont respectés, où les gens ont de quoi manger, où individus et nations sont libres. Or la véritable paix avec soi-même et avec le monde n’est réalisable que par la paix de l’esprit. De même que les phénomènes dont je viens de parler sont interdépendants, ainsi, par exemple, un environnement de bonne qualité, la richesse et la démocratie sont peu de chose en regard de la menace de guerre, notamment de la guerre nucléaire : de même, le développement matériel ne suffit pas à assurer le bonheur de l’homme.

Certes, le progrès matériel est important pour l’avancement de l’humanité. Au Tibet, nous n’avons porté que trop peu d’attention au développement technologique et économique, et nous comprenons aujourd’hui que ce fut une erreur. Pourtant, le progrès matériel sans progrès spirituel peut aussi entraîner des problèmes graves. Dans certains pays, l’on accorde une trop grande place à des considérations extérieures aux dépens du développement intérieur. Tous deux me paraissent importants et doivent aller de pair, en assurant un équilibre judicieux entre l’un et l’autre. Les visiteurs étrangers décrivent les Tibétains comme des gens heureux, enjoués. Ces qualités font en effet partie de notre caractère : elles ont été forgées par des valeurs culturelles et religieuses prônant l’importance de la paix de l’esprit qui découle de l’amour et de la bonté envers tous les êtres vivants, qu’ils soient des êtres humains ou des animaux. La paix intérieure, voilà la clef. Si vous possédez cette paix intérieure, les problèmes extérieurs n’entameront pas votre sens profond de sérénité et de paix. Un tel état d’esprit permet d’aborder n’importe quelle situation avec calme et modération, tout en préservant son bonheur intérieur. Voilà ce qui est important. Quelle que soit votre aisance matérielle, sans cette paix intérieure les circonstances peuvent encore et toujours vous inquiéter, vous troubler ou vous rendre malheureux.

Il est, par conséquent, de la plus grande importance de bien saisir cette relation entre une attitude de paix intérieure et les événements du monde, et d’essayer de résoudre les problèmes d’une façon équilibrée en tenant compte de ces divers aspects. Ce n’est certes pas aisé. Maïs on ne gagne rien à tenter de résoudre un problème si, ce faisant, on en crée un autre, tout aussi grave. Nous n’avons donc en réalité pas le choix : nous devons susciter un sens de la responsabilité universelle, non seulement au sens géographique, mais également pour ce qui est des divers problèmes auxquels notre planète se trouve confrontée.

Cette responsabilité ne revient pas uniquement aux dirigeants de nos pays ou à ceux que nous avons désignés ou élus pour assumer telle ou telle fonction. Elle revient à chacun de nous, individuellement. La paix, par exemple, commence dans le cœur de chacun de nous. Si nous avons la paix intérieure, nous sommes en paix avec ceux qui nous entourent Quand notre communauté est dans un état de paix, elle peut être en paix avec les communautés voisines, et ainsi de suite. Quand nous éprouvons de l’amour et de la bonté envers autrui, celui-ci se sent aimé, entouré de sollicitude, et de plus, nous contribuons ainsi à accroître notre propre bonheur et notre paix intérieure. Ces sentiments d’amour et de bonté peuvent être développés consciemment grâce à certaines pratiques. Pour certains, la manière la plus efficace consistera à pratiquer une religion. Pour d’autres, des pratiques non religieuses conviendront mieux. Ce qui compte, c’est que nous fassions, et cela s’applique à chacun de nous, un effort authentique pour assumer nos responsabilités les uns à l’égard des autres, et envers le milieu naturel dans lequel nous vivons.

Ce qui se passe actuellement autour de nous me semble très encourageant. Les jeunes de nombreux pays, notamment dans le Nord de l’Europe, ont demandé avec insistance que l’on mette fin à la destruction de l’environnement menée au nom du progrès économique et qui risquait d’être lourde de conséquences redoutables. Et voilà les dirigeants politiques du monde entier qui commencent à prendre des mesures concrètes pour traiter le problème. Le rapport présenté au Secrétaire Général des Nations Unies par la Commission Mondiale sur L’Environnement et le Développement (Rapport Brundtland) a constitué une étape importante et a fait comprendre aux gouvernements que le problème était devenu urgent. Les efforts qui ont été déployés pour rétablir la paix dans des régions déchirées par la guerre et pour défendre le droit à l’autodétermination de certains peuples ont eu pour conséquence le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan, et l’établissement d’une Namibie indépendante. Sans relâche, des peuples ont agi de façon non violente pour amener bien des bouleversements spectaculaires, de Manille aux Philippines jusqu’à Berlin en Allemagne de l’Est, permettant ainsi à plusieurs pays de se rapprocher d’une véritable démocratie. La guerre froide tire apparemment à sa fin et l’espoir renaît partout. Les efforts courageux du peuple chinois pour amener des changements du même ordre ont malheureusement été brutalement écrasés en juin dernier. Mais ces efforts eux aussi sont une source d’espoir. La puissance militaire n’a pas anéanti le désir de liberté et la détermination du peuple chinois d’y parvenir. Je suis frappé d’admiration pour ces jeunes gens, à qui l’on a appris que « le pouvoir vient du canon des fusils » et qui choisissent comme arme la non-violence.

Ce que révèlent ces changements positifs, c’est que la raison, le courage, la détermination et l’inextinguible désir de liberté peuvent finalement triompher. Dans la lutte qui oppose d’une part les forces de la guerre, de la violence et de l’oppression, et de l’autre la paix, la raison et la liberté, ce sont celles-ci qui gagnent du terrain. Voilà qui nous remplit, nous Tibétains, de l’espoir qu’un jour, nous serons à nouveau libres, nous aussi.

Que l’on me décerne, ici en Norvège, le prix Nobel, à moi, un simple moine venu du lointain Tibet, nous remplit aussi, nous Tibétains, d’un nouvel espoir. Cette distinction signifie que, bien que nous n’ayons pas attiré l’attention sur notre situation tragique en recourant à la violence, nous n’avons pourtant pas été oubliés. Elle signifie également que les valeurs qui sont les nôtres, notamment notre respect pour toute forme de vie et notre croyance dans la puissance de la vérité, sont aujourd’hui reconnues et encouragées. C’est de plus un hommage rendu à mon guide, le Mahatma Gandhi, dont l’exemple est une source d’inspiration pour tant d’hommes. Le Prix décerné cette année est aussi le signe que le sens d’une responsabilité universelle s’affirme. Je suis profondément touché par l’inquiétude que ressentent sincèrement tant de personnes dans cette partie du monde pour les souffrances du peuple tibétain. C’est là une source d’espoir, non seulement pour nous Tibétains, mais pour tous les opprimés. Comme vous le savez, le Tibet est sous occupation étrangère depuis quarante ans. Aujourd’hui, les troupes chinoises stationnées au Tibet comptent plus de 250 000 hommes. D’après certaines sources, ce chiffre serait deux fois plus élevé. Pendant tout ce temps, les Tibétains ont été privés de leurs droits les plus fondamentaux, le droit à la vie, le droit de se séparer, de s’exprimer, de pratiquer une religion pour ne citer que ceux-là. Plus d’un million de personnes, sur une population de 6 millions, sont mortes des conséquences directes de l’invasion et de l’occupation chinoise. Même avant la Révolution Culturelle, de nombreux monastères, des temples et des bâtiments historiques ont été détruits. Ce qui subsistait a été presque entièrement anéanti pendant la Révolution Culturelle. Je ne souhaite pas m’étendre sur ce sujet pour lequel il existe une documentation abondante. Ce qu’il est important de savoir cependant, c’est qu’en dépit de la latitude (limitée d’ailleurs) donnée depuis 1979 pour reconstruire certaines parties de certains monastères, en dépit d’autres actes symboliques de libéralisation, les droits fondamentaux du peuple tibétain sont toujours et systématiquement violés. Ces derniers mois, la situation, déjà déplorable, s’est aggravée.

Si le gouvernement et le peuple indiens n’avaient pas si généreusement accueilli et soutenu notre communauté en exil, si nous n’avions pas reçu l’aide d’organismes et de personnes privées de nombreuses régions du monde, il ne resterait plus guère aujourd’hui de notre nation que quelques fragments épars. Notre culture, notre religion et notre identité nationale auraient bel et bien disparu. Les choses étant ce qu’elles sont, nous avons reconstruit en terre d’exil des écoles et des monastères, et créé des institutions démocratiques pour servir notre peuple et sauvegarder les fondements de notre civilisation. Forts de cette expérience, nous sommes résolus à établir une démocratie pleine et entière dans un futur Tibet libre. Nous veillons à préserver notre identité et notre culture, tout en développant notre communauté en exil dans un esprit moderne. Nous apportons ainsi un espoir à des millions de nos compatriotes vivant au Tibet.

Ce qui nous inquiète le plus actuellement, c’est l’afflux massif de colons chinois au Tibet. Dès les premières décennies de l’occupation, un nombre considérable de Chinois avaient été transférés dans la partie est du pays, dans les provinces tibétaines d’Amdo (Qinghaï) et du Kham, dont le gros du territoire avait été annexé par les provinces chinoises avoisinantes. Or, depuis 1983, un nombre sans précédent de Chinois ont été encouragés par leur gouvernement à immigrer dans toutes les régions du Tibet, y compris le Tibet central et l’ouest du pays, que la République Populaire de Chine qualifie de « prétendue Région Autonome du Tibet« . Les Tibétains sont ainsi rapidement ramenés à une minorité insignifiante dans leur propre pays. Cette évolution, qui menace la survie même de la nation tibétaine, ses traditions et son héritage spirituel, peut encore être arrêtée et renversée. Mais il faut faire vite, avant qu’il ne soit trop tard. Un nouveau cycle de manifestations, suivies de violentes répressions a commencé au Tibet en septembre 1987, et a abouti à l’imposition de la loi martiale dans la capitale, Lhassa, en mars 1989. Ces manifestations étaient pour une large part menées en réaction à cet énorme afflux d’immigrants chinois. Les informations qui parviennent à notre communauté en exil font état de marches et d’autres formes pacifiques de protestations qui se poursuivent à Lhassa et dans d’autres localités du Tibet, et cela en dépit des peines sévères et des traitements inhumains infligés aux Tibétains arrêtés pour avoir exprimé leurs griefs. Le nombre de Tibétains tués par les services de sécurité pendant les émeutes de mars, et ceux qui sont morts en détention par la suite, n’est pas connu ; il dépasserait 200. Des milliers de personnes ont été mises en garde à vue ou arrêtées et emprisonnées, la torture est pratiquée couramment.

Du fait que cette situation s’aggravait et pour éviter de nouvelles effusions de sang, j’ai proposé ce qu’il est convenu d’appeler le Plan de Paix en cinq points pour le rétablissement de la paix et des droits de l’homme au Tibet. J’en ai précisé les détails dans une allocution prononcée à Strasbourg en 1988. Je croîs qu’il fournit un cadre raisonnable et réaliste pour des négociations avec la République Populaire de Chine. Pourtant, jusqu’ici, les dirigeants chinois n’ont pas voulu y répondre de façon constructive. Or, la répression brutale du mouvement démocratique chinois en juin dernier me confirme dans mon opinion que tout règlement de la question tibétaine n’aura de sens que s’il est assorti de garanties internationales appropriées.

Le Plan de Paix en cinq points traite les principaux problèmes que j’ai exposés ici dans la première partie de mon allocution. Il prévoit :
- 1) la transformation de tout le Tibet, y compris les provinces d’Amdo et du Kham à l’est, en une zone d’Ahimsa (non-violence) ;
- 2) l’abandon par la Chine de sa politique de transfert de population ;
- 3) le respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques du peuple tibétain ;
- 4) la restauration et la protection de l’environnement au Tibet ; et
- 5) l’amorce de véritables négociations sur le futur statut du Tibet et sur les relations entre les peuples tibétains et chinois. Dans la déclaration que j’ai faite à Strasbourg, j’ai proposé que le Tibet devienne une entité politique démocratique pleinement autonome.

Je souhaite saisir cette occasion pour expliquer ce que l’on entend par zone d’Ahimsa ou par refuge de la paix, cette notion étant la clef de voûte du Plan en cinq points. Je suis convaincu qu’elle sera de la plus grande importance, non seulement pour le Tibet, maïs pour la paix et la stabilité en Asie. Mon rêve serait que le plateau tibétain devienne un refuge de liberté où les hommes pourraient vivre en paix et en harmonie avec la nature. Ce serait l’endroit où, du monde entier, l’on pourrait venir rechercher en soi-même la véritable signification de la paix, loin des tensions et des pressions qui s’exercent ailleurs. Le Tibet pourrait ainsi devenir un lieu de réflexion où l’on s’appliquerait à promouvoir la paix et à la renforcer.

Voici quels sont les éléments essentiels pour instaurer la zone d’Ahimsa proposée dans le Plan en cinq points :
- le plateau tibétain serait démilitarisé ;
- la fabrication, le stockage et les essais nucléaires y seraient interdits ;
- le plateau tibétain serait transformé en une biosphère, il deviendrait le plus grand parc naturel du monde. Des lois rigides seraient appliquées pour en protéger la faune et la flore. L’exploitation des ressources naturelles serait soigneusement réglementée afin de ne pas causer de dommages aux écosystèmes ; une politique de développement durable serait adoptée pour les régions habitées ;
- la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire, ou d’autres technologies qui entraînent des déchets dangereux seraient interdites ;
- la politique et la gestion des ressources naturelles consisteraient à promouvoir la paix et la protection de l’environnement. Les organisations qui auraient pour objectif de défendre la paix et de protéger la vie sous toutes ses formes seraient les bienvenues au Tibet ;
- l’établissement au Tibet d’organisations régionales et internationales pour la défense et la protection des droits de l’homme serait encouragée.

La situation du Tibet en altitude, sa superficie (qui est équivalente à celle de la Communauté Européenne), son histoire unique et son héritage de profonde spiritualité, le rendent idéalement apte à devenir ce sanctuaire de paix au coeur de l’Asie. De plus, ce nouveau rôle coïnciderait avec celui, historique, du Tibet comme nation bouddhiste pacifique et comme état tampon séparant les deux grandes puissances du continent asiatique, souvent en rivalité.

Afin de réduire les tensions actuelles en Asie, le Président de l’Union Soviétique, Monsieur Gorbatchev, a proposé la démilitarisation de la frontière sino-soviétique pour en faire une « frontière de la paix et du bon voisinage ». Le gouvernement du Népal avait précédemment proposé que ce pays de l’Himalaya, en bordure du Népal, devienne une zone de paix, bien que sa démilitarisation n’ait pas été envisagée.

Pour assurer la paix et la stabilité en Asie, il est indispensable de créer des zones de paix pour séparer les grandes puissances du continent, qui sont des adversaires potentiels. La proposition du Président Gorbatchev, qui comportait également le retrait complet des troupes soviétiques de Mongolie, contribuerait à réduire les tensions et les risques d’affrontement entre l’Union Soviétique et la Chine. Il faudra aussi créer, c’est évident, une véritable zone de paix pour séparer les deux pays les plus peuplés du monde, l’Inde et la Chine.

L’établissement d’une zone d’Ahimsa au Tibet nécessiterait le retrait des troupes et le démantèlement des installations militaires chinoises. Ces mesures permettraient alors à l’Inde et au Népal de retirer à leur tour leurs troupes et installations militaires des régions himalayennes en bordure du Tibet. Des accords internationaux seraient nécessaires à cet effet. Tous les états d’Asie trouveraient leur intérêt à un tel arrangement, notamment l’Inde et la Chine, car leur sécurité en serait augmentée et le fardeau économique que représente le maintien d’armées importantes dans les régions reculées réduit

Le Tibet ne serait pas la première zone stratégique à être démilitarisée. Certaines parties de la péninsule du Sinaï, territoire égyptien qui sépare Israël de l’Egypte sont démilitarisées depuis quelque temps déjà. Bien entendu, le Costa Rica reste le meilleur exemple d’un pays entièrement démilitarisé.

Le Tibet ne serait pas non plus la première région à être transformée en réserve naturelle ou biosphère. De nombreuses réserves ont ainsi été créées partout dans le monde. Certaines régions hautement stratégiques ont été transformées en « parcs naturels pour la paix ». Comme exemples, je mentionne le Parc de la Amistad, sur la frontière entre le Costa Rica et le Panama, et le projet « Si a la Paz » sur la frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua.

Quand je me suis rendu au Costa Rica au début de 1989, j’ai eu l’occasion de constater qu’un pays peut se développer avec succès sans armée, et devenir une démocratie stable, engagée à maintenir la paix et à protéger la nature. Ceci me conforte dans ma conviction que ma façon de concevoir l’avenir du Tibet n’est pas seulement un rêve, mais bien un projet réalisable.

Permettez-moi de terminer sur une note personnelle de remerciement qui s’adresse à vous tous qui êtes là, ainsi qu’à nos amis qui n’ont pas pu nous rejoindre aujourd’hui. L’inquiétude que vous avez manifestée devant le sort tragique des Tibétains et le soutien que vous nous avez apporté nous ont tous profondément touchés, et continuent à nous donner le courage nécessaire dans la lutte que nous menons pour la liberté et la justice, non pas avec des fusils, mais avec des armes puissantes que sont la vérité et la détermination. Je sais que je parle au nom de tout le peuple tibétain lorsque je vous remercie, et vous demande de ne pas oublier le Tibet qui vit une période sombre de son histoire.

Nous aussi espérons pouvoir apporter notre pierre au développement d’un monde plus pacifique, plus humain et plus beau. Le futur Tibet libre cherchera à aider ceux qui en auront besoin où qu’ils soient, à protéger la nature, et à promouvoir la paix. Je crois que notre capacité toute tibétaine de combiner les qualités spirituelles avec une attitude réaliste et pragmatique nous permettra d’apporter une contribution originale, à notre façon, si modeste soit-elle. C’est l’espoir qui est le mien ; c’est ce pourquoi je prie.

Pour conclure, j’aimerais faire ici avec vous, une courte prière. Elle est pour moi une source d’inspiration et de détermination.

Aussi longtemps que persistera l’espace,
Aussi longtemps que subsisteront les êtres vivants,
Que je puisse moi aussi demeurer
Pour dissiper la souffrance du monde.

Merci

Oslo, le 11 décembre 1989.

 

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11 Décembre 2016

MACHU ( TIBET) :Tashi Rabten, nouvelle victime de l’oppression chinoise croissante … et 146 ème immolation tragique dans l’Amdo au Tibet.

self-immolation-tibet

Nous apprenons à l’instant, l’auto-immolation d’un Tibétain autour de 17 heures (heure locale), ce 8 décembre 2016,  dans les rues du comté de Machu, dans la province de l’Amdo, au Tibet.

Selon une vidéo reçue, un corps est vu englouti dans les flammes. Une femme debout à proximité est entendue réciter des prières au nom de Sa Sainteté le Dalaï Lama.

La vidéo montre également la police arrivant sur les lieux et enlevant le corps calciné.

Il n’y a pas d’autres informations disponibles sur l’identité de l’auto-immolé.

C’est la 145ème auto-immolation au Tibet depuis février 2009

Avertissement, la vidéo ci après est très dure, nous faisons le choix de la montrer car ce Tibétain sacrifie sa vie pour alerter le monde et c’est le message qu’il veut faire passer par cet acte.sachions davantage …

 

 

 Surprise … cette video vient d’être supprimée sans que nous en sachions davantage …

En Chine, un Tibétain s’immole par le feu

  • Par Lefigaro.fr avec AFP

Un Tibétain s’est immolé par le feu dans le nord-ouest de la Chine afin de protester contre la présence chinoise sur le toit du monde. L’homme a appelé au retour du dalaï lama au Tibet alors qu’il mettait le feu à ses vêtements jeudi soir à Maqu, dans une région de peuplement tibétain de la province du Gansu.

Selon le gouvernement tibétain en exil en Inde, il s’agit de la 145e immolation par le feu au Tibet ou dans d’autres régions chinoises hors Tibet depuis 2009.

Des vidéos disponibles sur internet montrent l’homme en train de marcher dans une rue, le corps entièrement enflammé, puis à terre en train de se consumer sous le regard de passants. Son corps est ensuite évacué par les forces de l’ordre. Les autorités locales n’étaient pas joignables pour commenter ces informations.

L’homme, du nom de Tashi Rabten, était âgé d’une trentaine d’années, selon l’association, qui précise que sa femme, deux de ses enfants et d’autres membres de sa famille ont été placés en détention par la police locale après avoir réclamé la restitution du corps.

« Après avoir perdu un père et un mari, la famille de Tashi Rabten se trouve à présent en détention. La cruauté de ce système ne connait pas de bornes », a dénoncé dans un communiqué une autre association, Free Tibet. « Le seul crime qu’elle a commis est d’être la famille de quelqu’un qui a embarrassé la Chine en rappelant une fois encore que son occupation et ses violations des droits de l’Homme étaient une vraie source de souffrance pour les Tibétains. Et cela pousse parfois les Tibétains à commettre le sacrifice ultime », a accusé Free Tibet.

Selon la Campagne internationale pour le Tibet, Tashi Rabten, un ancien moine, a mis fin à ses jours dans la même rue et dans les mêmes circonstances qu’une membre de sa famille en mars 2012

 
 

11 Décembre 2016

Malgré la politique agressive de la Chine, les Tibétains se battent pour leurs terres…

De plus en plus de rapports de relocalisations forcées de communautés rurales tibétaines dans des régions riches en ressources, privant ces dernières de moyens de subsistance et de sécurité alors que les autorités chinoises continuent la réquisition de terres pour poursuivre leurs projets de développement.

Selon l’ONG : TCHRD – Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie -, les Tibétains du canton de Yenmon du comté de Dechen, dans le Yunnan ont reçu l’ordre de déménager dans un avis public le mois dernier. 200 foyers sont menacés afin de faire place à la construction d’un barrage sur le Dzachu – rivière Mekong / Lancang – qui coule près du canton.

Un cas similaire a été signalé à Huafengping, un autre village dans le comté de Dechen où les villageois ont contesté l’ordre. Les résidents ont présenté une pétition indiquant que les autorités locales n’avaient pas obtenu leur consentement pour un plan de réinstallation. La pétition demandait aux autorités locales de tenir des réunions sur le plan de réinstallation pour aborder les questions connexes de rémunération, de logement et de subsistance.

Cependant les chances que la pétition en faveur des Tibétains soit entendue sont minces, le projet étant détenu et géré par l’Etat chinois.

Malgré des préoccupations environnementales croissantes sur le plateau tibétain, la Chine envisage davantage de barrages et le développement d’infrastructures dans son 13ème plan quinquennal (2016-2020) dans les préfectures autonomes tibétaines situées  dans le Yunnan, le Qinghai et le Sichuan.

La Chine projette la construction de barrages à grande échelle comme moyen de répondre à ses besoins énergétiques.

“ L’approche agressive de la Chine pour atteindre son objectif prioritaire de production d’énergie et de réduction du carbone verra plus de déplacements et de réinstallations des Tibétains vers des conditions de vie improductives, leurs droits coutumiers à la terre et la sécurité alimentaire  peu ou pas du tout pris considération” selon la déclaration TCHRD dans son rapport.

Il est aussi indiqué dans ce rapport que de nombreux barrages et projets d’infrastructure en Chine sont exécutés sans  évaluation d’impact environnemental (EIE) appropriée.

 
 

11 Décembre 2016

« Le bouddhisme tibétain sous les bulldozers » : par Nicolas Ancelin, dans Géo

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Les pelleteuses et les tronçonneuses, encadrées par des forces de sécurité, n’ont fait qu’une bouchée de centaines de maisonnettes peintes en rouge où vivaient les religieux de Larung Gar, l’un des plus grands centres d’études du bouddhisme tibétain au monde, rapporte le New York Times. Les démolitions, orchestrées par Pékin, ont commencé le 20 juillet dernier dans cette vallée isolée à 4000 mètres d’altitude dans la province chinoise du Sichuan, à 2 000 kilomètres au nord-ouest de Lhassa. Les autorités chinoises ne font pas mystère de leur objectif : réduire de 10 000 aujourd’hui à 5 000 le nombre des résidents de ce lieu, considéré comme un foyer de dissidence par le gouvernement, où GEO s’était rendu en 2014. Voici le reportage que nous avions alors publié.

Un vent glacé balaye le clair obscur du petit matin. L’herbe pelée scintille de givre. Nul arbre à l’horizon. Rien que le moutonnement infini de dômes érodés entrecoupés de vallées caillouteuses. Çà et là, dans la montagne, des lignes de drapeaux de prière défraîchis, aux allures de toile d’araignée géante. A mesure qu’on s’enfonce dans l’ancienne province de Kham, on les trouve suspendus au passage des cols, sur les collines et les ponts, aux carrefours ou aux toits des fermes et des temples. Pour les Tibétains, le vent qui caresse les formules sacrées et les vœux altruistes imprimés sur l’étoffe, les disperse dans l’espace et les transmet à tous les êtres vivants rencontrés dans sa course.

Depuis la ville de Chengdu, capitale de la province chinoise du Sichuan, à deux jours d’une route souvent réduite à l’état de piste défoncée, ces chapelets de tissu aux couleurs vives balisent l’itinéraire jusqu’à Larung Gar. Sous ce nom quasiment inconnu en Occident s’est développé, depuis 1980, l’un des plus grands centres d’enseignement du bouddhisme tibétain. Entre 10 000 et 12 000 étudiants – les statistiques fiables font défaut – y vivent dans des centaines de cabanes peintes en rouge étagées à flanc de montagne. Deux bâtiments d’enseignement, l’un réservé aux femmes l’autre aux hommes, ont vu le jour ainsi que plusieurs temples, dont les grands moulins à prières couverts de cuivre brillent sous le soleil. Isolée à 4 000 mètres d’altitude, coupée du monde par la neige plusieurs mois par an, cette cité universitaire s’impose, par son rayonnement spirituel, comme un îlot de résistance religieuse aux persécutions subies par les Tibétains depuis soixante ans. Etablie dans le nord du Kham, une des anciennes provinces du Tibet « historique », à 2 000 kilomètres de Lhassa, la capitale de la région autonome du Tibet, Larung Gar reflète aussi la différence de traitement que Pékin réserve aux Tibétains. Ceux qui habitent la région autonome subissent une répression permanente et sans concession ; les autres, ceux des provinces intérieures, comme celle du Kham, bénéficient, eux, d’une relative indulgence entre deux accès d’autoritarisme.

Bienvenue sur les versants désertiques et inhospitaliers des montagnes du Sichuan

6 heures 30. La note grêle et basse d’un gong déchire le silence et donne le signal du réveil. Blotties les unes contre les autres comme pour se tenir chaud en ce matin d’automne glacial, les maisonnettes où vivent moines et nonnes, dans des quartiers séparés, s’illuminent de l’intérieur. Aux premiers rayons du soleil, une prière retentit depuis l’école des hommes, longue litanie d’incantations récitées sur un rythme accéléré. Bientôt, emmitouflés dans leur robe grenat, des tablettes de bois en guise de cartable sous le bras, des étudiants pressés dégringolent les venelles par petits groupes pour se rendre à leurs cours. Dans les rues de terre battue, tirant des remorques cahotantes surchargées de briques et de sacs de ciment, des tracteurs crachotent leur fumée noire avec un bruit saccadé d’hélicoptère.

Sur les hauteurs, un troupeau de yaks ondule d’un pas tranquille devant la petite cahute où Khenpo Jigmé Phuntsok, l’homme qui fonda cette institution hors du commun il y a plus de trente ans, avait l’habitude de venir méditer. « Au Tibet, Jigmé Phuntsok était le plus célèbre lama, explique Robert Barnett, directeur d’études à l’université de Columbia et spécialiste du Tibet contemporain. Et son influence reste considérable aujourd’hui. » Né en 1933 dans une famille de nomades golok, il fut identifié à l’âge de 2 ans comme la réincarnation d’un grand maître de la tradition nyingma (« l’école des anciens », dont les enseignements furent les premiers à s’implanter au Tibet au VIIe siècle). Jigmé Phuntsok était aussi un « tertön », c’est-à-dire un découvreur de trésors spirituels. Doué de pouvoirs mystiques, il était réputé capable de retrouver des enseignements volontairement cachés au VIIIe siècle par le fondateur du bouddhisme tibétain, l’Indien Padmasambhava. « C’était quelqu’un qui faisait forte impression, un homme d’un immense charisme, ayant atteint une grande réalisation spirituelle », confirme Philippe Cornu, spécialiste de l’anthropologie des religions, chargé de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales et auteur d’ouvrages sur le bouddhisme.

L’homme devait avoir un sacré flair, et aussi beaucoup de volonté pour choisir ces versants désertiques et inhospitaliers des montagnes du Sichuan comme terre d’élection d’un projet culturel de grande envergure : fonder un institut d’études bouddhistes œcuménique ouvert sur le monde ; revitaliser la culture tibétaine, transmettre les enseignements du Dzogchen (le chemin de la grande perfection), la tradition tantrique la plus vénérable, mais aussi relancer le travail d’érudition sur les textes anciens… En bref, assurer la transmission d’un héritage spirituel. En 1980, il y avait urgence. La révolution culturelle chinoise (1966-1974) n’avait épargné aucun recoin de l’immense République populaire. Sur les hauts plateaux de cette province où, dans les années 1960, les cavaliers khampas furent les derniers résistants à l’occupant chinois, les gardes rouges avaient sévi. Comme après l’invasion du Tibet, en 1950, une vague de destructions balaya la région. Monastères dynamités, bibliothèques parties en fumée, moines envoyés par milliers dans des camps de rééducation… Se glissant dans la très relative libéralisation qui suivit la disparition de Mao, en 1976, Jigmé Phuntsok en profita, en 1980, pour créer à Larung Gar l’institut de Serthar, du nom de la ville la plus proche, à une quinzaine de kilomètres dans la vallée. La disposition des montagnes, la circulation de l’air et de l’eau des sources, l’harmonie des flux d’énergies avaient fait depuis longtemps de cet endroit isolé et paisible un ermitage réputé. Les autorités chinoises accordèrent à l’école le statut d’établissement d’enseignement et non celui d’institution religieuse. Lors de sa fondation, en 1980, ils n’étaient qu’une petite centaine de disciples. En baptisant entre eux « gar » (« campement »), leur institut, les premiers moines s’inscrivaient dans la tradition des universités itinérantes. L’intérieur spartiate des cabanes où vivent moines et nonnes est décoré des portraits de Jigmé Phuntsok. Sa photo, dans un cadre monumental surchargé de dorures et de draperies, domine aussi le patio des deux principaux bâtiments de l’institut. Dix ans après sa mort, le maître accompagne toujours la vie quotidienne des étudiants de Larung Gar. Une vénération proche du culte de la personnalité. A la moindre occasion, on offre aux visiteurs de passage des cartes plastifiées à son effigie.

« Contribuer au bien d’autrui »

L’aura de Jigmé Phuntsok n’a cessé de grandir au cours des années, l’enseignement non sectaire des différentes écoles du bouddhisme tibétain que proposait son institut faisant affluer les adeptes. En 1987, le maître, accompagné de centaines de disciples, entreprit un pèlerinage dans les montagnes sacrées de Wutai, dans la province du Shaanxi, à près de 2 000 kilomètres au nord-est de Larung Gar. Ce voyage accrut encore sa popularité. Six ans plus tard, une tournée mondiale ponctuée de conférences aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Japon, à Hongkong et dans plusieurs pays européens dont la France, lui assura le soutien financier de membres influents de la diaspora tibétaine et de donateurs privés. Cet argent lui permit, à son retour, d’entreprendre un nouveau programme de constructions.

Assis en tailleur dans un coin de la grande salle d’étude de l’école des hommes, où règne un silence studieux, Chimé Dorjé, 21 ans dont déjà six d’études à Larung Gar, s’exprime d’une voix douce et ferme. Lorsqu’il évoque la mémoire du maître, qu’il n’a pourtant jamais croisé, son visage s’illumine d’un fin sourire. « Les deux messages clés transmis par Yishin Norbu (le terme par lequel les disciples désignent Jigmé Phuntsok et qui signifie “le joyau qui accomplit les souhaits”) m’accompagnent à chaque instant, explique-t-il. D’abord, toujours garder dans le cœur la temporalité des choses d’ici-bas, leur caractère illusoire et non permanent. Ensuite, contribuer au bien d’autrui. » Avec ce dernier point, on touche à l’essence même du bouddhisme tibétain : faire vœu d’aider tous les êtres à franchir l’océan de l’existence ; les secourir et leur permettre, à eux aussi, d’atteindre l’éveil et la fusion avec l’esprit du Bouddha.

Des novices de 15 ans qui chahutent un peu pendant l’étude. De vieilles nonnes ridées ployant sous des bidons d’eau. De rudes paysannes khampas aux pommettes rougies par l’air sec de l’altitude. A Larung Gar, on croise beaucoup de femmes. Plusieurs sources indiquent qu’elles seraient même plus nombreuses que les hommes. Dans une société tibétaine très patriarcale, voire machiste, où l’éducation religieuse des filles est souvent négligée, Larung Gar s’est signalé dès sa création par la qualité de la formation qu’on leur réservait. Pour la première fois, elles pouvaient atteindre le titre de khenpo (abbé), d’ordinaire réservé aux hommes, accessible après au moins neuf années d’études supérieures. La réputation de Larung Gar s’est donc vite répandue dans la région mais aussi beaucoup plus loin. Pour ces femmes, l’institut Serthar représente un nouveau départ. Kiu Sua, une Chinoise de 45 ans, aux cheveux ras, qui s’exprime dans un anglais hésitant faute de pratique, se rappelle sans nostalgie de son ancienne vie : « Je travaillais dans une galerie d’art à Pékin, raconte-t-elle. J’étais bien payée mais quelque chose ne tournait pas rond pour moi. J’étais bouddhiste mais je pratiquais peu, jusqu’au jour où une amie m’a parlé de Larung Gar. Nous avons décidé de nous y rendre en touristes et peu après j’ai décidé d’y revenir étudier. C’était en 2006 et je n’en suis plus repartie. Ici, j’ai trouvé la paix ».

De nombreux disciples non tibétains

Comme Kiu Sua, des centaines de Chinois, hommes et femmes, ont fait ce choix, s’arrachant à leur vie citadine pour étudier quelques années à Larung Gar, certains faisant vœu d’y consacrer le reste de leur existence. Le nombre de disciples non tibétains, originaires de toute la Chine, est estimé à environ 10 %, conséquence d’une ruée vers des trésors spirituels soudain accessibles. « Depuis une vingtaine d’années, on assiste à un renouveau de la pratique religieuse dans toute la Chine, explique Laurent Deshayes, chercheur spécialiste de l’histoire du bouddhisme tibétain à l’université de Nantes. Et le caractère non déiste du bouddhisme séduit beaucoup de Chinois han, surtout dans les milieux intellectuels. »

Des grappes de moinillons drapés dans leur robe grenat sirotent du thé brûlant, penchés sur les textes qu’ils étudient, ou pouffent de rire en se chuchotant des blagues à l’oreille. Pendus à leur téléphone portable, la main sur le front et l’air absorbé comme des financiers de la City, certains moines sont lancés dans d’interminables conversations. Par contraste, le silence qui règne dans la grande salle d’étude où se réunissent plusieurs centaines d’étudiants a quelque chose de surnaturel. Ce mélange de ferveur tranquille et de vivacité surprend ceux qui imaginent les bouddhistes comme des gens calmes et réservés en toutes circonstances. En témoigne la scène qui se joue, en cette fin d’après-midi, sur l’esplanade face à l’école des hommes. Une dizaine d’étudiants se font face, la moitié assis sur le sol, les autres debout dans ce qui ressemble de loin à un pugilat ponctué de grands éclats de voix. Les moines debout tapent dans leurs mains, font des moulinets avec leurs bras, crient, s’esclaffent dans des envolées d’étoffes, se penchent vers leurs vis-à-vis en hurlant d’un air accusateur et menaçant, lesquels répondent sur le même ton, pointant l’index, criant plus fort encore. Aucune bagarre en réalité, mais seulement la tradition du « débat » de fin de journée. Une sorte de quiz verbal sur des questions de doctrine, dont le but, pour les maîtres, est de « coller » les novices afin de leur faire prendre conscience de leur ignorance quand ils ont tort… ou de les inciter à ne pas se laisser impressionner quand ils ont raison.

Premières destructions en 2001

Malgré ce quotidien insouciant, la vie ne s’est pas toujours déroulée paisiblement à Larung Gar. La popularité de Jigmé Phuntsok, le succès de son institut et ses déplacements à l’étranger ont eu le don d’irriter Pékin. En 1994, il fut interdit au maître de quitter le pays sous prétexte des liens qu’il avait noués, lors d’un voyage en Inde, avec le dalaï-lama. Ce tour de vis opéré par le gouvernement alors dirigé par Jiang Zemin concernait d’ailleurs l’ensemble du Tibet historique : en 1997, des « unités de travail patriotique par l’éducation » furent envoyées dans tous les monastères. Objectif : forcer les moines à dénoncer leur chef spirituel et à faire serment d’allégeance au Parti. A Larung Gar, des fonctionnaires locaux imposèrent des cours de rééducation idéologique. La liberté de mouvement de Jigmé fut restreinte à la seule province du Sichuan et on lui imposa de réduire d’urgence le nombre d’étudiants à 1 400… Menaces, rapports, injonctions et ultimatums se succédèrent jusqu’en juillet 2001. En vain. Alors arrivèrent des engins de chantier escortés par des camions de soldats en armes accompagnés de membres des brigades de rééducation patriotiques. Munis de pinceaux et de pots de peinture, ceux-ci se mirent à tracer les mots « à détruire » sur des centaines de cabanes alors que la panique gagnait moines et nonnes. Dorjé Kalsang, 78 ans, dont huit de méditation solitaire au fond d’une grotte, n’a rien oublié de ces journées terribles. Barbiche blanche et lunettes cerclées d’acier, mince silhouette voûtée qui ponctue ses phrases en agitant une béquille de bois, le vieil homme enseigne aujourd’hui dans un petit monastère, à une journée de piste de Larung Gar, au-dessus du hameau de Ka Lao, nid d’aigle à flanc de montagne. « A grands coups de pieds dans les portes, les policiers ont fait irruption dans nos habitations, se souvient-il la voix vibrante d’émotion. Ils hurlaient que tout ça était illégal et que nous devions décamper immédiatement si nous ne voulions pas être ensevelis avec nos maisons, qu’ils avaient ordre de démolir. » Dorjé marque un temps d’arrêt puis ajoute, d’une voix soudain apaisée : « Je crois que la puissance spirituelle du maître était à cette époque devenue si importante qu’elle faisait peur au gouvernement ».

Méthodiques, les destructions durèrent plusieurs semaines, réduisant à l’état de décombres des centaines de maisonnettes, tandis que près de 7 000 personnes étaient expulsées manu militari. Les nonnes d’origine chinoise furent les plus affectées car sans famille au Tibet et ayant tout quitté pour rejoindre Larung Gar, elles se sentaient perdues. Des témoignages indiquent que plusieurs se suicidèrent de désespoir, beaucoup d’autres se mettant à mendier le long des routes ou dans les villages alentours pour survivre.

Peu à peu, les étudiants sont revenus par milliers

Quant à la santé de Jigmé Phuntsok, profondément affecté par le coup de force, elle se détériora. Transféré dans un hôpital militaire de Chengdu, il y demeura en résidence surveillée de longs mois avant d’être autorisé, en 2002, à regagner l’institut, sous étroite surveillance. A nouveau hospitalisé fin 2003, le maître s’éteignit le 6 janvier 2004, officiellement des suites d’une déficience cardiaque. « Le bruit court qu’il a été empoisonné… » confie Katia Buffetrille, une ethnologue spécialiste de la culture tibétaine qui passe beaucoup de temps sur le terrain.

Aujourd’hui, les cabanes de bois ont été reconstruites. La rue principale est désormais goudronnée. Une école réservée aux femmes, deux temples, une maison de thé et même un hôtel ont vu le jour. Un dispensaire et un petit supermarché sont en cours de construction. La ruche paisible s’est remise à bourdonner. Contrairement à ce qui avait été prévu, l’institut d’études bouddhistes a survécu à la disparition de son fondateur, se jouant des tracasseries administratives et des pressions policières. Peu à peu, les étudiants sont revenus par milliers.

Les bienfaiteurs aussi. Le succès de Larung Gar tient en effet largement à un réseau de généreux donateurs, et ce depuis la création de l’institut. « Jigmé Phuntsok, du fait de son immense charisme, a reçu beaucoup de donations de la part de Tibétains comme de Chinois », rappelle l’ethnologue Katia Buffetrille. Quant à la province du Sichuan, elle compte parmi les plus riches du pays. « C’est un peu la Toscane de la Chine, précise Jean-Luc Domenach, sinologue et directeur de recherches à l’Institut d’études politiques de Paris. Des villes comme Chengdu ou Chongqing ne manquent pas de riches Tibétains prêts à jouer les mécènes. » A qui les moines doivent-ils ce semi-remorque rempli de cartons de thé – plusieurs tonnes – qui parvient régulièrement jusqu’au centre de Larung Gar ? Son déchargement en pleine rue donne lieu à une foire d’empoigne bon enfant, une foule compacte tendant les bras autour du camion, chacun étant certain de repartir avec plusieurs semaines de consommation gratuite sous le bras. Le donateur serait un Chinois qui souhaite rester anonyme. Quant aux cabanes des disciples, elles auraient été financées par un homme d’affaires local… avec la bénédiction des autorités.

Si Pékin décide à nouveau de sévir, tout peut basculer…

Cette tolérance officielle constitue l’autre explication de la prospérité de Larung Gar : sans l’assentiment implicite des Chinois, jamais ce haut lieu de l’identité tibétaine n’aurait pu ressusciter. « On se trouve en présence du même système de contrat tacite que celui qui prévalait dans l’est du Tibet avant le soulèvement de la région autonome en 2008, indique le spécialiste Robert Barnett. La Chine tolère les monastères mais rend les lamas responsables de ce qui s’y passe. » Autrement dit, à eux de persuader leurs ouailles d’éviter toute activité politique sous peine de fermeture immédiate. L’histoire récente l’a montré. « En bien des endroits, cette approche du donnant donnant a été remise en cause après 2008 au profit d’une répression policière et d’un contrôle direct, poursuit le chercheur. Mais pas partout : il faut imaginer le Tibet comme un patchwork où les situations peuvent varier considérablement d’une région à l’autre. La situation de Larung Gar est donc très fragile. » Du jour au lendemain, si Pékin décide à nouveau de sévir, tout peut basculer…

Prudence oblige, la cité universitaire est un endroit où l’on parle peu de politique. La plupart des étudiants évitent d’aborder les sujets qui fâchent comme l’action du gouvernement tibétain en exil ou la perspective, un jour, d’une indépendance du Tibet. Mêmes précautions lorsqu’on évoque avec eux l’éventualité d’une extension de la cité et l’arrivée de nouveaux disciples. « Impossible ! » tranche calmement Chogyal, un jeune lama de 27 ans, qui ajoute avec un sourire énigmatique : « Il n’y a plus de place ». Difficile à croire. Tel un jeu de construction laissé en plan, les petites maisons de bois rouge s’arrêtent brusquement à flanc de montagne alors que le terrain libre pourrait en accueillir deux fois plus. L’accord avec les autorités locales a, semble-t-il, des limites. Le nombre des résidents de l’institut aurait-il été gelé en échange de sa survie ? Un arrangement qui satisferait tout le monde, y compris certains fonctionnaires provinciaux, qui continueraient, selon les confidences de plusieurs bons connaisseurs de la question, à prélever une dîme sur l’argent investi à Larung Gar. L’Etat chinois ensuite, soucieux d’éviter l’agitation des esprits et la contagion identitaire. « Lorsque la religion est tranquille, la main de la répression se fait plus molle », souligne le sinologue Jean- Luc Domenach.

A quelques kilomètres de l’école bouddhiste, sur des pentes couvertes d’une herbe rase, le lama Chogyal se rend en un lieu où Jigmé Phuntsok aimait se recueillir. Les flux d’énergie passent pour y être propices à une bonne concentration. L’endroit, désormais, accueille des hôtes d’un autre genre. Des dizaines de vautours tournoient dans l’azur, portés par un vent léger. C’est le site choisi pour offrir à ceux qui meurent à Larung Gar le rituel du « jator », les « funérailles célestes ». Donné en pâture aux rapaces, le défunt est dévoré en moins d’une heure. Entre les battements d’ailes et les claquements de becs acérés, on entend craquer les membres qui se brisent. Une fois repus, les vautours regagnent leurs nids dans les montagnes. L’enveloppe charnelle s’envole ainsi dans le ciel par petites bouchées, assurant le cycle de la vie. Les os eux-mêmes, réduits en morceaux par le « ragyapa », le maître officiant, finissent dans la panse des oiseaux. Assis dans l’herbe, les proches assistent à la cérémonie. Insoutenable et sublime.

D’autres ombres planent sur Larung Gar. Toujours sous la menace des autorités chinoises, l’école fondée par Jigmé Phuntsok n’est pas non plus à l’abri de catastrophes comme l’incendie qui a détruit, en janvier dernier, des centaines de maisons. « Larung Gar va encore grandir, prédit pourtant le lama Chogyal. Pas en taille mais en importance spirituelle. » Elle reste portée par ce mélange subtil de résilience, de compassion et de fermeté qui inspire ses disciples. Une forme de courage que les Tibétains appellent « l’os du cœur ». Coriace, cet os-là n’est pas de ceux que les vautours digèrent.

 
 

11 Décembre 2016

Dolma Tso, jeune Tibétaine, libérée après trois ans de souffrances dans les geôles chinoises.

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Notre association France Tibet est heureuse d’apprendre ce 4 décembre 2016, la libération de Dolma Tso, Tibétaine emprisonnée pendant 3 ans, ce dimanche par les autorités chinoises. Elle a été reçue très chaleureusement par ses compatriotes.

15272055_10154413614064818_1832698362334547531_oDolma Tso avait été condamnée à trois ans d’emprisonnement, suivis de trois ans de privation de ses droits politiques, le 3 décembre 2013 dans la préfecture autonome tibétaine d’Aba dans la province du Sichuan (Meruma, canton de Ngaba, province d’Amdo). Elle avait été condamnée pour « homicide volontaire » pour avoir incité Kunchok Tseten à l’auto-immolation.

Kungam, frère de Dolma Tso, avait, à l’époque, déclaré aux médias que la générosité de sa soeur l’avait naturellement poussée à transporter le corps calciné de son voisin Kunchok Tseten dans son véhicule, afin de ne pas l’abandonner. Ce simple acte humanitaire a été déformé pour correspondre aux accusations politiquement motivées du gouvernement chinois.

Dolma Tso s’ en était également expliquée, en signe de protestation aux autorités chinoises, précisant qu’elle n’avait pas été impliquée dans cette auto-immolation. « Je n’ai pas tué Kunchok Tseten. Il est mort de son auto-immolation. Quand je suis venue chercher son corps, il était déjà mort. J’ai simplement levé son corps pour le mettre dans le véhicule. »

Les autorités chinoises ont pour politique de saisir immédiatement les corps des personnes qui se sont immolées par le feu et de ne pas les rendre à leur famille. Amnesty Internationale et d’autres ont lancé plusieurs campagnes pour sa libération.

Dolma Tso a été passée à tabac et torturée pendant les trois années de sa détention. En décembre 2015, les autorités de la prison pour femmes de Chengdu avaient demandé à la famille de Dolma Tso, de donner son consentement pour qu’elle subisse une opération médicale. Dolma avait dans le même temps envoyé une lettre déclarant qu’elle n’avait pas de problèmes de santé et demandait que personne ne signe de documents de consentement en son nom. Il y avait des craintes que Dolma soit soumise à des procédures médicales inutiles qui auraient pu mettre sa santé en danger. Dolma Tso n’a  eu accèsni  à sa famille, ni à un avocat, pendant toute la période de sa détention.

Nous lui souhaitons bon retour dans sa famille.

 
 

11 Décembre 2016

Le pouvoir chinois pense que Trump ne rencontrera pas le Dalaï Lama

Citant des experts chinois, le Global Times a annoncé que le souhait exprimé par le Dalaï Lama de pouvoir rencontrer le futur président américain pourrait bien ne jamais voir le jour. L’organe de presse relayait ainsi des analyses considérant que Donald Trump était trop absorbé dans l’élaboration de sa politique économique de redressement et de sa doctrine de politique étrangère et qu’il n’appartenait pas aux cercles élitistes impatients d’obtenir une rencontre avec le leader tibétain.

L’article citait ainsi le professeur Li Haidong qui enseigne au sein de l’Institut des Relations Internationales de l’Université Chinoise des Affaires étrangères qui déclarait : « Le Dalaï Lama peut tout à fait emporter le soutien de certaines élites américaines, cependant Trump a été décrit comme un président anti-système et anti-élites et il ne rencontrera probablement pas le Dalaï Lama » avant d’ajouter qu’« une quelconque rencontre ne participerait en rien à la promotion de sa nouvelle politique ».

Le 23 novembre dernier, à la fin de sa visite de six jours en Mongolie qui s’est déroulée en dépit des vigoureuses oppositions des autorités chinoises, le Dalaï Lama a déclaré qu’il n’était aucunement préoccupé de l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis d’Amérique et qu’il aimerait aller rencontrer le nouveau président. Il pense en effet qu’en dépit des déclarations tenues lors de la campagne électorale, qui lui avaient valu de fortes critiques de la part des groupes de défense des droits de l’homme, le businessman américain adaptera sa politique aux réalités du monde contemporain.

Geng Shuang, le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, avait réagi au souhait de rencontre de Donald Trump exprimé par le Dalaï Lama en affirmant que le leader spirituel tibétain en exil parcourait le monde en quête d’audiences avec les chefs d’états étrangers dans l’optique d’altérer les relations que ceux-ci entretiennent avec la Chine.

 
 

11 Décembre 2016

Réprobation suite aux insultes racistes proférées par une Chinoise Han à l’encontre des Tibétains

Capture d’écran de la vidéo virale postée par une Chinoise

Dharamshala, le 22 novembre –Les Tibétains, en particulier ceux en Chine et au Tibet, ont dénoncé une vidéo postée sur les réseaux sociaux chinois par une Chinoise, qui y tient des propos racistes et discrédite les Tibétains en tant que Peuple.

Une Chinoise Han de Shanghai a posté une vidéo sur les réseaux sociaux chinois en début de semaine dernière dans laquelle elle profère des insultes racistes à l’encontre des Tibétains. Elle les y traite de barbares, étrangers à toute culture, et les compare à des « déchets » et à de « vulgaires villageois « .

Si l’on en croit la traduction d’un internaute tibétain, la Chinoise, dans sa vidéo virale de plus d’une minute, questionne : « Savez-vous ce qu’est la culture ? » et fait état de « Cet endroit arriéré, primitif et reculé appelé Tibet. »

Dénigrant plus avant le Tibet en tant que nation, la femme ajoute, « Vous, vulgaires villageois, insuffisamment éduqués pour parler chinois, vous m’entendez ? Vous méritez d’être foulés aux pieds par les Han. » Elle renchérit que le Tibet parasite devrait être rayé de la carte de la Chine sur le champ.

Même si ces propos xénophobes émanant d’une seule personne ne sont guère préoccupants à plus grande échelle, ils ont malgré tout suscité la réponse de Tibétains, au Tibet et en Chine, pour condamner les points de vue exprimés.

De nombreux Tibétains au Tibet et en Chine, y compris des étudiants, ont exprimé leur condamnation de ce qu’ils considèrent comme « les idées totalement erronées d’une Han chauvine ». Certains ont manifesté leur mépris envers ces opinions par l’humour, tandis que d’autres ont exigé des excuses pour ces commentaires blessants, voire même « une action en justice de la Chine contre de tels propos ».

Un étudiant taïwanais, Penghsuan Lee, coordonateur du réseau International Tibet Network pour l’Asie de l’Est, a écrit sur Facebook que de tels commentaires sont « un exemple de la culture actuelle, maladivement arrogante, de la Chine, et qu’ils devront un jour ou l’autre en assumer les conséquences ».

Un célèbre activiste tibétain, Tendor, ex président de Students for a Free Tibet, a écrit sur Facebook : « Une Chinoise de Shanghai fait l’objet d’une attaque en règle pour avoir proféré un chapelet d’insultes contre les Tibétains. Mais il y une chose dans ses propos que je soutiens totalement, à savoir que le Tibet devrait être rayé de la carte de la Chine. Rien ne nous rendrait plus heureux que d’être libérés du dernier empire colonial sur terre. »

Dans un monde connecté qui fait la part belle au numérique et où l’utilisation des réseaux sociaux comme arme politique est devenue la nouvelle norme partout dans le monde, des posts comme celui-ci constituent une plateforme pour des questions rarement abordées à la table officielle. Selon Business Insider, une moyenne de 1,8 milliard de posts –vidéos, photos et textes- sont mis en ligne chaque jour en Chine à travers les réseaux sociaux les plus connus.

 
 

11 Décembre 2016

Vingt Tibétains arrêtés pour s’être opposés aux compagnies minières dans le comté de Dechen

Des policiers chinois empêchent les manifestants tibétains de bloquer la route, Comté de Dechen, 17/11/201. Source -Radio Free Asia.

Dharamshala, le 18 novembre : Les autorités chinoises du comté de Dechen, dans la préfecture autonome du Tibet de Dechen au Yunnan, ont arrêté vingt Tibétains au cours de manifestations contre l’exploitation minière jeudi dans le village de Yangdro.

Selon Radio Free Asia, les Tibétains manifestaient leur opposition en empêchant un camion de pénétrer dans la zone minière. Des policiers chinois et des militaires en armes ont réprimé la manifestation et procédé à l’arrestation de vingt Tibétains, dont des femmes.

La situation est tendue, et nous ne disposons d’aucune autre information en raison des restrictions de communication.

Il y a eu par le passé des protestations massives contre l’exploitation des mines par les compagnies chinoises, après la dénégation ferme par le gouvernement chinois des risques pour l’environnement, et l’emprisonnement de manifestants.

En mai dernier, dans le comté de Minyak, une bonne centaine de Tibétains ont protesté contre l’exploitation de mines sur des terres sacrées par une compagnie chinoise. Des forces chinoises avaient été déployées et le mouvement réprimé.

Les organisations de défense de l’environnement indépendantes comme Greenpeace ont fait observer que le plateau tibétain était clairement exploité dans le but d’ouvrir la région à des activités minières. Activités qui conduisent à la pollution des eaux, à la destruction de l’environnement naturel et au déplacement des communautés nomades.

 
 

11 Décembre 2016

NGABA ( TIBET ) : Sans nouvelles de deux jeunes Tibétaines qui avaient défié le règlement …

Tenant une photo du leader spirituel en exil, le Dalaï Lama, deux jeunes Tibétaines ont marché en signe de protestation dans la ville de Ngaba au Sichuan le 15 novembre dernier, défiant les règles imposées par Pékin, selon des informations reçues par le service Tibet de la RFA.

Les deux femmes sont visibles dans une vidéo qui a été envoyée à la RFA et à la presse tibétaine en exil : elles marchent dans la rue principale près du monastère de Kirti, criant « Longue vie au Dalaï Lama ».

Leurs identités et l’endroit où elles se trouvent actuellement sont toujours inconnus, et la RFA n’a pas pu joindre d’autres sources dans la région afin d’ obtenir confirmation.

Dans une déclaration publiée le 16 novembre, International Campaign for Tibet (ICT) basée à Washington, annonce que deux moines du monastère de Kirti, basés en Inde et ayant des contacts à Ngaba, ne savent pas si les deux femmes ont été arrêtées.

« Mais nous savons que les autorités locales de Ngaba n’ont jamais laissé faire de manifestation pacifique dans les rues depuis 2008. » ont déclaré les deux moines, cités par l’ ICT.

« Même s’il y une faible probabilité qu’elles n’aient pas encore été arrêtées, les forces armées seront déployées afin de pourchasser ces contestataires. »

« Les tensions sont toujours très fortes à Ngaba, » ont-ils ajouté.

La ville de Ngaba a été le lieu de plusieurs immolations et de manifestations de moines, anciens moines et nonnes opposées aux lois chinoises dans les territoires tibétains.
Les autorités ont déjà sévi en 2011 au monastère de Kirti, chassant du monastère des centaines de moines, les envoyant en « ré-éducation politique », alors que les Tibétains qui avaient chercher à protéger les moines avaient été battus et arrêtés, selon des déclarations précédentes.

 
 

1er Décembre 2016

Comment un ver de terre devenu le caviar du Tibet…est maintenant presque en voie de disparition

caviar

 

Comment un ver de terre est devenu le caviar du Tibet
Le yartsa est un « champignon-chenille » qui s’arrache en Chine pour ses vertus médicinales. Rançon du succès, il est désormais en voie de disparition.

Il faut compter environ 20 000 euros pour un kilogramme de vers de terre tibétains. © Liu Kun / XINHUA/ Liu Kun

On l’appelle le yartsa gunbu. Pas plus grand qu’une épingle, pas plus épais qu’un escargot, ce ver de terre* rongé par un champignon est une véritable mine d’or pour ceux qui le dénichent sur les pentes tibétaines. L’engouement que suscite ce « champignon-chenille » est dû à la médecine chinoise qui lui confère des vertus extraordinaires. Généralement consommé en soupe, il soignerait de l’asthme jusqu’au cancer. Voire le sida, assurent certains sans sourciller. Il aurait même des qualités aphrodisiaques. Posséder des yartsas chez soi confère un certain statut social, rapporte la BBC. On les offrirait même en gage dans la haute société chinoise.

Il suffit de regarder les prix au kilo du ver tibétain pour comprendre. Comptez environ 20 000 euros pour un kilogramme. C’est cinq fois plus cher que le caviar ! La livre des spécimens de très haute qualité peut atteindre jusqu’à 50 000 euros, soit environ 100 000 euros le kilo, selon un article de  National Geographic. Au Tibet, de nombreuses personnes se mettent à la recherche du précieux ver. Pour le ramasser, les paysans travaillent à genoux en raclant les terres de l’Himalaya à 4 500 mètres d’altitude. Ils doivent extirper ceux arrivés à maturité car c’est le champignon (Ophiocordyceps sinensis) qui compte. Il pousse dans le corps des vers, les tue, avant de leur transpercer la tête.

Bientôt en voie de disparition
Mais le succès du ver tibétain a un prix : il est en voie de disparition. Alors que, dans certaines régions, on pouvait en trouver facilement une centaine par jour auparavant, il est aujourd’hui difficile d’en dénicher plus de cinq. Le yartsa gunbu connaît ainsi le même sort que d’autres espèces en voie de disparition car prisées en Asie, tels le rhinocéros, dont la corne est considérée comme aphrodisiaque, le requin, prisé pour ses ailerons, ou encore le concombre de mer, dont le kilo a atteint 660 euros. La Chine ira-t-elle jusqu’à encadrer drastiquement la récolte du précieux ver de terre ?

PAR THOMAS DURAND

Publié le 01/12/2016 à 12:28 | Le Point.fr

NDLR * Au sujet de ce  » ver de terre « …il ne s’agit nullement d’un lombric …comme l’expression employée pourrait le laisser penser. Pour en savoir plus ….consulter les informations ci dessous  :

« L’or brun du Tibet », ARTE, 8 juin 2009

« L’or brun du Tibet »
Lundi 8 juin à 4h10
sur ARTE

Un documentaire réalisé par Jeanne Mascolo de Filippis [1]
Une coproduction :
ARTE France, Strawberry Films (2009-43 mn)

Enquête sur un alien du monde vivant, mi-animal mi-végétal, surnommé le « Viagra de l’Himalaya ».
Étonnante mutation entre l’animal et le végétal, le cordyceps sinensis est la combinaison unique d’une chenille et d’un champignon qui pousse à l’état sauvage sur les hauts plateaux du Tibet et en Himalaya, à plus de 4 000 mètres d’altitude. Réputé pour ses bienfaits sur le système immunitaire, il est aujourd’hui l’un des champignons les plus renommés de la médecine chinoise traditionnelle.
Le cordyceps tibétain, surnommé le « viagra de l’Himalaya« , n’est plus seulement un revenu pour les populations de nomades tibétains mais aussi pour tout un réseau de commerçants qui voient en lui un produit encore plus lucratif que le ginseng. Sa demande croissante fait qu’il se négocie autour de 25 000 euros le kilo, plus cher que l’or !

Des hautes plaines de l’Himalaya aux plus grands laboratoires chinois de Hong Kong, en passant par les petits commerçants de pharmacopée d’Asie du Sud-Est, c’est cette nouvelle ruée vers l’Or Brun et ses enjeux que ce film se propose de raconter.
Il permettra également de découvrir ses conséquences sur la vie d’une population à la culture et aux pratiques uniques : véritable symbole de mutation des traditions, sa récolte représente déjà 50% de l’économie rurale du Tibet.
La société tibétaine est remodelée, les nomades se sédentarisent avec l’argent de la récolte et la course au profit pousse les laboratoires chinois et internationaux à isoler la cellule souche qui permettrait d’en faire un médicament bien moins onéreux. Mais aucune étude clinique fiable ne permet de vérifier ces propriétés…
Du Yunnan jusqu’à Hong-Kong, enquête sur cette nouvelle ruée vers l’or.

1ères diffusions le 29 mai à 18h15 et le 5 juin à 9h10

Source : ARTE et ZED Production

[1] Jeanne Mascolo de Filippis est également l’auteur(e) ou co-auteur de différents documentaires sur le Tibet, dont « Alexandra David-Neel – Une femme au Tibet interdit » (1992, avec Antoine de Maximy), et, avec Bruno Vienne, de « Kalou, Lama pour toujours » (1995), « Tibet, regard de femmes » (1995), « Retour au Kham » (1995), « L’enfant Lama » (1995), « Tibet libre : Kalachakra » (1998), « Tibet, l’histoire d’une nation » (1998, en 2 vol. avec Snafu Wowkonowicz) et bien d’autres

image : Il faut compter environ 20 000 euros pour un kilogramme de vers de terre* tibétains.

© Liu Kun / XINHUA/ Liu Kun

 
 

1er Décembre 2016

Le Dalaï-Lama de retour chez lui après une visite au Japon et en Mongolie

Dharamsala, le 28 novembre : Le chef spirituel tibétain Sa Sainteté le Dalaï Lama est retourné à Dharamsala, après avoir conclu sa visite de 18 jours au Japon et un voyage de quatre jours en Mongolie.

Le Premier ministre tibétain Lobsang Sangay et le Président du Parlement tibétain Khenpo Sonam Tenphel, ainsi que des dirigeants et des représentants de diverses ONG et associations tibétaines, ont reçu le leader spirituel de 81 ans à l’aéroport de Gaggal.

Des centaines de Tibétains et de sympathisants se tenaient des deux côtés de la route avec des bâtons d’encens et des écharpes de cérémonie blanches pour accueillir le dirigeant tibétain.

À son retour au Japon, Sa Sainteté a visité l’Université médicale de Saitama où il a rencontré les étudiants et les facultés de l’université et de l’hôpital le 26 novembre.

À son arrivée à l’université, Sa Sainteté a présenté ses condoléances à la famille de Maruki Kiyohiro, président de l’Université, qui est décédé récemment.

« Nous savons que tout ce qui naît doit mourir un jour, mais l’important, c’est que pendant que nous vivons, nous devrions rendre notre vie significative », at-il dit, tout en se souvenant de la grande bonté des deux premières générations de la famille Maruki durant les premiers jours de l’exil tibétain.

« Maruki Kiyoyuki, ici représente la troisième génération de cette famille qui ont montré des préoccupations pour le peuple tibétain. Je tiens à vous remercier pour votre promesse de continuer à nous soutenir comme votre père et votre grand-père l’ont fait avant vous », a déclaré le chef spirituel.

Dans son allocution aux étudiants en médecine de l’université, il a dit que montrer de la bonté envers les patients tout en les traitant, est tout aussi important que la formation médicale.

Citant sa propre expérience, il a dit : « Quand je cherche un traitement, si les médecins ou les infirmières sont gentils, je me sens à l’aise. Mais, parfois, s’il donne une injection mécanique, sans s’inquiéter pour l’être humain, je me sens appréhendé. »

Le 9 décembre, le laureat du prix Nobel de la paix donnera une conférence publique au Stade Thayagraj sur « La signification de la vie et de l’éthique séculière » et un enseignement à la demande du centre de méditation Tushita à l’hôtel Ashoka de Delhi, le 11 décembre, avant de se rendre à Mundgod, dans le sud de l’Inde.

 
 

1er Décembre 2016

La Chine n’imposera pas de sanctions économiques à la Mongolie après la visite du Dalai Lama

Sa Sainteté le Dalai Lama profite d'un moment de rire alors qu'il répondait aux questions du public lors de sa conférence à la Maison de la Culture d'Oulan-Bator, le 22 octobre 2016. Photo Tenzing Paljor.

Sa Sainteté le Dalai Lama profite d’un moment de rire alors qu’il répondait aux questions du public lors de sa conférence à la Maison de la Culture d’Oulan-Bator, le 22 octobre 2016. Photo Tenzing Paljor.

Malgré la forte opposition de la Chine à la visite du Dalai Lama en Mongolie, il semble que le pays ait trop d’enjeu dans la région pour être en mesure d’imposer de nouveau des sanctions à Oulan- Bator. Le journal chinois Global Time indiquait le 20 novembre dernier que des experts pro-gouvernementaux avaient exposé que les relations sino-mongoles allait probablement se refroidir à cause de la visite du 14ème Dalai Lama en Mongolie mais que l’on s’attendait à ce que la coopération économique entre les deux pays, incluant un prêt de 4,2 milliards de dollars, ne s’arrête pas.

L’article notait également que la Mongolie était toujours en négociation avec la Chine pour l’accord sur ce prêt.

« La visite du Dalai Lama en Mongolie va certainement impacter les relations d’échange que la Chine et la Mongolie ont construites grâce à l’initiative Belt and Road » a indiqué Da Zhigang, directeur de l’Institut des Etudes Nort-Est-Asiatique à l’Académie des Sciences Sociales de Heilongjiang.

Il a expliqué néanmoins que la coopération bilatérale entre les deux pays allait continuer, ceci incluant le prêt et la construction d’un couloir économique Chine/Mongolie, le premier mécanisme de coopération commerciale multilatérale issu de l’initiative Belt and Road.

La Chine avait déjà imposé des sanctions économiques à la Mongolie en 2006 et 2011 pour avoir autorisé des visites du leader spirituel tibétain en exil. Cependant, cette fois « il est peu probable que la Chine prenne des sanctions économiques car le pays a besoin de maintenir des liens solides avec la Mongolie, qui entretient une bonne relation avec les États-Unis, la Corée du Nord et le Japon, jouant un rôle important dans l’Asie du Nord » a ajouté Da Zhigang.

L’agence officielle chinoise Xinhua, citant le porte parole du ministère des affaires étrangères Geng Shuang, a quant à elle indiqué le 2 novembre qu’en dépit des dissuasions répétées de son pays, les Mongols avaient insisté pour inviter la Dalai Lama.

Geng a indiqué que la Chine avait vivement conseillé à la Mongolie de « reconnaître la nature séparatiste du Dalai Lama et de sa clique, de montrer du respect aux intérêts centraux de la Chine et de prendre des mesures efficaces pour réduire l’impact négatif de la visite du Dalai Lama pour éviter de perturber le bon développement des relations Chine-Mongolie. »

 
 

1er Décembre 2016

La Chine saisit les passeports des Tibétains dans l’optique de les empêcher de voyager.

Les autorités dans les provinces occidentales de la Chine confisquent les passeports des Tibétains autorisés à voyager en dehors du pays. En même temps, ces autorités somment d’autres Tibétains de rentrer en Chine, dans l’optique de réduire la participation à une cérémonie en Inde prévue pour l’année prochaine, cérémonie dirigée par le Dalai Lama, selon certaines sources.

Les agents gouvernementaux des provinces de Qinghai, Sichuan et Gansu se rendent actuellement chez les Tibétains détenteurs de passeports internationaux, sous prétexte que les sceaux de ces passeports doivent être actualisés, d’après une source locale du Service RFA Tibétain.

Ces agents stipulent que les passeports seront retournés, une fois les nouveaux sceaux communaux et des autorités du village mis en place, d’après une source anonyme locale du RFA.

Une seconde sourc, indépendante de la première, stipule que cette démarche aurait pour but d’empêcher les Tibétains de participer à cette réunion religieuse prévue en Inde conduite par le chef spirituel exilé : le Dalai Lama.

« Un grand nombre de Tibétains craignent que cela soit une tentative des autorités [chinoises] pour bloquer les Tibétains qui auraient l’intention de voyager jusqu’en Inde pour assister aux enseignements de Kalachakra en Inde en janvier », précise cette source.

Kalachakra, terme qui signifie « La Roue du Temps », est un rituel qui prépare les fidèles à être réincarnés à Shambhala,  royaume céleste qui, selon la légende, va vaincre les forces du Mal dans une bataille cosmique à venir.

La cérémonie et les enseignements sont souvent dispensés en dehors du Tibet par le Dalai Lama, qui est honni de manière notoire par les dirigeants politiques chinois comme un « séparatiste »visant à soustraire le Tibet au contrôle de Pékin.

Alors que les passeports des Tibétains sont maintenant retirés à ceux qui résident dans les provinces à population tibétaine   du Qinghai, Sichuan et Gansu, “ ceux dont les  passeports présentent des visas  pour les déplacements liés au business sont exemptés de cette confiscation, et leurs passeports n’ont pas été saisis ,” toujours selon cette RFA.

Sommés de retourner à la maison

Une troisième source du Service RFA Tibétain nous indique que les Tibétains voyageant au Népal sont déjà sommés de retourner au pays.

Récemment, un groupe de Tibétains porteurs de papiers chinois en règle arrivèrent à Kathmandu au  Népal, dans le but de visiter différents sites de pèlerinage au Népal et en Inde », selon la source du RFA.

« Ils avaient aussi l’intention d’assister aux enseignements de Kalachakra à Bodh Gaya en janvier 2017 ».

« Cependant, leur famille restée en Chine les ont contactés au Népal leur disant de revenir au plus vite, car les autorités chinoises étaient venues à leur domicile leur ordonnant de mettre fin à leur voyage », selon la source, ajoutant que les autorités avaient menacé les familles des voyageurs.

« Il est également  stipulé que les agents gouvernementaux qui se sont portés garants des Tibétains détenteurs de passeports internationaux pourraient se faire renvoyer », encore d’après la source.

« Mon propre passeport n’est pas tamponné pour que je puisse visiter l’Inde », rapporte un autre Tibétain au RFA.

« Les autorités chinoises nous suspectent de vouloir nous enfuir, juste pour assister aux enseignements de Kalachakra ddonnés Dalaï Lama, mais cela n’est pas vrai », dit-il.

Rapporté par Kunsang Tenzin et Lhuboom pour les Services RFA Tibétains. Traduit par Karma Dorjee. Ecrit en anglais par Richard Finney.

 
 

1er Décembre 2016

KIRTI : Lobsang Sangye, moine, du Monastère de Kirti, libéré en très mauvaise forme, après 4 ans de prison et de tortures.

Lobsang Sangye a été libéré, affaibli, de la prison de Mianyang dans la province du Sichuan. Ce moine du célèbre monastère de Kirti a été emprisonné et torturé pour avoir distribué des photos et des vidéos du chef spirituel en exil, le Dalaï Lama. Activité évidemment considérée comme subversive par le régime chinois. Son arrestation avait eu lieu le lendemain des auto – immolations de Lobsang Kalsang et Damchoe, deux moines de 16 et 17 ans, près du monastère.

Ses proches ont été informés de sa libération mais pas autorisés à l’accueillir. Lobsang a été escorté jusque chez lui à Nagba par la police. Les groupes de défense des droits de l’homme ne voient pas en cette décision un geste de bonne foi de la Chine, mais plutôt un moyen d’éviter un autre décès de détenu, dans des prisons qui ont déjà fait parler d’elles pour le même motif.

 
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