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27 Décembre 2017

TIBET : Nouvelle immolation d’un Tibétain, près du Monastère de Kirti, dans le Comté de Ngaba.

DHARAMSHALA: Aujourd’hui,  le Dr Lobsang Sangay, président de l’Administration Centrale Tibétaine, déclare son inquiétude quant aux annonces d’une auto-immolation à Meuruma, dans le comté de Ngaba, province du Sichuan chinois, nord-est du Tibet pour les Tibétains.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre l’auto-immolation d’un homme tibétain près du monastère de Kirti :

Il n’y pas d’informations sur l’identité de l’homme ni sur sa situation actuelle, mais les sources rapportent que son corps a été emporté par les autorités chinoises. L’homme lançait des slogans pour la liberté au Tibet. 

Il n’y pas d’information sur l’identité de l’homme ni sur sa situation actuelle, mais les sources rapportent que son corps a été emporté par les autorités chinoises. L’homme lançait des slogans pour la liberté au Tibet.

Le président Dr Lobsang Sangay déclarait : «Malgré des appels répétés de l’Administration Centrale Tibétaine, au moins 151 Tibétains se sont immolés par le feu au Tibet depuis 2009. Le Gouvernement chinois devrait se rendre compte que la raison et la solution de cette vague de protestation suicidaire reposent au sein du Gouvernement chinois.»

Il ajoute : «Le Gouvernement devrait adresser ses condoléances au Peuple tibétain et revoir sa politique défaillante,  qui a engendré cette sinistre situation et poussé des Tibétains à s’immoler par le feu, en signe de protestation contre la politique chinoise au Tibet.»


27 Décembre 2017

SAN FRANCISCO : Dhondup Wangchen, activiste et cinéaste, arrive sain et sauf dans l’après-midi du 25 décembre, après une évasion difficile et risquée du Tibet et de la République Populaire de Chine.

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7 ans séparent ces deux images : témoignage par Lhamo  Tso de l’arrestation de Dondhup Wangchen  et lui même juste accueilli à San Francisco, après sa fuite du Tibet et la RPC …

Dhondup Wangchen, 43 ans, visiblement fatigué mais soulagé,  déclarait à son arrivée : «Après de nombreuses années, c’est la première fois que j’apprécie le sentiment de sécurité et de liberté. Je voudrais remercier tous ceux qui ont permis que je puisse tenir à nouveau dans mes bras ma femme et mes enfants. Cependant, je ressens aussi la douleur d’avoir laissé derrière moi mon pays, le Tibet. »

Dhondup Wangchen s’adressera pleinement aux médias en temps utile.

« Dhondup Wangchen est un homme courageux qui n’a jamais abandonné sa foi dans les libertés et les droits fondamentaux. Il savait pertinemment qu’il n’avait d’autre choix que de fuir le Tibet, ce qui, en soi, représentait une évasion extrêmement risquée et dangereuse. Le fait est qu’il n’aurait jamais dû être détenu, emprisonné et torturé par la Chine pour avoir filmé et donner voix aux griefs tibétains. Maintenant, il est enfin libre de s’exprimer « ,  déclare Wangpo Tethong, porte-parole de la société Filming for Tibet.

Détenu par les autorités chinoises au Tibet en mars 2008 pour avoir réalisé le documentaire « Leaving Fear Behind », Dhondup Wangchen avait  été condamné à six ans de prison pour « incitation à la subversion ». Son ami et assistant, le moine tibétain Golok Jigme, a également souffert de la détention et de la torture. « Leaving Fear Behind » a été distribué dans le monde entier par la société de distribution Filming for Tibet, basée à Zurich, dirigée par le cousin de Dhondup Wangchen, Gyaljong Tsetrin.

L’arrestation et l’emprisonnement de Dhondup Wangchen ont déclenché l’une des Campagnes les plus intenses en faveur d’un activiste tibétain. Il a contracté l’hépatite B en prison et a dû subir la condamnation aux travaux forcés [ système des laogaïs, ndt].

Bien que  libéré, le 5 juin 2014, d’une prison de Xining dans la capitale provinciale du Qinghai, il restait sous stricte surveillance tant ses mouvements et ses communications étant constamment surveillés. Dhondup Wangchen a réussi à échapper aux autorités et à s’enfuir de sa région natale au Tibet, puis de la République Populaire de Chine.

 

De gauche à droite : Tenzin Norbu, Tenzin Dadon, Lhamo Tso, Dhondup Wangchen, Lhamo Dolma, Tashi Tsering à San Francisco le 26 décembre 2017.

Après plusieurs années de Campagne sans relâche pour son mari, la femme de Dhondup Wangchen, Lhamo Tso, et leurs enfants ont obtenu l’asile politique aux Etats-Unis en 2012. Golok Jigme avait pu fuir le Tibet pour rejoindre le Centre d’accueil tibétain de Dharamsala en Inde. a obtenu l’asile politique en Suisse en 2015.

Le voyage de Dhondup Wangchen vers la liberté a pris plus de dix ans et Filming for Tibet exprime sa reconnaissance à tous ceux  qui ont apporté l’aide et le soutien dont les nombreux particuliers, les artistes, les groupes, organisations et différents Gouvernements.

Dhondup Wangchen a reçu le Prix International de la Liberté de la Presse du Comité pour la protection des journalistes en 2012 et le Prix International Václav Havel pour la dissidence créative en 2014.

De gauche à droite : Tenzin Norbu, Tenzin Dadon, Lhamo Tso, Dhondup Wangchen, Lhamo Dolma, Tashi Tsering à San Francisco le 26 décembre 2017.

image : Dhondup Wangchen, activiste tibétain video-reporter, arrive aux Etats-Unis, sain et sauf.
Dhondup Wangchen à San Francisco, le 26 décembre 2017

Contacts :

Wangpo Tethong (anglais, allemand): +1 415 802 7216
Dechen Pemba (anglais): + 44 20 3286 5186
Gyaljong Tsetrin (Tibétain): + 41 76 462 67 68

Demande médias : media@filmingfortibet.org

Traduction France – Tibet

RAPPEL :

Lhamo Tso, femme du cinéaste Dhondup Wangchen, est venue ce 10 décembre 2010, témoigner de cette arrestation injuste, auprès des Députés et Sénateurs  des groupes d’ Etudes sur le Tibet, invitée par le député Maire Patrick Bloche pour la cérémonie de Parrainage de Lhassa, la capitale du Tibet par Paris XI ème, en présence de Lionnel Luca, président du Groupe Tibet à l’ Assemblée Nationale.

  

Les députés français appellent à la libération de Dhondup Wangchen et rencontrent sa femme Lhamo Tso
Phayul [samedi 16 octobre 2010 10:56]
Par Tenam

Lhamo Tso dévoile la plaque commémorative de «Parrainage » de la ville de Lhassa par la Municipalité de Paris XI ème,  sous le regard du Maire Patrick Bloche (à droite). Sont également présents Marcelle Roux, Présidente de France Tibet et le Député Lionnel Luca.

photo par Eric

Paris, le 15 octobre 2010 – Le Groupe Parlementaire d’ Etudes pour le Tibet, l’un des plus importants groupes de parlementaires français, a appelé à la libération de Dhondup Wangchen, cinéaste tibétain amateur qui purge une peine de six ans de prison et de « rééducation par le travail » [ laogaïs  les travaux forcés ndt ], pour son film « Leaving Fear behind «   Oublier sa peur » ).

La femme de  Dondhup Wangchen, Lhamo Tso, a rencontré les députés français et a pu leur donner les dernières nouvelles concernant les conditions de détention de son mari. Lhamo Tso est actuellement à Paris dans le cadre de sa tournée en Europe  en vue d’obtenir du soutien pour la libération de son mari.

Wangchen serait en mauvaise santé, souffrant d’ une l’hépatite B, selon son épouse Lhamo Tso, qui vit en exil. Lhamo Tso  déclarait qu’elle était « très inquiète de la détérioration de la santé » de son mari.

« Nous avons envoyé une lettre à l’Ambassadeur chinois appelant à la libération de Dhondup Wangchen et demandé à tous les membres du Groupe de présenter la lettre dans leur juridiction », a déclaré Lionnel Luca, Président du groupe.

« Mon mari est l’un parmi des centaines de prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons chinoises aujourd’hui », a-t-elle souligné lors de son discours au Sénat français, où elle a rencontré Jean-François Humbert,  Président du Groupe d’Informations Tibet au Sénat.

Elle était l’ invitée spéciale de Patrick Bloche, Maire du 11ème arrondissement de Paris, pour  une projection spéciale de « Leaving Fear Behind » ce mercredi 15 octobre . Elle a pu  également dévoilé une plaque commémorative  de « Parrainage «  de Lhassa, la capitale du Tibet, une initiative de l’ Association France-Tibet.

« Cette action est destinée à  montrer notre solidarité avec la juste cause du peuple tibétain », a déclaré le bureau du maire.

Après la projection du film, Lhamo Tso répondait aux questions du public.

« C’est un privilège de pouvoir rencontrer et entendre cette femme courageuse, résolue et digne », a déclaré Martha Graugnard de Students for a Free Tibet, en France.

Tashi Wangdi, représentant de Sa Sainteté le Dalaï Lama, Lionnel Luca, et Thupten Gyatso, président de la Communauté tibétaine de France étaient présents à la cérémonie.

Wangchen avait voyagé dans des coins reculés dans la région orientale d’Amdo et à travers le Plateau du Tibet, d’octobre 2007 à mars 2008, filmant plus de trente-cinq heures d’interviews. Les cassettes avaient t été envoyées en mars 2008 en Suisse ; là le cousin de Wangchen, Gyaljong Tsetrin, a réalisé le film puis sa distribution.

Le film présente successivement les témoignages d’ une vingtaine de Tibétains  de l’ Amdo,  leurs points de vue sur les Jeux olympiques de  Pékin, la situation actuelle à l’intérieur du pays et appelle au retour du Dalaï Lama.

Contact , allemand): +1 415 802 7216
Dechen Pemba (anglais): + 44 20 3286 5186
Gyaljong Tsetrin (Tibétain): + 41 76 462 67 68

Demandes des médias: media@filmingfortibet.org 

              Campagne Parrainage de communes du Tibet

Parrainage_Paris_Lhassa

ll s’agit de parrainer des villes et des villages tibétains avec pour objectif de préserver l’identité de ces communes au sein même de leur territoire, le Tibet. Beaucoup plus simple que le jumelage, le parrainage est une opération qui ne nécessite aucune formalité administrative.

« Pour liquider les peuples, on commence par leur enlever la mémoire, on détruit leurs livres, leur culture, leur histoire, puis quelqu’un d’autre leur écrit d’autres livres, leur invente une autre histoire, ensuite, le peuple commence à oublier ce qu’il était, et le monde autour de lui, l’oublie encore plus vite… »

Milan Hulb , historien tchèque 

Peut-être, vous souvenez-vous de cette initiative européenne visant dans les années 80 à empêcher la destruction des villages roumains entreprise par Ceaucescu. L’idée était que des villages d’Europe de l’Ouest parrainent des villages roumains afin d’enrayer ce processus d’éradication. Cette initiative a permis de sauver un certain nombre de communes roumaines.


27 Décembre 2017

Koenpe, qui s’est auto-immolé le 23 décembre, vient de décéder.

 Koenpe, le dernier Tibétain, âgé d’ environ 30 ans, qui se soit auto-immolé et venait d’ être identifié est décédé. Konpe s’est immolé par le feu le 23 décembre, vers 18 heures, en  protestation contre la politique répressive du Gouvernement chinois au Tibet.
Dans la vidéo disponible sur les médias sociaux, il apparaît, courant, en proie aux flammes, et à proximité on peut entendre une femme criant « Gyalwa Tenzin Gyatso – Sa Sainteté le Dalaï Lama -, montrez-nous votre compassion. » Il n’ a pas été possible d’ entendre les appels  qu’il a pu lancer. La police est venue immédiatement, a éteint les flammes et l’a emmené à Barkham, atteignant l’hôpital vers 22 heures. Mais vers 5 heures du matin ce 24, Konpe  décédait.

Le Gouvernement chinois a appelé les membres de sa famille à Barkham  afin de leur remettre ses  ses restes, et il  leur a été donné des os et des cendres qu’ils ont dit être les siens. Sa famille et ses proches endeuillés exécutent maintenant des rituels dédiés aux défunts  à son intention et , bien que son père soit détenu par les autorités à Barkham ; celles ci   affirment par ailleurs que des dizaines de milliers de yuans ont été dépensés  pour le traitement médical destiné à Konpe.

Konpe est originaire de la communauté pastorale de Chukle Gongma dans le village de Cha, du Comté de Ngaba. Il y a un peu plus d’un an, il s’était marié avec Kelsang Lhamo, une fille de la famille Rawa Tsang dans la colonie no 2 de Me’uruma, et avait rejoint sa famille.

Konpe avait environ 30 ans, son père s’appelle Gyakyap et sa mère Trindok. Il a deux frères et trois soeurs. Un frère est un moine de Kirti. Konpe lui-même avait rejoint enfant le monastère, mais plus tard avait intégré la vie civile.

Les 24 et 25 décembre, tous les restaurants et magasins du chef-lieu de Ngaba sont restés fermés par sympathie et solidarité pour les membres de sa famille.

Traduction France Tibet

Photo courtoisie: Kanyag Tsering et Losang Yeshe du monastère de Kirti


27 Décembre 2017

« Voyage à travers le Tibet persécuté, sur la route des immolés » par Brice Pedroletti dans Le Monde

Petit autel érigé à la mémoire de Gonpo Tsering, un Tibétain qui s’est immolé le 26 novembre dans le Gansu.

 La région du sud de Gansu, dans les environs du grand monastère de Labrang, a connu quinze immolations durant les trois derniers mois. Des gestes de résistance et de désespoir face à l’emprise croissante des Han.
Petit autel érigé à la mémoire de Gonpo Tsering, un Tibétain qui s’est immolé le 26 novembre dans le Gansu.

C’est un hameau accroché à la montagne, aux maisons couleur de glaise, surplombant une vallée où serpente une rivière gelée. L’herbe est rase, chaque bourrasque soulève un nuage de poussière. Au détour d’un chemin, des hommes en file indienne, avançant d’un pas rapide, transportent sur de petits plateaux des torma, des gâteaux sacrificiels tibétains. Modelés avec de la tsampa, la farine d’orge grillée, et coloriés, ils représentent les divinités qui sont invitées au rituel funéraire.

Celui de Gonpo Tsering, 23 ans, qui s’est immolé le 26 novembre dans l’enceinte du grand monastère à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau en contrebas, sur les bords de la rivière, doit durer quarante-neuf jours, comme le veut la tradition bouddhiste tibétaine. « Parce qu’il est jeune », précise un parent. Gonpo Tsering avait trois enfants, et l’immolation a surpris la famille, poursuit-il. « Personne n’était au courant, il l’a fait à un moment où il était seul »,ajoute le jeune homme. Et tentant d’expliquer le geste de son proche : « Il y a beaucoup de pression, il y a plein de choses qu’on ne peut pas faire ici. »

Les cérémonies qui rendent hommage aux immolés des régions tibétaines prolongent le défi des sacrifiés. La photo de l’immolé, sertie dans un cadre doré et entourée de khata (les écharpes cérémonielles), est posée juste devant un portrait du dalaï-lama, sur un autel recouvert d’un brocart ocre au rez-de-chaussée de la maison familiale. Plusieurs représentations du chef spirituel tibétain en exil en Inde sont suspendues aux planches nues posées contre les parois de pisé. Dans une pièce contiguë, des moines se relaient pour assurerquotidiennement les rites bouddhistes. Le hameau est sous le choc : le père et le grand-père de l’immolé ont été arrêtés.

« QUE LE DALAÏ-LAMA REVIENNE »

La région tibétaine du sud du Gansu, dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour du grand monastère de Labrang dans l’ancien Amdo tibétain, a connu quinze immolations depuis le début du mois d’octobre. Aucun moine, mais des laïcs : des paysans, parfois des étudiants. Dans un village non loin du bourg d’Amchok, un éleveur de 35 ans a laissé une lettre sur sa motocyclette, le jour où il s’est immolé devant une mine d’or, à quelques kilomètres de chez lui. Il y a écrit ses dernières volontés : « Que le dalaï-lama revienne. Que le panchen-lama soit relâché. » Et puis « qu’on n’exploite plus nos trésors », nous rapporte un de ses proches.

image : le  16 décembre lors de l’ hommage renduLe 16 décembre, lors de l’hommage rendu à un immolé, dans la province du Gansu.

La lettre a été confisquée par les autorités. A-t-il laissé entendre qu’il allait se livrer à un tel acte ? « Il n’a rien dit, sinon, on ne l’aurait pas laissé faire ! Il n’a rien dit à personne. Il n’en a même pas parlé à ses amis ou aux membres de sa famille », poursuit le proche, avant que quelqu’un ajoute : « Leur as-tu dit qu’il l’a fait pour la liberté au Tibet ? »

Dans ce village d’une dizaine de maisons collées les unes aux autres, la famille a elle aussi placé le portrait de son immolé dans une petite pièce, au côté de celui du dalaï-lama. Six jours après cette immolation, un jeune de 18 ans a fait le même geste, au même endroit, devant la mine d’or. C’était la troisième immolation à Amchok, où se trouve un monastère de 450 âmes.

Les terres du bourg doivent accueillir le prochain aéroport de Xiahe, la ville chinoise accolée au monastère de Labrang. Une autoroute à six voies en cours de travaux y convoiera les bus de touristes venus visiter l’immense monastère, où l’on ne croise, à cette époque de l’année, que des pèlerins, des moines et des policiers en civil.

UNE MODERNISATION VÉCUE COMME UN VIOL

Cette modernisation à marche forcée, davantage perçue comme un viol que comme un progrès, a figuré en bonne place dans les raisons qui, en 2008, ont nourri les revendications lors de la centaine de manifestations qu’ont connues alors les anciennes provinces tibétaines du Kham et de l’Amdo, aujourd’hui refondues dans les provinces chinoises du Sichuan, du Gansu et du Qinghai. Près de 3 millions de Tibétains y vivent, autant que dans la Région autonome tibétaine (RAT) proprement dite.

Dans l’un des testaments répertoriés par Wang Lixiong, l’un des rares intellectuels chinois à réfléchir et à écrire sur la question tibétaine – depuis 2000, il appelle la Chine à une réconciliation avec le dalaï-lama –, on lit la frustration d’un nomade, un ancien moine nommé Tenzin Khedup, qui s’est immolé en juin parce qu’il ne pouvait rien faire pour le Tibet dans le domaine de la culture, de la religion et de l’économie et qu’il ne voyait pas d’autre solution.

Des moines déchargent des matériaux de construction au monastère d’Amchok.

« S’il y avait pour les Tibétains des moyens normaux, autorisés, pour exprimerleur mécontentement, ils les utiliseraient. En 2008, ils sont descendus dans la rue, ont manifesté, mais les autorités chinoises sont parvenues à mater ce mouvement, affirme Wang Lixiong, lors d’un entretien à Pékin. On est passé à des protestations individuelles. Or un individu qui crie tout seul des slogans ou distribue des tracts a un impact très faible, et il est tout de suite arrêté. Il n’y a qu’avec l’immolation que ces personnes ont réalisé qu’elles pouvaient faire la différence. Donc c’est devenu l’acte le plus fort possible de protestation »,explique-t-il. « Je pense qu’au tout début, aucun des immolés n’était conscient des conséquences. Désormais, les Tibétains se rendent compte que cette forme de protestation a un effet, et ils sont de plus en plus nombreux parmi la population laïque. »

Les nouvelles mesures annoncées récemment par les autorités chinoises pour punir ceux qui s’immolent et ceux qui les auraient aidés traduisent la portée politique de ces suicides, que Pékin déniait jusqu’alors. Elles tentent de briserles solidarités familiales, mais n’auront, estime l’écrivain, qu’un impact temporaire.

Le pic d’immolations atteint en novembre – 28 en un mois –, qui a coïncidé avec la période du congrès du Parti communiste, a laissé place à une curieuse trêve dans cette guerre silencieuse.

DES FONCTIONNAIRES SURVEILLENT LES RUES

Sur la route des immolations, à travers plusieurs bourgs du sud du Gansu, dont les villages alentour ont connu ces dernières semaines deux ou trois cas, on constate que les forces de police et d’unités paramilitaires sont peu visibles : concentrées autour des barrages routiers – pas toujours actifs mais très nombreux et bien équipés – ou bien à l’intérieur des commissariats ou de camps militaires.

Des caméras, installées récemment nous dit-on, surveillent les rues principales des chefs-lieux et chaque entrée de monastère. Et dans au moins un bourg, Sangkok, des voitures stationnées le long des rues, au moteur allumé du matin au soir, nous sont décrites comme abritant des fonctionnaires ou des cadres chargés de surveiller à tour de rôle les rues et de sonner l’alerte en cas de comportement suspect.

Un Tibétain fait des offrandes au monastère de Labrang.

Le soir, après 22 heures, un couvre-feu qui ne dit pas son nom est imposé pour les Tibétains. « Si vous êtes Chinois han, il n’y a pas de problème. Un Tibétain, non, il est contrôlé », affirme un habitant. Un membre de sa famille fait partie des Tibétains qui ont été soumis à un mois de « rééducation » dans un centre de détention à Lhassa, après avoir reçu en Inde les enseignements du dalaï-lama lors du festival Kalachakra en janvier. Il est depuis sous contrôle permanent, obligé de laisser son téléphone allumé 24 heures sur 24 et de ne plus quitter la région.

Pour tous les habitants des zones tibétaines en dehors du Tibet, il est devenu extrêmement difficile de se rendre à Lhassa, en raison des barrages, sans de multiples laissez-passer. Les griefs sont nombreux, il suffit d’aborder un sujet pour qu’on vous fasse part de son dépit.

LE TIBÉTAIN NE SERA PLUS LANGUE PRINCIPALE DANS LES COLLÈGES

Un Tibétain d’une vingtaine d’années qui a étudié à Lanzhou, la capitale du Gansu, s’indigne des nouvelles mesures appliquées dans l’éducation dans la province. Dans le Qinghai voisin, elles ont, depuis 2010, provoqué déjà plusieurs manifestations de collégiens. « Selon la nouvelle directive, le tibétain ne sera plus langue principale dans les collèges. Ils ont tenté une fois de l’imposer l’an dernier, mais on a protesté, et là c’est la nouvelle tentative. »

Et d’ajouter : « Dans les bourgs, jusqu’à maintenant, il y avait des collèges. C’est fini, il n’y a que des écoles primaires. Il faut aller au chef-lieu pour poursuivreses études au-delà. Ça leur permet de mieux contrôler l’enseignement en chinois. Si un professeur parle en tibétain ici à la campagne, c’est plus dur pour eux de l’en empêcher. » Certes, le collège ainsi que les fournitures sont désormais gratuits. Mais il faut payer la pension…

L’intimidation et la surveillance sont quasi permanentes dans les villages de ces montagnes boisées, agrippés aux contreforts des hauts plateaux de l’Amdo : on peut être arrêté n’importe où par un policier local et plusieurs de ses hommes. Ou se voir signifier d’un doigt sur ses lèvres par son interlocuteur que la personne qui vient d’entrer dans le restaurant, un Tibétain en anorak, est un informateur. On nous parle de ces récompenses promises dans des SMS quotidiens envoyés aux usagers pour quiconque dénoncera une bribe d’affaire (50 000 yuans, soit 6 000 euros) qui concerne une immolation ou le « séparatisme », ou bien une « situation complète » (200 000 yuans). Ces sommes constituent plusieurs années de salaire.

« On n’a plus aucune confiance dans les gens qu’on ne connaît pas », confie un Tibétain d’une vingtaine d’années. Il cite le cas d’un couple repéré dans une foule qui a empêché la police, fin octobre, de saisir le corps brûlé d’un immolé dans le monastère de Labrang et qui fut ensuite dénoncé. Lui-même n’est pas rassuré, il était à Labrang, parmi ceux qui ont subi ce jour-là les gaz lacrymogènes et le canon à eau. Il se sait « fiché ». Le problème, dit-il, c’est quand la police secrète intervient : on ne sait pas où les gens sont emmenés, il est impossible pour la famille et ses proches de faire des démarches. La veille, rappelle-t-il, une jeune fille de 21 ans a été enlevée parce qu’elle avait été filmée par une caméra vidéo dans les parages d’une immolation qui a eu lieu récemment dans le bourg. Pourtant, elle ne faisait que passer, assure notre interlocuteur.

APRÈS LES MOINES, LES GENS ORDINAIRES

Eduqué, parlant bien le chinois et employé dans une entreprise locale, il est marqué par ces immolations et l’évolution qu’elles prennent. « Après les moines, c’est le tour des gens ordinaires. Je crois qu’avant ceux-ci ne savaient pas, ne comprenaient pas qu’ils n’avaient pas de liberté. Maintenant, ils savent. Et ils s’entraident », dit-il. Les immolations ont lieu à ses yeux « pour la liberté individuelle, la liberté du peuple, la liberté de l’ensemble de la communauté. C’est pour ça que je trouve que leur geste a de la valeur. Ce n’est pas pour des petits problèmes personnels. Ils se suicident au nom de la communauté entière ».

La mère d'un berger tibétain qui s'est récemment immolé par le feu.

Les réseaux de solidarité sont au cœur de la résistance tibétaine, qui, depuis 2008, s’est incarnée par différents mouvements de boycottage, des campagnes de défense des traditions et de la langue tibétaines, mais aussi un engagement courageux des intellectuels. Beaucoup furent très brutalement persécutés en 2010-2011, essentiellement dans l’Amdo, c’est-à-dire le Gansu et le Qinghai.

Dans les régions rurales où surviennent aujourd’hui les immolations, des groupes de quelques dizaines de familles influentes, alliées selon la coutume du kyidug – le partage « de la joie et de la souffrance » –, composées de chefs qui occupent parfois un poste dans l’administration, prennent les choses en main quand il faut aider : « Toutes les semaines, il y a quelqu’un du groupe qui vient donner un coup de main, parfois pendant plusieurs jours », nous explique-t-on au sujet d’un immolé d’une trentaine d’années qui a laissé derrière lui une famille très pauvre.

La mère de l’immolé, veuve, s’occupe désormais des deux enfants en bas âge de son fils. Sa bru est retournée pour l’hiver dans la tente de ses parents nomades. Avant son suicide en décembre, l’homme avait annoncé à un ami avec lequel il a partagé un repas qu’ils se voyaient pour la dernière fois. Le soutien a été très important : « Les moines sont venus nombreux, il y en avait plein, dehors, à l’intérieur, ils ne pouvaient pas s’asseoir », raconte la mère, un soir de décembre, dans la masure aux murs couverts de papier journal.

IL Y A « DES BONS ET DES MAUVAIS » CHINOIS

Lors des funérailles, un convoi de 300 voitures a accompagné le corps au lieu de crémation. Il a été intercepté par la police. Les anciens ont discuté, et obtenu que les derniers devoirs au défunt soient rendus, tout en garantissant qu’il n’y aurait aucun incident. Ces arrangements sont fréquents dans ces régions où les cadres tibétains locaux sont partie prenante de la communauté : « On connaît des fonctionnaires qui font des donations secrètes aux familles d’immolés. Il y a aussi de l’argent qui vient d’Inde, de l’étranger. Il y a même des Chinois han. Il ne s’agit pas d’être contre les Han. Il y en a des bons et des mauvais, comme les Tibétains », fait valoir notre interlocuteur.

Il cite le cas d’un patron chinois de Lanzhou qui aurait fait parvenir 10 000 yuans à la famille d’un immolé de Bora, un bourg proche de Labrang. Avec un message qui a ému : « Je vous donne cet argent parce que vous vous battez pour votre terre commune, pour la liberté de votre peuple, vous êtes grandioses. »

La mère endeuillée n’a pas gardé de photo de son fils. Le traumatisme du suicide, sa résonance communautaire et nationaliste, la dimension religieuse et le facteur d’émulation collective forment une combinaison délicate, que chacun gère comme il peut. « Les jours d’avant, il s’est occupé de ses enfants comme il ne l’avait jamais fait. Il ne sortait pas, ne travaillait plus, on ne l’avait jamais vu montrer autant d’affection, dit-elle, on a trouvé ça un peu bizarre. » Elle a reçu l’équivalent de plusieurs milliers d’euros en donations. garder. Elle redistribue tout, à des écoles, au monastère, à plus pauvres qu’eux. C’est sa manière de continuer ce qu’a commencé son fils : « Il s’est suicidé pour les autres. »

 

Le Monde |  • Mis à jour le  |Par Brice Pedroletti


27 Décembre 2017

Conflans-Sainte-Honorine : les Tibétains répartis dans quatre Centres d’hébergement après le démantèlement du campement de 320 Tibétains…

Le camp de réfugiés tibétains installé sur les bords de Seine à Conflans-Sainte-Honorine a été démantelé ce mardi matin. Les quelque 320 demandeurs d’asile qui vivaient dehors sous des tentes depuis le mois de septembre ont été transportés dans quatre centres d’hébergement d’urgence répartis à Paris dans le XVIIIearrondissement, à l’ancienne caserne la Boulangerie et à l’ancienne gare Dubois, ainsi que dans l’ancienne patinoire à Cergy (Val-d’Oise) et à l’hôtel social Séréna à Saint-Germain-en-Laye .

L’opération, mise en place à partir de 8 heures par la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye, s’est déroulée dans le calme. Pas moins de huit bus ont été tout spécialement affrétés pour acheminer les réfugiés vers les différents établissements. Sacs et valises à la main, les Tibétains, alignés en file indienne, sont montés tout sourire dans les bus. « Ils étaient prêts dès notre arrivée, souligne Stéphane Grauvogel, le sous-préfet. Ils avaient replié leur tente mais aussi nettoyé le terrain et mis en tas les matelas usagés

Conflans, ce mardi. Après avoir replié leurs tentes, les Tibétains ont entassé leurs matelas usagés. LP/Y.F.

Un important dispositif de sécurité a été déployé durant cette évacuation dans le secteur de la D 48 de la gare Fin d’Oise. Le quartier a été bouclé pendant près de trois heures. Des policiers ont pris position aux différents croisements et des gendarmes mobiles en bordure du fleuve « pour écarter tout risque d’accident ».

Mais parmi les 320 demandeurs d’asile installés sous les tentes, tous n’ont pas pu être orientés vers les centres d’urgence. Faute d’un nombre de places suffisant, une cinquantaine d’entre eux a été invitée à rejoindre un gymnase de Maurecourt, une commune voisine. « C’est provisoire pour quelques jours voire deux semaines en attendant de trouver une solution d’hébergement », prévient le sous-préfet. « Le maire de Conflans a manqué de courage car il a refusé de mettre l’un des équipements de la ville à la disposition des migrants », déplore Gérald Casson de la Ligue des Droits de l’Homme. Pour justifier sa décision, le maire Laurent Brosse (LR) explique que les équipements municipaux sont utilisés par « les scolaires et les associations ».

Il était devenu urgent de démanteler ce campement de plus de 200 tentes en raison des températures hivernales et des conditions météo très défavorables. « C’est un soulagement, ils vont dormir au chaud », confie Hugues Fresneau de la Pierre Blanche, l’association qui gère l’accueil des réfugiés sur la péniche « Je Sers », amarrée le long de la promenade François-Mitterrand. Alors que l’organisme propose une capacité d’environ 400 places, face aux arrivées supplémentaires enregistrées ces derniers mois, il n’est plus en mesure d’offrir un hébergement aux Tibétains.

Du coup, un campement a été installé sur les espaces verts de la Confluence.

Cent d’entre eux sont arrivés au centre de pré-orientation de Cergy

Cergy (Val-d’Oise), ce mardi. Cent migrants du Tibet sont arrivés ce matin dans l’ancienne patinoire pour une durée de deux semaines environ. LP/Julie Ménard

« Je suis bien mieux ici. » Tout sourire, Gyatso fait partie des cent Tibétains arrivés ce mardi matin au centre de pré-orientation de Cergy (Val-d’Oise). Au chaud et bien nourri, il apprécie les conditions de vie qu’on lui offre après plusieurs mois passés sous une tente à Conflans. « Les policiers nous avaient prévenus la veille et sont venus nous chercher vers 6 heures », continue le moine de 35 ans. Dans deux semaines environ, il sera conduit dans un autre centre d’hébergement en province ou en Ile-de-France. D’ici là, il aura complété son dossier de demande d’asile en préfecture. « Toutes les semaines, une centaine de migrants arrive et une autre repart, explique une responsable d’Espérer 95, l’association qui gère le centre. Le dispositif fonctionne bien jusqu’à présent. »

 image : Cergy (Val-d’Oise), ce mardi. Cent migrants du Tibet sont arrivés ce matin dans l’ancienne patinoire pour une durée de deux semaines environ. LP/Julie Ménard

Île-de-France & Oise>Yvelines|Yves Fossey J.M.|19 décembre 2017, 12h22|MAJ : 19 décembre 2017, 18h50|3

23 Décembre 2017

Le chef du Gouvernement Tibétain en exil confirme une visite d’un envoyé du Dalai Lama en Chine mais indique qu’il s’agissait simplement d’une visite privée

Lobsang Sangay a affirmé que la visite en Chine de son prédécesseur au poste de chef du Gouvernement Tibétain en Exil, le professeur Samdhong Rinpoche, n’était qu’une visite d’ordre privé et qu’il était trop tôt pour en tirer une quelconque conclusion.

« N’essayez pas de trop interpréter cette visite. Au mieux c’était une visite privée et il est trop tôt pour en tirer une quelconque conclusion. » Nous rapporte tribuneindia.com le 15 décembre citant Lobsang Sangay.

Cette remarque de Lobsang Sangay était une réponse faite à l’ex secrétaire aux affaires étrangères de l’Inde M Kanwal Sibal en marge de la conférence de la troisième commémoration du Professeur ML Sondhi qui s’est tenue à New Delhi à l’India International Centre. Cette conférence fut tenue par Lobsang Sangay et avait pour titre « Le Tibet détient la clef de Beijing ».

Au cours de son discours, Lobsang Sanagay a appelé l’Inde à considérer le sujet tibétain comme “central”, exprimant sa préoccupation quant à l’influence grandissante de la Chine sur son voisin l’Inde.

La question sur la venue en Chine du Professeur Samdong Rinpoche émanait de P Stobdan, l’ex ambassadeur de l’Inde en Mongolie et spécialiste des relations chinoises, tibétaines, mongoles et ouïghoures, dans une interview qu’il avait accordée à thewire.in publiée le 04 décembre dans laquelle il mentionnait que l’envoyé du Dalai Lama avait eu une entrevue discrète mi novembre à Kumming en Chine.

C’est la première fois que cette visite est confirmée par un membre du Gouvernement Tibétain en Exil.

L’invité d’honneur de la conférence était le secrétaire national de la BJP M Ram Madhav. “Maintenir de bonnes relations avec la Chine est la priorité du gouvernement. Il y a actuellement des négociations entre la Chine et le Tibet. Lorsqu’il le faudra, l’Inde et son peuple seront à leurs cotés (Tibétains)”.


23 Décembre 2017

PEKIN / DELHI : Face-à- face sino-indien pour le contrôle du Doklam

Pendant qu’il suggérait à l’Inde de garder une vision globale et à long terme de ses relations avec la Chine et de ne pas s’enliser dans les menus détails, le Gouvernement chinois était occupé à augmenter ses effectifs militaires sur le plateau de Doklam : le site d’une confrontation prolongée entre l’armée indienne et l’armée chinoise de juin à août dernier .

Les images satellites de décembre suggèrent que la Chine se prépare à un éventuel conflit dans la région et renforce son contrôle sur les frontières.

Les photos du 3 décembre  2017 montrent que la Chine améliore son infrastructure militaire, y compris avec de nouvelles positions de mortiers et canons, sur un site situé entre 5 et 10 km du lieu de son face-à-face avec l’armée indienne cet été.

Les images montrent la présence d’au moins neuf bâtiments de trois étages et près de 300 véhicules lourds, soit presque une division entière dans le Comté de Yadong au Tibet.

La Chine aurait déployé des troupes 50 km plus loin dans la vallée de Chumbi à la jonction des frontières de l’Inde, de la Chine et du Bhoutan.

Environ 1 800 hommes seraient toujours stationnés dans le  Doklam, près de la jonction du Sikkim-Bhoutan-Tibet, apparemment pour y rester pendant tout l’hiver. La Chine aurait également refait les routes existantes, construit deux héliports et installé des dizaines de cabanes préfabriquées, d’abris et d’entrepôts.

Les troupes ont peut-être reculé après l’impasse de cet été, mais le conflit sino-indien dans l’Himalaya est loin d’être terminé. Bien que l’escalade ne se soit pas propagée à d’autres territoires, un autre affrontement dans le Doklam n’est pas à exclure.

Ce face-à-face du Doklam avait pris fin lorsque les troupes indiennes s’étaient retirées et que la Chine avait arrêté sa construction de route, l’élément déclencheur du conflit.

La Chine n’était visiblement pas satisfaite de cette décision puisque les médias officiels avaient juste annoncé que l’Inde s’était retirée du site.

Par ailleurs le Lieutenant-général Abhay Krishna, Commandant en chef des forces armées indiennes de l’Est, a déclaré le 16 décembre que l’Inde était prête à faire face à toute situation dans le secteur du Doklam. Refusant de pointer du doigt quelqu’un en particulier, il a expliqué que l’armée indienne était bien entraînée et sur le qui-vive : “ Nous sommes parés. Que quiconque nous fasse du tort et il le regrettera fort.”


23 Décembre 2017

« Le bouddhisme et la violence injustifiable » par Matthieu Ricard

Mr Fig2

 

 On ne peut qu’être atterré par les violences perpétrées par l’armée birmane à l’encontre des Rohingyas avec la bénédiction du clergé. L’armée nie les faits, mais quand 600 000 personnes fuient leurs habitations dans des conditions épouvantables, il est clair qu’elles sont terrifiées par ce qu’elles ont vécu. Ce nettoyage ethnique est d’autant plus choquant qu’il se passe dans un pays qui se dit bouddhiste et qui devrait donc pratiquer la non-violence.

Le Dalaï-lama l’a maintes fois répété : « Dans le bouddhisme, il n’y a aucune justification à la violence dans quelque but que ce soit. » Récemment, il a aussi déclaré au sujet de la Birmanie : « Dans de telles circonstances, le Bouddha serait certainement venu en aide à ces pauvres musulmans. » Il a aussi exhorté Aung San Suu Kyi à trouver une solution pacifique à la crise des Rohingyas : « Je vous appelle, vous et vos collègues, dit-il dans une lettre, à tendre la main à toutes les composantes de la société pour tenter de rétablir entre elles des relations pacifiques dans un esprit de paix et de réconciliation. »

Le bouddhisme est clair dans sa condamnation de la violence. On ne peut trouver dans ses textes fondateurs une phrase qui puisse être interprétée comme un encouragement à faire du mal aux autres. Le bouddhisme ne fait d’ailleurs pas de différence entre tuer en temps de paix et tuer en temps de guerre. Il n’y a donc ni guerre sainte ni guerre juste. Le bouddhisme n’applique bien sûr pas non plus la loi du talion et réprouve toute forme de vengeance, qu’elle soit personnelle ou légale (comme la peine de mort.) Il n’encourage même pas le prosélytisme. Le Dalaï-lama dit souvent qu’il ne vient pas en Occident pour faire un ou deux bouddhistes de plus, mais pour partager son expérience humaine. Le bouddhisme n’a donc pas vocation à convertir les non-bouddhistes, même pacifiquement, à plus forte raison par la force.

Quand un bouddhiste s’en remet aux « Trois Joyaux » ‒ le Bouddha, le Dharma (son enseignement) et la Sangha (la communauté des pratiquants) ‒, il prend en même temps l’engagement de renoncer à « tout acte nuisible aux autres. » Les généraux birmans bouddhistes persécutent des musulmans, mais leurs actes sont en contradiction flagrante avec les enseignements du Bouddha.

À propos des atrocités commises en Birmanie, on a parlé de « moines tueurs », ce qui est une contradiction dans les termes : dès l’instant où un moine tue un être humain ou ne fait même qu’inciter quelqu’un d’autre à le tuer, il est immédiatement déchu de ses vœux monastiques. Wirathu et ses comparses ne sont donc au plus que des ex-moines qui ne devraient plus porter la robe safran. De plus, le fait qu’ils traitent les Rohingyas de « vermines » et de « pestes » n’est pas sans rappeler de sinistres souvenirs. Ce type de langage qui vise à déshumaniser certains groupes humains jugés indésirables a été systématiquement utilisé dans les persécutions et les massacres de masse au cours de l’histoire.

On peut se demander pourquoi Aung San Suu Kyi n’a fait jusqu’ici que des déclarations mitigées, du genre : « Le gouvernement doit prendre soin de tous ceux qui sont dans notre pays, qu’ils soient ou non citoyens, » déclarations qui n’ont en rien freiné les persécutions. Il faut dire à sa décharge que la situation est plus complexe qu’on ne le pense dans la province de l’Arakan. Dans les années 1950, une cinquantaine de milliers de paysans bengalis musulmans étaient venus s’y installer en quittant ce qui est devenu aujourd’hui le Bangladesh pour des terres moins peuplées. Ils se sont souvent approprié des terrains agricoles, ont épousé de force des femmes arakanaises et commis leur lot d’atrocités. Avant le récent exode, cette population musulmane avait atteint un million d’habitants, au sein d’une population arakanaise de 3,1 millions. Selon Jacques Leider, membre de l’École Française d’Extrême Orient, « la population musulmane n’a jamais visé l’intégration dans la société arakanaise, elle a plutôt voulu défendre son caractère distinct. La tension n’a jamais diminué, car les musulmans et les bouddhistes sont restés divisés à la fois sur le plan culturel et politique. » Pendant des années, la junte militaire birmane a persécuté les Rohingyas mais aussi les autres minorités d’origine non-birmane, les Karen et les Mong en particulier.

D’autre part, Aung San Suu Kyi vient juste d’accéder à un certain pouvoir, mais les généraux sont restés très puissants, se réservant d’office des postes clés dans les ministères comme au parlement. Si elle souhaite continuer à conduire son pays sur la voie de la démocratie, elle ne peut se permettre d’aliéner ni les généraux ni l’opinion publique qui n’a jamais accepté ce qu’elle considère comme une immigration illégale de populations bengalies.

Pourtant il est clair qu’en agissant comme elle le fait, elle sacrifie non seulement les valeurs bouddhistes, mais aussi le courage, l’intégrité et les valeurs morales qui lui ont valu le Prix Nobel de la paix. Sans parler de simples valeurs humaines. Que l’on soit bouddhiste, hindou, chrétien, musulman, athée ou autre, l’objectif de chacun devrait être de vivre en paix avec les autres. Et cela passe par la bonté et la réconciliation, pas par la haine et la répression.

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Le bouddhisme et la violence injustifiable

Par Matthieu Ricard le 18 décembre 2017

Cet article a été initialement publié sur le site du Figaro le 30 novembre 2017

image : Crédits photo : Sébastien SORIANO/Le Figaro


23 Décembre 2017

Pour Lobsang Sangay, Premier Ministre du Gouvernement tibétain en exil, l’Inde devrait traîter le Tibet comme un « problème central »

L’Inde devrait traiter le Tibet comme une « question centrale », a déclaré le chef du Gouvernement tibétain en exil, Lobsang Sangay, s’inquiétant de l’influence croissante de Pékin sur son voisin indien.
Le chef de l’Administration Centrale Tibétaine (CTA) a déclaré que le Tibet était un « test décisif » et qu’il détenait la « clé » de la crise avec Pékin à bien des égards. De plus, c’est un catalyseur potentiel pour apporter des changements en Chine.

Sangay a déclaré que les Tibétains devraient avoir leur mot à dire sur l’utilisation de l’eau des rivières situées sur le plateau tibétain, évoquant des échantillons d’eau hautement polluée provenant du Siang, un affluent du Brahmapoutre, qui se jette en Inde.

« Restaurer la tutelle du plateau tibétain au peuple tibétain est nécessaire », a t-il déclaré lors de la Conférence commémorative à l’ Institut M L Sondhi.
« L’Inde devrait également déclarer que le Tibet est l’une des questions centrales, comme la Chine. Cela devrait faire partie du programme de dialogue officiel », a-t-il déclaré.

Pema Khandu, le ministre en chef de l’Arunachal Pradesh, région indienne, a récemment attiré l’attention du Centre sur la contamination des rivières qui, selon lui, pourrait avoir été causée par des activités chinoises.

L’Administration centrale tibétaine (CTA) espère «réhabiliter les réfugiés tibétains et rétablir la liberté et le bonheur au Tibet».

Ram Madhav, secrétaire général du BJP, Parti politique indien, a également pris la parole lors de l’événement en déclarant que l’Inde manquait d’une culture stratégique.
« La politique étrangère indienne est largement conduite par des idées romantiques. Cela devrait finir. Nous devrions avoir une politique pragmatique « , a déclaré M. Madhav, soulignant que la Chine pratiquait « l’art de la tromperie ».

Le Professeur Sondhi était [ tout à la fois]  universitaire indien, diplomate, parlementaire et un partisan de longue date pour une issue à la question du Tibet.


23 Décembre 2017

CONFLANS : Des nouvelles …fraîches mais sympathiques ! Démantèlement dans la dignité.

L’image contient peut-être : table, arbre et plein air

A 7 h du matin dans la nuit et le brouillard matinal, les Tibétains du campement du Pointil  s’activent à démonter leurs  tentes et compresser tous leurs effets personnels dans leurs menus sacs (parfois des sacs poubelles).

Mais ça déborde de partout et à 9 h c’est un tas de matelas, couvertures et tentes abandonnés qui envahissent le terrain.

Voilà la fin de cette épreuve qui se termine bien.

   
 
 
 
 
 
 

Ayant déjà participé à l’ évacuation de plusieurs « camps de migrants » c est la 1 ère fois que j’assiste à un démantèlement dans le calme,

l’attention et la bienveillance de TOUS. 

Le « démantèlement » du camp des Tibétains de Conflans  s’est déroulé dans d’ excellentes conditions grâce à la participation de nombreux acteurs et de Professionnels.

Nous devons remercier très vivement TOUTES les personnes présentes sur le terrain ce matin à l’aube : personnel de la Préfecture, Mairie, gendarmerie, OFII, salariés et bénévoles du Pointil et de la Pierre Blanche.

Ils ont TOUS agi avec une grande bienveillance à l’ égard des Tibétains qui eux-mêmes ont été exemplaires et extrêmement respectueux des consignes et reconnaissants envers TOUS.

Nouvelles  du mercredi 21 décembre 2017

Que de Bonnes Nouvelles !!!! Cet après midi Je suis allée en visite dans (ou plutôt devant car interdit de rentrer) les 2 centres d hébergement de Paris ou ont été transférés une centaine de Tibétains hier. J avais pris rendez vous avec une dizaine qui m’ont rejoint dehors. Ils sont dans d excellentes conditions de confort et d’ encadrement. Dans un lieu, des chambres de 4 (avec d autres nationalités) et les repas très copieux sur place. Dans l’autre lieu, une grande salle dortoir aménagée spécialement pour eux avec gardiennage de leurs bagages et aussi les 3 repas. Au réfectoire, ils ont tenté de faire le service (comme au bateau ) mais très surpris…il y a des serveurs …. Ils ont pu laver leur linge, prendre une douche, rencontrer une assistante sociale et docteur si besoin. Ils sont enchantés et très reconnaissants au Gouvernement francais. Et …dès demain, une trentaine d’ un des 2 centres vont être déplacés dans d’ autres lieux. Je reste en contact avec eux : ça les rassure et … j avoue, moi aussi

Communiqué par Henriette Barou,  bénévole à la Pierre Blanche / Conflans


23 Décembre 2017

INDE / CHINE : Jeux de drones dans l’Himalaya

Des soldats de l'armée indienne face à un drone Rustom-1 lors d'un salon de la Defence Research and Development organisation (DRDO), en souvenir de l'ancien président indien APJ Abdul Kalam, à Chennai le 28 juillet 2017. (Crédits : AFP PHOTO / ARUN SANKAR)

Il y a quelques semaines, un drone de surveillance indien pénétrait dans l’espace aérien chinois. L’occasion de faire un point sur les relations bilatérales entre les deux géants asiatiques, comme sur l’utilisation grandissante des drones dans la région.
Début décembre, soit un trimestre après un épisode de tension* territoriale sino-indienne au pied de l’Himalaya**, les diplomates et responsables militaires des deux premières démographies*** de la planète sont une nouvelle fois à pied d’œuvre. Qui pour dénoncer les agissements du voisin ; qui pour présenter explications (plus ou moins convaincantes) et justifications sur quelques faits délicats ; qui encore pour rappeler par-delà la frontière (2 659 km de long) que l’on ne saurait s’en laisser conter par la nation et rivale stratégique limitrophe ; sur le contentieux du jour comme sur bien d’autres thèmes… Revenons sur les faits en question pour mieux les replacer dans la perspective complexe de rapports bilatéraux ténus et incertains.[/asl-article-chapo]
Le 7 décembre, un drone de surveillance indien (non-armé) se serait, par inadvertance ou problème d’ordre technique, momentanément égaré dans l’espace aérien de la République Populaire de Chine. Qui plus est dans un périmètre sensible : la région du Sikkim indien, par-delà la « Ligne de contrôle actuelle »*. L’engin s’est écrasé au sol, en un point que les autorités de Pékin n’ont pas jugé bon de préciser, avant d’être récupéré par les bons soins des troupes chinoises pour « identification et vérification ».
Loin de recourir au mutisme ou au déni, le ministère indien de la Défense aurait dans la foulée de cet incident technique averti son homologue chinoise avoir perdu le contrôle d’un de ses drones lors d’une mission d’entraînement routinière dans l’espace aérien indien (secteur du Sikkim**), avant que ce dernier ne franchisse la frontière pour se perdre (mais pas pour tout le monde…) involontairement sur le territoire chinois.
Le déroulé des faits n’a pas emporté l’adhésion de Pékin. La Chine a dénoncé vigoureusement « l’intrusion » d’un unmanned aerial vehicle (UAV – drone) indien dans son espace aérien : « L’action de l’Inde a enfreint la souveraineté territoriale de la Chine. Nous sommes fortement courroucés par cela et nous y opposons. Nous honorerons notre mission, nos responsabilités et défendrons résolument la souveraineté nationale de la Chine et sa sécurité », synthétisa un des responsables militaires chinois du Western Theatre Command cité par l’agence de presse chinoise Xinhua.
A priori, l’incident technique et ses ondes de choc diplomatiques ne semblent pas critiques au point de déboucher sur un contentieux majeur entre les deux titans asiatiques de ce début de XXIème siècle. Nonobstant le fait que ce crash malheureux – qui ne fit de victimes que l’engin volant proprement dit et l’égo des responsables militaires indiens en charge de son utilisation – intervienne dans une zone d’une sensibilité historique particulière pour Pékin comme pour New Delhi. C’est en effet dans cette région himalayenne que se déroula à l’automne 1962 le bref (20 octobre–20 novembre) mais traumatisant (pour New Delhi essentiellement) conflit frontalier sino-indien. Une confrontation armée qui se solda par un camouflet politique et militaire dont la capitale indienne peine encore, plus d’un demi-siècle après les faits, à reconnaître la mesure.
*À proximité de la fameuse Line of Control – LoC -, la frontière de 740 km de long séparant de facto les parties du Cachemire administrées par l’Inde et le Pakistan.Dans un souci d’information, de transparence (qu’apprécieraient sans doute les centaines de millions de lecteurs de la république populaire voisine) autant que pour tancer les responsables militaires, la presse indienne rapporte que ce n’est pas la première fois que l’Union indienne est montrée du doigt par ses voisins pour des événements similaires. Et d’évoquer le cas fin octobre du drone de surveillance que l’armée pakistanaise aurait abattu dans le secteur de Rakhchikri* (Cachemire) après qu’il eût (selon Islamabad) pénétré l’espace aérien pakistanais. Un an plus tôt (le 19 novembre 2016) ainsi qu’en juillet 2015, les forces pakistanaises avaient déjà procédé à des « neutralisations » similaires de quadcopters dans un périmètre proche.
Attardons-nous quelques instants sur cette thématique technique de l’emploi croissant des drones, y compris en Asie et par les forces locales, c’est-à-dire pas seulement par les opérateurs américains en Afghanistan ou au Pakistan. Les acteurs dominants de la région Asie-Pacifique (Inde, Chine, Japon, Australie* ou encore la Corée du sud**) s’appuient déjà depuis des années sur l’emploi de drones pour divers types de mission (surveillance et collecte de renseignements principalement). Il est vrai qu’en ce crépuscule 2017, pour ne parler que du contexte asiatique, ce ne sont pas les théâtres de crise (Afghanistan, zones tribales pakistanaises, péninsule coréenne), les espaces – fort étendus – où perdurent de sensibles contentieux territoriaux interétatiques (mers de Chine du Sud, frontières sino-indiennes, Cachemire) qui font défaut… Du reste, ces derniers jours, l’Inde, la Chine et la Corée du sud manifestaient de diverses manières leur appétence pour ce nouvel outil (performant et n’impliquant pas de risquer la vie de personnels) à disposition des forces armées et des services de renseignements. Chacun a exprimé ses besoins – acquisition programmée de plusieurs dizaines d’unités – pour surveiller les mouvements de troupes des voisins à proximité des frontières (New Delhi), pour prévenir malveillances et provocations d’une dictature irascible (Séoul), ou en exposant lors du récent Dubaï Airshow 2017 ses drones de combat de dernière génération (Pékin).
Dans son édition du 7 décembre, le quotidien chinois Global Times revenait en des termes univoques sur « l’importance » de la faute commise par l’Inde plus tôt dans la journée, exigeant comme il se doit de la fautive quelque excuse en bonne et due forme. « India must apologize for drone intrusion », titre la tribune, en s’étonnant notamment « qu’en l’état délicat de la relation bilatérale [sino-indienne], le manque de scrupule de l’Inde est surprenant ». Très en verve, l’éditorialiste invite New Delhi à « sortir de son arrogance », et, en élargissant le champ des « coupables », y associe sans détour les États-Unis : pour leur « stratégie indo-pacifique », pour la récente édition du Quadrilateral Security Dialogue (associant les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde), enfin, pour encourager le voisin indien à s’appuyer sur la puissance de son nouvel allié nord-américain pour défier la fière République Populaire.
Précisément deux mois plus tôt, lors du 9 ème Sommet des BRICS organisé dans la cité portuaire chinoise de Xiamen le 4 septembre, Xi Jinping et Narendra Modi avaient convenu que les bonnes relations entre Pékin et New Delhi étaient dans l’intérêt des deux parties. Des efforts seraient portés à l’avenir pour éviter de futures disputes territoriales aux frontières. Des propos bienvenus et rassurants alors que venait tout juste de prendre officiellement fin un épisode militaire tendu – 73 jours durant – aux confins des territoires himalayens de la Chine, de l’Inde et du Bhoutan (plateau de Doklam/Donglang). De toute évidence, de part et d’autre de la chaîne himalayenne, il reste encore un peu de chemin à parcourir pour atteindre le but recherché.
Notes de l’ auteur :
* Un face-à-face tendu de juin à fin septembre suite au début des travaux par les troupes chinoises de prolongement d’une route proche de la frontière sino-bhoutano-indienne, près du couloir de Siliguri.
** Sur le plateau de Doklam/Donglang, 89 km² à plus de 4 200 m d’altitude, à la jonction des territoires indien, chinois et bhoutanais.
*** 2,7 milliards d’individus à elles deux, 36 % de la population mondiale.Début décembre, soit un trimestre après un épisode de tension* territoriale sino-indienne au pied de l’Himalaya**, les diplomates et responsables militaires des deux premières démographies*** de la planète sont une nouvelle fois à pied d’œuvre. Qui pour dénoncer les agissements du voisin ; qui pour présenter explications (plus ou moins convaincantes) et justifications sur quelques faits délicats ; qui encore pour rappeler par-delà la frontière (2 659 km de long) que l’on ne saurait s’en laisser conter par la nation et rivale stratégique limitrophe ; sur le contentieux du jour comme sur bien d’autres thèmes… Revenons sur les faits en question pour mieux les replacer dans la perspective complexe de rapports bilatéraux ténus et incertains.[/asl-article-chapo]
*La frontière entre la Chine et l’Inde. **Un des 29 États de l’Union indienne ; situé dans le nord-est, cet ancien État princier montagneux de 7 000 km² et de 600 000 habitants mitoyen de la Chine, du Bhoutan, du Népal et à quelques km du Bangladesh.
*Laquelle fut contrainte en septembre dernier de mettre un terme – pour raison de sécurité – à l’utilisation de certains de ses drones fabriqués par une société chinoise.
**Où la presse américaine laissait entendre en mars que son armée déploierait à terme et à titre permanent des drones d’attaque Grey Eagle armés de missiles Hellfire.
TRIBUNE
Inde-Chine : jeux de drones dans l’Himalaya
Olivier Guillard
Image : Des soldats de l’armée indienne face à un drone Rustom-1 lors d’un salon de la Defence Research and Development organisation (DRDO), en souvenir de l’ancien président indien APJ Abdul Kalam, à Chennai le 28 juillet 2017. (Crédits : AFP PHOTO / ARUN SANKAR)

23 Décembre 2017

CONFLANS : Le camp de fortune des Tibétains vit ses derniers jours….

Près de 400 réfugiés tibétains dorment depuis plusieurs mois sous des tentes sur les bords de l’Oise et de la Seine. Ils vont être envoyés dans des centres d’accueil mardi prochain.

Soulagement à Conflans-Sainte-Honorine. Les 400 Tibétains, qui vivent depuis cet automne sous des tentes, dans le froid, subissant de plein fouet les violentes averses et les bourrasques, vont bénéficier d’un toit. Ils vont quitter mardi prochain leur campement, comprenant précisément 201 tentes installées sur les espaces verts de la Confluence.

« L’opération va se dérouler en douceur, prévient Stéphane Grauvogel, le sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye, qui organise leur prise en charge. Des bus seront affrétés afin de les acheminer vers des centres d’accueil spécialisés de Paris et de Cergy, dans le Val-d’Oise ». Une fois sur place, un examen de chacun sera effectué afin de connaître précisément leur situation. « L’objectif est de les rediriger ensuite vers d’autres établissements en fonction de leur profil ou de leur statut », poursuit le représentant de l’Etat.

La Pierre Blanche est désormais un centre d’hébergement d’urgence des migrants.

L’association la Pierre-Blanche va disposer de moyens supplémentaires, tant humains que financiers. Elle ne va plus uniquement accueillir des réfugiés tibétains. Elle est dernièrement devenue un centre d’hébergement d’urgence pour migrants (Chum). Cette nouvelle structure englobe les quatre sites qu’elle gère à savoir trois maisons à Andrésy ainsi que l’ancien bâtiment des Voies Navigables de France à Conflans, représentant une capacité de près de 400 places. « Grâce à ce statut, les aides financières de l’Etat sont plus élevées, explique Christian Souchon le président. Nous avons embauché des personnes pour assurer l’accueil et pour accompagner notre public. Nous comptons désormais 30 salariés et près de 85 bénévoles. Nous cherchons un cuisinier pour préparer les repas mais aussi pour donner des cours aux migrants ».

 

Mais faute de place, tous ne vont pas bénéficier d’un hébergement d’urgence. « Il nous faut trouver une solution pour une cinquantaine de personnes en attendant d’obtenir des places supplémentaires, indique Stéphane Grauvogel. Nous discutons avec la ville de Conflans concernant cette période intermédiaire ». Et ce point fait polémique. Selon plusieurs associations locales qui soutiennent les Tibétains, la mairie aurait refusé de mettre un gymnase à la disposition de la sous-préfecture. « Nos équipements sont utilisés par des scolaires et des associations, se justifie Laurent Brosse, le maire (LR). Mais nous avons identifié d’autres locaux pour héberger temporairement les réfugiés ».

Image : Conflans ce jeudi. Plusieurs centaines de réfugiés tibétains dorment dehors sous des tentes alors que les conditions météo sont très mauvaises. LP/YF

Yves Fossey 14 décembre 2017, 17h01


23 Décembre 2017

PLATEAU TIBETAIN : Rencontre avec les dernières Panthères des Neiges, au J.T. de 20 h, du 17 décembre 2017

 
JT 20H – Les montagnes tibétaines sont devenues un sanctuaire pour les panthères de neiges.

C’est l’un des félins les plus insaisissables de la planète. La panthère des neiges est un animal discret et ses observations sont difficiles. Mais des naturalistes français ont pu rencontrer cet animal mythique dans les montagnes tibétaines.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 17/12/2017 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1.

JT 20H – Les montagnes tibétaines sont devenues un sanctuaire pour les panthères de neiges.

https://www.lci.fr/international/rencontre-avec-les-dernieres-pantheres-des-neiges-au-tibet-2073678.html

En complément cette information tombée quelques jours après la diffusion … Pure coïncidence ou… au choix !

Des léopards des neiges aperçus pour la première fois dans l’est du Tibet

(环境)(1)西藏昌都怒江河谷拍摄到健康雪豹种群

http://french.xinhuanet.com/2017-12/18/c_136835074_2.htm


23 Décembre 2017

« L’avenir du Tibet et de l’Inde » par Claude Arpi.

Au moment où j’écrivais cet article, la nouvelle tombait  » le Dalaï Lama pourrait éventuellement se rendre en Chine en visite privée », information confirmée aujourd’hui par le Dr Lobsang Sangay -Sikyong – leader élu de l’Administration Centrale Tibétaine.
Sangay a déclaré à la presse : « N’ en espérez pas trop. Tout au plus, considérons qu’ il s’agit d’une visite privée et il est trop tôt pour en dire quoi que ce soit.  »
La visite, si elle se matérialise, ne peut que poser un sérieux problème de sécurité.
Le Tibet et le Dalaï Lama ont récemment fait la une de l’actualité. Est-ce à dire que la question du Tibet évolue vers une solution? Probablement pas.
A Calcutta, ce 23 novembre, le Dalaï-Lama affirmait : «Le Tibet ne cherche pas l’indépendance d’ avec la Chine mais souhaite un plus grand développement. … La Chine et le Tibet entretenaient des relations étroites, bien qu’il y ait eu occasionnellement des « bagarres ».  »
Tout en réaffirmant que la Chine se devait de respecter la culture et l’héritage tibétains, il ajoutait:  » Le passé est passé. Nous devrons regarder vers l’avenir … Nous voulons rester avec la Chine. Nous voulons plus de développement.  »
Le « développement « n’était pas à l’ordre du jour,lorsque le leader spirituel tibétain a rencontré l’ancien Président américain Barack Obama le 1er décembre ; selon un assistant, ils ont discuté de «compassion et d’altruisme». Le Dalaï Lama a déclaré que la rencontre avec Obama était « très bonne, je pense que nous sommes vraiment deux vieux amis de confiance ». Au cours de leur rencontre de 45 minutes, les deux dirigeants ont seulement discuté de la promotion de la paix dans le monde déchiré par les conflits et la violence.
A son retour à Dharamsala, le moine tibétain a annoncé qu’il ne pourrait plus voyager à l’étranger ; sa fatigue aurait considérablement augmenté, a-t-il dit. Il a déjà nommé deux émissaires officiels, le Premier Ministre Lobsang Sangay et l’ancien Premier ministre Samdhong Rinpoche, qui seront en charge de le représenter.

Quelques jours plus tard, le Dalaï-Lama faisait encore la une des nouvelles, en donnant une interview inhabituellement longue – une page entière du journal – au Times of India (ToI). Développant le sujet de la tradition tibétaine et de sa proximité avec le système de croyances en l’Inde ainsi que sa pertinence dans le monde actuel, le Dalaï Lama était interrogé sur sa déclaration précédente relative au développement du Tibet.
Le guide spirituel tibétain déclarait : « Nous avons aussi besoin de développement matériel. Et beaucoup de Chinois montrent une véritable appréciation de la connaissance spirituelle des Tibétains… Dans le futur, avec le Bouddhisme, nous pourrions contrôler la Chine. Oui, c’est possible! »
Le Dalaï-lama poursuivait : « Le Gouvernement chinois doit respecter la culture tibétaine et la langue tibétaine. Une fois, des fonctionnaires chinois à l’esprit étroit ont délibérément essayé d’éliminer la langue et l’ écriture tibétaines – c’est impossible à faire. Les Tibétains ont, eux aussi, une culture ancienne difficile à éliminer. »
Cette fois encore, pas un mot sur un éventuel retour dans son pays natal et sur « plus de développement » pour le Tibet, ce qui pourrait devenir un sérieux problème pour l’Inde.

Que signifierait plus de développement sur le plateau?
Pour les Tibétains, cela se traduirait probablement par encore plus de Chinois Han émigrant au Tibet pour construire et entretenir de nouvelles routes, aéroports, lignes de chemin de fer et villes.
Pour l’Inde aussi, cela aurait des conséquences puisque tous ces nouveaux développements seraient à double usage, c’est-à-dire civil et militaire.
Le 1er juillet 2016, China Military Online rapportait qu’ à Pékin s’était tenue une réunion conjointe sur le développement de l’intégration militaro-civile -connue sous le nom de «double usage» – des aéroports.
A l’ordre du jour figuraient les « Dispositions provisoires sur la sécurité de l’exploitation dans les aéroports  à double usage par la Force aérienne de l’APL (PLAAF)». Selon le site Web de l’APL, ce développement est basé sur le principe gagnant-gagnant pour les deux administrations militaire et civile. Le nouvel arrangement intègre le développement des ressources aéroportuaires militaires et civiles entre le PLAAF et l’aviation civile.
L’article explique en outre : « Son objectif principal est d’établir un mécanisme de gestion complémentaire avec une coordination harmonieuse et des ressources partagées pour former progressivement une capacité de soutien garantissant la sécurité des vols en temps de paix et répondant aux besoins de combat en temps de guerre.»
Peu de temps après, l’aéroport de Lhasa Gongkar est devenu l’un des deux premiers aéroports  » intégrés « en Chine.

Depuis lors, le Congrès National du Peuple a adopté une nouvelle loi concernant le transport de la Défense nationale. La législation couvrait l’utilisation des infrastructures à double fin, de défense et civiles. Xinhua a rapporté : « La nouvelle loi réglemente la planification, la construction, la gestion et l’utilisation des ressources dans les secteurs des transports tels que les chemins de fer, les routes, les voies navigables, l’aviation, les pipelines et les services postaux. »
Après le récent incident au point frontalier tripartite entre le Sikkim, le Tibet et le Bhoutan, plus de «développement» facilitant le déploiement rapide des troupes et des forces spéciales aéroportées sur le Plateau, la Chine pourrait être tentée d’entrer en conflit avec l’Inde.
Un autre exemple : le fait que la rivière Siang [ Brahmapoutre ] soit devenue subitement noire a été récemment commenté dans la presse indienne. Bien que ce ne soit pas dû à une «dérivation» du Brahmapoutre, le limon peut, avec certitude, être attribué à des «développements» dans le sud du Tibet,voire peut-être à un tremblement de terre survenu en novembre dans la région.

Le jour où le Dalaï Lama a rencontré Barack Obama, un site internet chinois faisait mention de la route de Metok, le dernier village tibétain avant l’arrivée du Yarlung Tsanpo en Inde dans l’état de l’Arunachal Pradesh. L’article chinois décrit Métok comme une « île isolée » par le manque d’infrastructure routière :  » La situation est restée inchangé jusqu’en octobre 2013, fin de construction de la route de Zhamo… [depuis] la route s’est rapidement agrandie. »
Daqiao, député de Métok admettait :  » La route complétée a aussi permis l’arrivée de plus de touristes, ce qui est un bienfait pour les revenus des locaux qui offrent leurs services aux visiteurs. »
Wang Dong, le patron de Daqiao, ajoutait: “Nous améliorons la route cette année avec un investissement de 1,2 milliards de yuanWe are upgrading the road this year with an investment of 1.2 billion yuan.”
C’est beaucoup d’argent pour « améliorer » une route existante si proche de la frontière indienne ; sans doute qu’un tel « développement » apportera plus de vase au Brahmapoutre… rapprochera la PLA de la frontière.
In a related issue, former Ambassador Phunchok Stobdan commented in The Wire: “Within this rapidly-unfolding scenario, the Dalai Lama appears to have sent Samdong on a discreet visit to Kunming [in China’s Yunnan province]. Samdong’s visit, starting from mid November, must have been facilitated by no less than You Quan – newly-appointed head of the United Front Work Department that overseas Tibetan affairs. You Quan, who formerly served as party secretary of Fujian, is a close associate of President Xi.”
Though Samdhong’s visit has not been confirmed, it is doubtful that the Tibetans could sign a deal with an everyday more authoritarian regime in Beijing in the present circumstances; it is however worrisome for India. If the Dalai Lama returns to Tibet, will the Tibetans take Beijing’s side on for the disputed borders, particularly in Ladakh or Uttarakhand (in the case of Tawang, the Dalai Lama has made it clear time and again, that it is Indian territory)?
Another strange development is the nomination of a Tibetan General, Thubten Thinley to the recently-held Communist Party’s 19th Congress. General Thinley, besides being a rare specimen of a ‘minorities’ general’, specialized in military recruitment; his job is to recruit Tibetans in the People’s Liberation Army (PLA). For China, it makes sense to enroll more Tibetans in the PLA and post them on the ‘Indian’ borders.
Local Tibetans are tempted by the enrollment, as it brings more decent revenues to the poorer sections of the Tibetan society,.
The Dalai Lama told the ToI: “China needs India, India needs China …There is no other way except to live peacefully and help each other.”
It might be true in theory, but the Doklam incident has taught us that there is a gap between the theory and the present practice.
India should be watchful of Beijing’s next move on the Tibet issue.
Traduction France Tibet( à terminer )

Image : Le Dalaï Lama arrive en Inde (31 mars 1959)


23 Décembre 2017

Le Dalaï Lama et la politique de réincarnation : la prochaine crise dans les relations sino-indiennes ?

 

La question de la réincarnation du Dalaï Lama est indissociablement liée à l’aspiration à l’indépendance du peuple tibétain.

L’immense influence du pouvoir spirituel de Sa Sainteté le Dalaï Lama a été particulièrement manifeste lors de sa récente visite dans différents monastères à Arunachal Pradesh. Les gens sont venus en masse, non seulement depuis les environs, mais d’aussi loin que le Bhoutan et les régions sub-himalayennes. Il ne fait aucun doute que les autorités chinoises en auront pris bonne note, car quelque opposition qu’aient pu tenter de manifester les Chinois, les messages contenus dans les sermons de Sa Sainteté le Dalaï Lama auront fait écho auprès de la quasi-totalité des Tibétains habitant le Tibet. Et c’est bien là que réside le nœud du problème. Quels que soient la pression politique et le développement économique mis en place par les Chinois, ils n’ont tout simplement pas été capables d’ébranler la foi durable des Tibétains dans l‘aura de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Les Tibétains lui vouent une foi, une croyance et une confiance sans équivalents dans aucun endroit du monde.

Les autorités chinoises ont pris conscience du fait qu’à mesure que Sa Sainteté avance en âge, il s’écoulera peu de temps avant qu’ils ne soient confrontés au sujet délicat que constitue la réincarnation du 15ème Dalaï Lama.

Dans une réponse écrite la semaine dernière, le Ministre chinois des Affaires Etrangères a déclaré que la réincarnation du Dalaï Lama devrait se faire à l’issue des rituels religieux, des règles historiques et des législations nationales. La réincarnation du Dalaï Lama devrait être conduite selon la tradition qui consiste en un tirage au sort devant l’Urne d’Or Shakyamuni dans le Temple de Dachau à Lhassa (Monastère du Jokhang). Le Ministre chinois des Affaires Etrangères a déclaré sans ambiguïtés sur plusieurs forums que le prochain Dalaï Lama ne pourra assumer sa fonction qu’avec leur accord (forme emphatique ajoutée) ; selon une pratique établie en 1793.

Le souci, c’est que personne ne les croit – de même que les Tibétains ne l’accepteraient pas – le prochain Dalaï Lama ne saurait être soumis à l’approbation de Pékin. Il pourrait donc en résulter une situation de crise, où l’on se trouverait en présence de deux Dalaï Lama, personne n’accordant la moindre attention à celui qui aurait été choisi par la Chine. Ce serait alors une perte de contenance humiliante pour les autorités chinoises. Il semblerait qu’elles aient d’ores et déjà identifié Gyaltsen Norbu – le Panchen Lama désigné par les Chinois – comme leur carte maîtresse pour imposer le prochain Dalaï Lama aux malheureux Tibétains. Le 10 juin 2015, le président Xi Jinpin a reçu Gyaltsen Norbu à Zhongnanhai, ce qui a été, pour ce dernier, l’occasion de jurer sa « loyauté éternelle » au Parti Communiste Chinois, tout autant qu’à Xi lui-même. Le Parti a aussitôt publié un Livret Blanc à l’occasion du 50ème anniversaire de la création de la Région Autonome du Tibet, dans lequel il exprime son vœu « d’identifier et de désigner le 15 ème Dalaï Lama ».

L’actuel Dalaï Lama est très ferme sur la question du prochain Dalaï Lama. Il a décrit la position chinoise comme « totalement absurde ». Dans une interview accordée en mars à John Oliver de HBO*, Sa Sainteté a déclaré : “En ce qui concerne ma propre naissance, la décision finale m’incombe, et à nul autre″. Sa Sainteté avait auparavant, le 24 septembre 2011, dans une déclaration publique sur la question, donné les explications suivantes :

″Quand j’atteindrai 90 ans, je consulterai les grands Lamas des Traditions Bouddhistes tibétaines, le peuple tibétain et toutes les personnes concernées qui suivent la tradition bouddhiste tibétaine et reconsidérerai la question de savoir si l’ Institution du Dalaï Lama doit être perpétuée ou non. C’est à partir de ces considérations que nous prendrons une décision. S’il est décidé que la réincarnation du Dalaï Lama doit continuer et s’il est nécessaire qu’un 15ème Dalaï Lama soit reconnu, la responsabilité en incombera prioritairement aux officiers concernés de la Fondation de Phodrang. Ils consulteront les principaux chefs du Bouddhisme Tibétain ainsi que les protecteurs de Dharma assermentés qui sont liés indissolublement à la lignée du Dalaï Lama. Ils devront chercher conseils et avis auprès de ces personnes et mener à bien les procédures de recherche et de reconnaissance dans le respect des traditions. Je laisserai à ce sujet des instructions écrites claires. N’oubliez pas que, en dehors de la réincarnation reconnue au moyen de ces processus légitimes, aucune reconnaissance ou acceptation d’un candidat choisi pour des motifs politiques, en particulier par la République Populaire de Chine, n’est possible.

Il ne fait aucun doute que les Chinois savent que la question du prochain Dalaï Lama aura des répercussions sur les relations sino-indiennes. Bien qu’au fil des ans l’Inde ait officiellement reconnu le Tibet en tant que région autonome chinoise, il subsiste, dans l’esprit des Chinois, des doutes quant aux intentions de l’Inde. L’intervention militaire chinoise de 1962 elle-même fut attribuée, non pas à une quelconque légitimité de la Ligne Mac Mahon, mais, ainsi que Mao le confiait en 1964 à une délégation népalaise, au fait que, “aux yeux du gouvernement indien, le Tibet leur appartient.″ En outre, la Chine a justifié l’intervention militaire de 1962 en soulignant que les cercles de pouvoir indiens avaient ″endossé la parure des impérialistes britanniques″ et avaient commencé à “considérer le Tibet chinois comme une sphère d’influence indienne″ [forme emphatique ajoutée]. Cette paranoïa chinoise à propos des intentions de l’Inde concernant le Tibet se poursuit encore, ainsi, chaque fois qu’une déclaration conjointe est envisagée, les Chinois insistent pour qu’une phrase affirmant que le Tibet fait partie intégrante de la République Populaire de Chine y soit intégrée.

En dépit des efforts considérables accomplis au cours des ans, la Chine n’est toujours pas parvenue à apaiser l’aspiration des Tibétains à une complète autonomie, ou même à l’indépendance. La Chine a tout essayé, de la répression brutale jusqu’aux avantages économiques ; pourtant, l’aspiration des Tibétains à leur indépendance ne s’est pas éteinte – à la grande colère des Chinois. La Chine est confrontée à une crise de crédibilité au Tibet, même après un demi-siècle de soi-disant « réformes démocratiques ». ll arrive que même les responsables chinois, dans des moments de grande sincérité, admettent qu’en dépit du succès de leurs mesures économiques, leur stratégie politique pour garantir la stabilité s’est soldée par un lamentable échec. Les Chinois ont reçu un vigoureux coup de semonce à la veille des Jeux de Pékin en 2008, quand des mouvements de protestation de grande ampleur sont survenus au Tibet. Les mouvements contestataires de 2008 au Tibet ont été les plus importants depuis l’exil du Dalaï Lama en 1959. Depuis 2009 plus de 150 Tibétains se sont immolés en signe de protestation contre l’occupation chinoise. Les actes de protestation tibétains prennent parfois des formes subtiles, telles que l’affichage du portrait du Dalaï Lama dans les salles de prière, les protestations écrites en vers et en musique ou le simple fait de se tourner vers le sud [vers Dharamsala où réside le Dalaï Lama], en présence de dirigeants chinois et de courber la tête dans une prière silencieuse. Rien n’irrite plus les dirigeants chinois.

La Chine prend conscience que la frontière sino-indienne est, dans les faits, dans sa plus grande partie une frontière indo-tibétaine, à l’exception d’une courte portion frontalière du Xinjiang. Aucune carte ancienne tibétaine ne montre la limite sud entre le Tibet et l’Inde. Pourtant la Chine cherche aujourd’ hui à embrouiller les choses, alors que sur la période s’étendant de 1911 à 1951 elle était totalement absente de la scène et que le Tibet n’était indépendant que de nom. Il n’y avait pas un seul soldat ou administrateur chinois au Tibet et aucun contrôle chinois effectif le long de la frontière indo-tibétaine. La Chine sait très bien que la grande majorité des Tibétains aspirent à un retour à cet état de fait.

L’histoire nous montre que l’Asie Centrale, avec le Tibet situé à son épicentre, a connu des bouleversements politiques sporadiques. Dans le passé, l’influence culturelle et religieuse du Tibet sur l’Asie Centrale était considérable. Et s’exerçait principalement au travers de l’aura du Dalaï Lama. Les conditions sont réunies pour qu’un différend éclate autour du choix du prochain Dalaï Lama. Il constituera, à coup sûr, un enjeu d’importance, dans lequel l’Inde est vouée à s’impliquer. En dehors de cette approche strictement religieuse, l’Inde sera tout aussi impliquée que la Chine, car il est hautement probable que le prochain Dalaï Lama se réincarne au sein de la communauté tibétaine résidant en Inde. Car après tout, c’est bien le 5 ème Dalaï Lama qui fonda un important  Monastère à Tawang, lequel est fortement lié au célèbre Monastère du Drepung à Lhassa.

R. S. Kalha est un ancien secrétaire au Ministère des Affaires Etrangères, en Inde.

 


23 Décembre 2017

CHINE / INDE … danger imminent : Des images satellitaires montrent que la Chine utilise un tunnel secret pour détourner l’eau du Brahmapoutre vers le désert duTaklamakan

Satellite photo of China blocking Brahmaputra river

 

National Security

Dans ce qui constitue peut-être la première preuve d’un éventuel projet de détournement des eaux du Brahmapoutre par la Chine, les dernières images satellitaires permettent d’ observer un nouveau barrage massif sur la rivière Brahmapoutre – Yarlong Tsangpo en tibétain – avec un tunnel qui semble engloutir, en souterrain, l’ensemble du cours d’eau, sur près d’un kilomètre.Le Brahmapoutre est considéré comme sacré pour les Indiens et les Tibétains ; il prend sa source dans le Glacier Angsi situé dans le Comté de Purang au Tibet.  Les premières observations signalaient des eaux devenant noires [ boueuses] du côté indien, tout à fait en rapport avec les plans chinois visant à détourner les eaux du Fleuve vers les terres arides du désert du Taklamakan.Bien que le Gouvernement indien ait déclaré qu’il n’y avait aucune preuve de projet de détournement d’eau, l’imagerie satellite du 26 novembre 2017, avec la permission du fournisseur commercial américain d’images spatiales DigitalGlobe, indique qu’un nouveau projet est à un stade avancé. Ce rapport – basé sur les dernières images satellitaires – examine uniquement la position réelle au sol. Les mesures effectuées sur des images à très basse résolution peuvent ne pas être tout à fait exactes.

NOUVEAU PROJET

Les images disponibles montrent un nouveau barrage de 200 m de large qui semble avoir complètement bloqué l’eau du Brahmapoutre. Le cours total de la rivière semble se  partager en deux conduites forcées constituant deux bras d’environ 50 m de largeur chacun vers l’ouest de la rivière. Après environ 900 m en aval, l’ eau réapparaît dans deux sorties dont la taille et la forme sont très similaires  à celles des entrées.

Le projet – actuellement en cours de construction – est, à vol d’oiseau,  situé à 60 km à l’est du Canton de Shannan et à près de 40 km à l’est du Comté de Sangri.
Ce qui pose actuellement problème au sujet de ce projet, c’est qu’un autre projet – le Barrage de Tsangmo ou  Zangmu – a récemment été conduit à terme, installé à seulement 13 km en aval. Mis en service fin 2015  ce barrage de Zangmu dispose d’une capacité de production d’énergie de 510 MW. Pékin n’avait prêté aucune attention aux objections de l’Inde au sujet de cet ouvrage.

PLAN DE DÉRIVATION POSSIBLE

La construction de ce nouveau barrage situé à 13 km en amont de Tsangmo, et qui détourne toute l’eau à l’intérieur de la montagne, suggère que son objectif ne soit pas seulement la production d’hydroélectricité. Le but de ce projet est probablement de détourner une partie des eaux du Brahmapoutre vers les zones arides du désert de Taklamakan.

L’étude approfondie de la géographie de la région, incluant le profil d’élévation, indique clairement que la Chine pourrait en réalité envisager  de détourner les eaux du Brahmapoutre à environ 1 100 km au nord-ouest du site du projet.

Le parcours [ souterrain ] indiqué sur l’image ci-dessous montre l’itinéraire possible du tunnel qui ne rencontre aucun plan d’eau sur son passage. La différence de niveaux, entre le site du projet et le site d’arrivée dans le désert de Taklamakan, suggère qu’une pente descendante sera disponible pour que l’eau coule naturellement, sans aucune construction supplémentaire, à destination des grands puits intermédiaires de stockage.
L’Inde se situant en aval du Brahmapoutre a tous les droits sur ses eaux et tout détournement d’eau de cette rivière pourrait probablement nuire à l’agriculture indienne. En cas d’urgence, une fuite d’eau soudaine dans ces installations peut également causer des ravages du côté indien.

 

                                                                                                                         Le Brahmapoutre (Photo courtesy: The News Mill)

EAUX NOIRES

L’imagerie par satellite montre que la Chine pulvérise, en tant que système antipoussières des adhésifs en résine polymère tout autour de cette zone de travaux. Couramment utilisés pour les grands projets de construction, ces adhésifs en résine ne le sont jamais pour des projets liés à  l’eau ; selon certains ingénieurs spécialistes de construction de projets d’eau, ces adhésifs sont réputés nocifs pour les humains et les animaux.

Ces pulvérisations de résine ont été observées au cours des deux derniers mois. L’estimation approximative du temps d’écoulement de l’eau pour atteindre l’Inde à partir de cet emplacement du projet est de 15 à 20 jours. La couleur de l’eau du Brahmapoutre en Assam prenant soudainement une teinte plus sombre, pourrait être due, selon les rapports dans les médias, à l’utilisation de ces adhésifs de résine sur ce site du projet.

CONSTRUCTION A PLEIN RENDEMENT

Les concasseurs de pierres et les cimenteries sont très repérables sur les images satellitaires d’observation du site. Les produits de ces installations sont évidemment utilisés à l’intérieur de ces tunnels à des fins de construction. Le matériau extrait de l’intérieur de ces tunnels est empilé le long de la rivière jusqu’au niveau de la route. La plupart des pierres sont concassées en blocs de différentes tailles et certaines d’entre elles peuvent être entraînées dans le fleuve, selon le débit d’eau.

Des allées et venues incessantes d’un grand nombre de bennes basculantes et d’autres véhicules transportant du matériel à destination et en provenance de cette zone. Une zone administrative est également visible à l’est du projet avec un grand nombre de maisons et de casernes à toit rouge, pouvant éventuellement accueillir des employés et également abriter des bâtiments administratifs.

Des images montrent que la Chine utilise un tunnel secret pour détourner l’eau du Brahmapoutre vers le désert
13 décembre

 
 

Source: Vinayak Bhat
 Les canaux de barrages, les systèmes d’irrigation peuvent transformer l’eau en une véritable arme politique à utiliser en temps de guerre, ou pendant la paix, pour signaler l’agacement d’un Etat co-riverain.

 

Source : the Economic Times, Indiatimes.

Traduction France Tibet,14 décembre 2017

En complément d’ informations, il semble utile de rappeler le travail d’ informations réalisé par Antoine Boutet 

Le « Nan Shui Bei Diao » – est le plus gros projet de transfert d’eau au monde, entre le sud et le nord de la Chine. Sur les traces de ce chantier colossal, le film d’Antoine Boutet dresse la cartographie mouvementée d’un territoire d’ingénieur où le ciment bat les plaines, les fleuves quittent leur lit, les déserts deviennent forêts, où peu à peu des voix s’élèvent, réclamant justice et droit à la parole. Tandis que la matière se décompose et que les individus s’alarment, un paysage de science-fiction, contre nature, se recompose.

Sud Eau Nord Déplacer sortira mercredi 28 janvier dans les salles de cinéma. Vous trouverez, ci-dessous, les commentaires de premiers spectateurs, des extraits de presse, ainsi que la programmation des prochaines semaines.
Si vous souhaitez vous associer à une de ces projections, contactez la salle de cinéma concernée ou la distribution du film : mdecout@zeugmafilms.fr
Si vous souhaitez accompagner une projection dans une ville où le film n’est pas encore programmé, contactez-nous : hague.philippe@gmail.com

 

Après le [conflit] du Doklam, la Chine et l’Inde semblent s’orienter vers une autre crise, en effet Pékin travaille sur un ambitieux plan de détournement des eaux du Brahmapoutre vers la région aride du Xinjiang. La Chine planifierait un ouvrage de 1 000 km de long, ce qui en fera le plus long du monde. (un barrage de détournement est déjà construit, comme le révèlent des images satellites, cf notre article, NdT )

Le Brahmapoutre prend sa source au Tibet, où les Tibétains l’appellent Yarlung Tsanpo. Le tunnel devrait détourner l’eau du Tibet à l’aide d’une série de chutes d’eau.

La Chine teste sa capacité à construire un tel tunnel en en construisant un plus petit : en août, dans sa province du Yunnan, la Chine a commencé la construction d’un tunnel qui fera plus de 600 km. Selon le South China Morning Post, les ingénieurs chinois y testent des techniques qui seront utiles au projet Tibet-Xinjiang.

L’article citait un ingénieur en géologie annonçant que le tunnel « transformerait le Xinjiang en Californie ». Des chercheurs ont déclaré au journal chinois que le projet du Yunnan était une « répétition » des nouvelles technologies, des méthodes d’ingénierie et du matériel nécessaire pour le tunnel Tibet-Xinjiang.

L’Inde se sent déjà menacée par les projets chinois sur le Plateau Tibétain qui impactent le régime de ses cours d’eau. Le détournement du Brahmapoutre est une idée dont la Chine ne parle pas en public car cela implique détruire les plaines des territoires indiens du nord-est et ceux du Bangladesh, soit par des inondations soit par un manque d’eau.

En 2001, un barrage avait cédé au Tibet, tuant 26 personnes et créant des dommages pour 1,4 milliards de roupies (18,5 millions d’euros ) le long du Siang dans l’Arunachal Pradesh (Nord-Est de l’Inde).

En 2013, L’Inde s’était déjà plainte à la Chine concernant ses projets de barrages sur le Brahmapoutre.

Récemment, la Chine a déclaré construire un barrage sur un affluent du Yarlung Tsangpo.

Barrages, canaux, systèmes d’irrigation peuvent transformer l’eau en arme en temps de guerre ou en temps de paix pour faire pression sur son voisin en aval.

Read original story here.

http://tibet.net/2017/12/images-show-china-may-be-using-a-secret-tunnel-to-divert-brahmaputra-water-into-desert

COL. VINAYAK BHAT (RETD) 13 décembre 2017

Image : La Chine bloque le Brahmapoutre complètement  | Vinayak Bhat

RAPPEL du film d’ Antoine Boutet

 

RAPPEL  : http://www.tibet.fr/?s=brahmapoutre++chine+barrages&x=18&y=10


23 Décembre 2017

THIMPHU ( BOUTHAN) : Manger de la viande ou sauver la vie des animaux ? La question qui divise le Bhoutan

Près de Thimphou, la capitale du Bhoutan.

Le jour vient à peine de se lever à Thimphou, la capitale du Bhoutan, et des dizaines de véhicules tout-terrain foncent déjà vers l’Inde. On les appelle ici les « jeeps à viande ». Elles roulent si vite, sur la route qui serpente dans les montagnes tapissées d’une végétation vert émeraude, que les automobilistes prient pour ne pas en croiser une à la sortie d’un virage. Pour ces bolides sans système réfrigéré, la vitesse est le meilleur moyen de conserver la viande fraîche. Chaque jour, le Bhoutan achète ainsi des tonnes de viande à son voisin.
Agneau, porc, poulet ou bœuf… le burger à la viande de Yak a aussi beaucoup de succès à Thimphou. Mais le problème est que dans ce pays bouddhiste, personne ne veut tuer les animaux. Avec une consommation de viande en hausse, qui creuse le déficit de la balance commerciale, le gouvernement tente de convertir le royaume à la pratique de l’abattage. Hérésie pour les uns, solution réaliste pour les autres, le sujet déchaîne les passions.
Activité sacrilège
La Banque asiatique de développement avait construit le premier abattoir flambant neuf dans les années 1990, pensant augmenter les revenus des propriétaires de cheptel. Mais aucun d’entre eux n’a voulu y vendre ses bêtes et il a fallu importer des animaux pour les découper en morceaux. L’abattoir a fermé ses portes, comme de nombreux autres après lui.
La pêche relève tout autant de l’activité sacrilège. Les autorités, conscientes que ce loisir attirait des touristes du monde entier, l’ont finalement autorisé, mais en imposant des règles strictes : interdiction de pêcher à moins d’un kilomètre d’un site religieux ou pendant les jours sacrés du calendrier bouddhiste. Et surtout, les poissons doivent être aussitôt relâchés. Les agences de tourisme proposent donc des formules catch and release, c’est-à-dire de « prise et de relâche ».
Cette aversion pour la pêche ou l’abattage d’animaux provient du bouddhisme, religion officielle du royaume. Le livre des vies antérieures de Bouddha, le « Jataka », fait souvent référence aux animaux comme étant des êtres bons, braves, fidèles et dotés de bon sens.
Le bouddhisme est aussi fondé sur le principe du karma, à savoir que chaque action possède des causes et des conséquences dans le cycle des existences. En vertu de cette loi, il est tout à fait envisageable, après sa mort, de se retrouver dans un burger servi dans un restaurant de Thimphou, au bout d’un hameçon, ou réincarné dans une vache vendue à l’abattoir. Il y a dans la répugnance vis-à-vis de la cruauté animale, de la compassion pour les êtres vivants, certes, mais aussi beaucoup de crainte quant à sa condition dans une vie future.

« Réciprocité karmique »
Entre les hommes et les animaux, les Karmas s’échangent aussi. Les familles recourent ainsi à la pratique du Tsethar, qui consiste à choisir au hasard un animal, dans leur troupeau, pour lui rendre sa liberté. L’animal est emmené au monastère, enduit de beurre. Un moine lui récite à l’oreille quelques mantras et le voici devenu maître de sa vie. C’est le principe de la « réciprocité karmique ».
L’abattage d’animaux a toujours été limité au Bhoutan à quelques offrandes ou à de rares repas à l’occasion de fêtes. Or la hausse de la consommation de viande inquiète les plus religieux. En sauvant les animaux des abattoirs, l’organisation Jangsa Animal Saving Trust tente de sauver l’héritage bouddhiste du pays.

Selon la version officielle donnée sur son site Internet, le Lama Kunzang Dorjee aurait créé l’association en 2000, après que cinq taureaux se soient échappés d’un abattoir pour trouver refuge dans son monastère. Depuis, l’association sauve les animaux en les relâchant dans des parcs naturels et elle a même créé des unités de soins intensifs pour venir en aide aux bêtes blessées.

Jusqu’à présent, les Bhoutanais avaient trouvé la parade en ne consommant que la viande des animaux morts naturellement. Il suffit qu’une vache chute accidentellement pour qu’elle provoque un attroupement. Entre les accidents des « jeeps à viande », les émeutes provoquées par les morts naturelles de bêtes, et les problèmes d’hygiène liés au transport de carcasses depuis l’Inde, le gouvernement a annoncé, en 2015, la construction d’abattoirs. Des débats enflammés ont suivi au Parlement.
Camouflage
Même le concept souverain du « bonheur national brut » n’a pas permis de trancher les débats. Les uns disent qu’il consiste à respecter les valeurs du bouddhisme, et donc à interdire les abattoirs, les autres affirment au contraire qu’il réside dans la sécurité alimentaire du pays.
Le premier abattoir, encore mieux caché qu’un centre d’espionnage, a finalement été construit en toute discrétion. Ceux qui vivent aux alentours ignorent d’ailleurs qu’il existe. Pour s’y rendre, Il faut emprunter une route jusqu’à ce qu’un panneau annonce l’entrée au « Livestock products value addition center », que l’on pourrait traduire par un « centre de valeur ajoutée des produits du bétail ». On ne pouvait imaginer meilleur camouflage.
Le jour de notre visite, les dix employés du laboratoire étaient en formation à l’étranger. Mais un gardien veillait de près sur l’endroit, au cas où des bouddhistes souhaiteraient, comme il l’explique, « sauver des vies, ou des Karmas, en vandalisant l’abattoir ».

image: http://s1.lemde.fr/image/2017/12/13/534×0/5228767_7_d63c_pres-de-thimphou-la-capitale-du-bhoutan_cac6e2fdef001f42e4e1e686c4955d3f.jpg
LE MONDE | 13.12.2017 à 06h35 | Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondant régional)
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23 Décembre 2017

CONFLANS : Annulation du Départ prévu demain 13 décembre pour mise à l’abri des Tibétains de Conflans …. Opération reportée à…..

COMMUNIQUE DU COLLECTIF DE SOUTIEN AUX REFUGIES DE CONFLANS SAINTE HONORINE

 

 

Les services de l’Etat dans le département des Yvelines se sont manifestés enfin en organisant une opération de mise à l’abri des réfugiés et demandeurs d’asile actuellement sans abri .Le campement de fortune qui se tient au pointil comprends selon les derniers chiffres près de 370 personnes réduites à s’abriter dans des tentes bien insuffisantes si l’on considère les conditions météorologiques.L’opération avait été fixée pour se dérouler le 13 décembre.Les services de l’Etat ont pris contact avec nous en nous laissant le soin d’assister en tant qu’observateurs indépendants.

 

 

C’est alors que nous avons appris que cette opération était ajournée en raison de la décision unilatérale de la mairie de Conflans de refuser la mise à disposition d’un gymnase à titre provisoire, pendant le temps d’un transfert de quelques jours au plus. Face à cette situation insupportable et aux conditions atmosphériques très dégradées, nous avons préparé un communiqué et participerons à la mobilisation que nous organisons conjointement avec le collectif.

Je vous invite à participer dans toute la mesure de vos disponibilités à cette mobilisation en faveur du respect du droit à l’hébergement d’urgence.

APPEL DU MAIRE DE SALLES SUR GARONNE AUX MAIRES DE FRANCE

Madame le Maire, Monsieur le Maire, chers collègues,
Depuis plusieurs années à Conflans-Saint-Honorine dans les Yvelines, une communauté tibétaine de demandeurs d’asile s’est installée dans la ville. Ils sont aujourd’hui plusieurs centaines et le maire de la ville manque de solution pour les héberger.
L’Etat essaie de trouver des solutions précaires pour qu’ils soient au moins hébergés sous un toit et non plus sous tente comme aujourd’hui.
Au vu du nombre de tibétains, il me semble qu’il serait bon que les communes qui ont parrainé une commune tibétaine puissent essayer de prendre en charge quelques tibétains.
Certes, le contexte n’est pas facile et les tibétains comme les autres réfugiés se retrouvent dans des situations extrêmement précaires.
Nous pourrions faire appel aux bailleurs sociaux lorsque des logements se libèrent ou faire appel aussi à des familles volontaires.
C’est un appel solennel que je vous lance afin que nous puissions essayer tous ensemble d’aider le peuple tibétain.

Jean-Louis Halioua
Maire de Salles sur Garonne (31)
Initiateur des parrainages des communes tibétaines
j.louis.halioua@gmail.com

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23 Décembre 2017

NEW YORK / TIBET : Important rassemblement de solidarité à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme à New York

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Les Tibétains en exil aux Etats-Unis ont organisé, ce dimanche 10 décembre 2017, un rassemblement de solidarité devant le siège des Nations Unies à New York, à l’occasion de la Journée mondiale des Droits de l’homme. Quelques milliers de Tibétains de diverses régions des États-Unis ont participé à la «manifestation de solidarité avec le Tibet pour la paix et la non-violence».

Ce rallye auquel ont participé quelques milliers de Tibétains était organisé par un Comité présidé par Pema Chagzoetansg et Tsewang Rigzin, les deux membres du Parlement tibétain représentant l’Amérique du Nord,dans le cadre « Année de la campagne » lancée par le Kashag le 10 Mars de cette l’année, par  l’Administration  Centrale Tibétaine (CTA)  selon Tibet.net. Le Bureau du Tibet à Washington,  instance gérée par le Gouvernement tibétain en exil, était parmi les principaux organisateurs de ce rassemblement.

De nombreux manifestants défilaient en portant des cercueils drapés dans le drapeau du Tibet afin de  symboliser les 150 Tibétains qui se sont auto immolés pour le Tibet, en scandant des slogans appelant au soutien des Nations Unies ainsi que de la Communauté internationale.

Tibétains présentant les cercueils symbolisant les Tibétains auto-immolés et  hissant le drapeau tibétain lors du rassemblement à New York États-Unis, le 10 décembre 2017. Photo-fb

Durant  son discours, le Président tibétain du Gouvernement tibétain en exil, le Dr Lobsang Sangay,  appelle  l’ONU à considérer les souffrances du peuple tibétain au cours des soixante dix dernières années, au même titre que d’autres atrocités dans le monde qui cherchent à se faire entendre

« L’année prochaine – 2018 – marque la 70 ème année depuis la Déclaration Universelle des Droits de l’homme. Mais où sont nos droits humains? Où est notre liberté fondamentale? C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui devant le siège des Nations Unies pour  nous adresser aux Nations Unies et à la Communauté internationale de ce qui se passe au Tibet depuis soixante ans « , a-t-il déclaré.

« Pendant les six dernières décennies, le Tibet a souffert sous une occupation brutale. Et c’est inacceptable. Les Tibétains souffrent et ils disent que c’est insupportable. Ils se sont auto-immolés,  pas seulement un ou dix ou vingt, mais cent cinquante Tibétains se sont auto-immolés en réclamant le respect de leurs  libertés fondamentales et le retour de Sa Sainteté le Dalaï Lama au Tibet « , ajoutait Prez Sangay.

Le porte parole  Khenpo Sonam Tenphel du Parlement Tibétain en exil, le nouveau Représentant en  Amérique du Nord Ngodup Tsering, le Professeur Raj Mohan Gandhi, plusieurs chercheurs chinois, des militants et des dissidents, y compris le Professeur Ming Xia, Hu Pingwang, Wang Juntao, Li Weidong, Chen Pokong, le Dr Yang Jingli et Xiang Xiaoji, Chen Guangchen ont pris part à ce rassemblement.
Traduction France Tibet

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[Lundi 11 décembre 2017 19:14]

https://www.facebook.com/pasang.g.sherpa.94/videos/vb.1363691178/10215114278554700/?type=2&video_source=user_video_tab

 

toutes les photos : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10215114262954310&set=ecnf.1363691178&type=3&theater



23 Décembre 2017

Tibet : un des principaux lacs de la réserve naturelle de Hoh Xil ne cesse de croître

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Un important lac salé situé sur le plateau Qinghai-Tibet ( nord-ouest de la Chine) a atteint sa taille la plus grande depuis 42 ans, ont indiqué dimanche des météorologues.

La surface du lac salé de la réserve naturelle de Hoh Xil a augmenté jusqu’à atteindre 161,4 kilomètres carrés début octobre, en hausse de 9,3 kilomètres carrés par rapport à la même époque l’année dernière, a précisé Liu Baokang de l’Institut des sciences météorologiques du Qinghai.

Les images satellite du lac prises en octobre 2016 et en novembre 2017 montrent que plusieurs îlots dans le sud et l’est du lac ont été submergés et qu’une péninsule dans le sud-est est devenue une île.

Selon M. Liu, l’expansion du lac est principalement due à la multiplication des précipitations. Les chutes d’eau enregistrées par la station météorologique près du lac entre août et octobre sont supérieures de 10 à 160% à celles des années précédentes.

Les grands lacs de la réserve, dont Zhuonai, Qusay et Hoh Xil, ont tous atteint un niveau historiquement élevé.

L’expansion du lac augmente les risques de causer des dégâts aux habitats des animaux sauvages et aux infrastructures de transport aux alentours, estime Wang Hailin, du bureau de gestion de la réserve.

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Source: Agence de presse Xinhua
Par : french.china.org.cn |  Mots clés : Chine-lacs
French.china.org.cn | Mis à jour le 10-12-2017
image : réserve naturelle de  Hoh Xil
 

10 Décembre 2017

50% des glaciers tibétains ont d’ores et déjà disparus…

« Environ 50 % des glaciers du Tibet ont d’ores et déjà disparus et 2/3 des 46 000 glaciers qui subsistent au Tibet pourraient disparaître d’ici 2100. C’est une triste situation sur laquelle toutes les nations devraient se concerter pour trouver une solution durable » tels étaient les propos du Premier Ministre Dr Lobsang Sangay lors d’une conférence de presse à Guwahati dans le cadre de l’Eastern Himalayan Natureeconimics Forum, organisé par la Fondation Balipara.

En raison de l’urbanisation de la région du Tibet, les glaciers fondent à un rythme beaucoup plus rapide que prévu. Ces glaciers sont la plus grande zone glaciaire mondiale après l’Antarctique et l’Arctique. Dr Sangay a insisté sur l’importance cruciale de maintenir ces glaciers car plus d’un milliard de personnes dépendent de leurs eaux. Les 46 000 glaciers alimentent en eau des pays parmi les plus vastes d’Asie comme, entre autres, la Chine, le Pakistan, le Bangladesh ou encore l’Inde.

« Les conséquences du réchauffement climatique du plateau tibétain impactent aussi bien le climat de l’Europe que celui du Nord de l’Amérique, et cela souligne que le Tibet n’est pas seulement une préoccupation pour 6 millions de Tibétains mais une cause mondiale, » ajoute le Dr Sangay dans le but d’interpeller la Communauté internationale.

En prenant la parole lors de la 5éme Conférence commémorative de Rabindranath Barthakul à Guwahati, le Dr Sangay a rappelé que « la communauté scientifique a évalué que la Terre pouvait nourrir 7 milliards de personnes. Malheureusement la population mondiale va atteindre les 8 milliards cette année. Et maintenant pour ce milliard de personnes il n’y a plus assez de terres, d’eau ou de forêts disponibles. »

« La pénurie croissante d’eau est une réalité à laquelle les Nations devront faire face et sera une source de tensions dans le futur. Il est également fait état dans des rapports que la Chine essaie de dévier le lit du Brahmapoutre et d’affirmer son contrôle sur les vastes ressources en eau du Tibet », poursuit-t-il.

« Si cela venait à se produire, 1.4 milliards de personnes en aval qui dépendent de ces eaux seraient en grand danger. »
Le Dr Lobsang Sangay a également exhorté la Communauté internationale à exercer des pressions sur la Chine pour laisser les Tibétains être les seuls garants du Plateau tibétain en rappelant que cette question est avant tout environnementale.


10 Décembre 2017

DHARAMSALA ( INDE ) / KUNMING (CHINE) : Visite discrète de Samdhong, émissaire spécial du Dalaï Lama à Kunming en novembre …prémices d’une nouvelle Ere XI ?

epa06363314 Tibetan spiritual leader, The Dalai Lama (L), along with Samdhong Rinpoche, former Prime Minister of Tibetan government-in-exile at the ‘Convention for Global Peace, In the Path of Buddha and Gandhi’, at Dharamsala, India, 02 December 2017. The convention was organized by ‘Gandhi Smriti’ in collaboration with Central University of Himachal Pradesh. EPA-EFE/SANJAY BAID

 

Que signifie pour la Chine la fin de l’ère Deng et le début de la «Nouvelle Ere» de Xi ?

Quoi qu’il en soit, le Dalai Lama avait travaillé sur un nouveau Plan – vision 5/50 – qui envisageait une stratégie de cinq ans pour le retour au dialogue avec la Chine, tout en se préparant à un combat de 50 ans si nécessaire – selon l’ adage :  » espérer le meilleur et se préparer au pire « . La stratégie 5/50 a réaffirmé son approche de la voie du Milieu – Umaylam – en tant que moyen politique réaliste de réaliser le double objectif de son retour rapide au Tibet et de la réalisation des aspirations du Peuple tibétain.

La nomination d’émissaires spéciaux personnels satisfait la Chine. Pékin a demandé avec insistance au Dalaï Lama de ne plus se déplacer dans les capitales occidentales, si les pourparlers devaient reprendre. Lors du 19 ème Congrès du Parti, le responsable du Tibet Work Forum  déclarait aux journalistes que les personnalités internationales n’avaient aucune excuse pour rencontrer le Dalaï Lama. Récemment, le Dalaï Lama a même dû annuler la visite prévue au Botswana, se justifiant par son « épuisement » physique.

Dans un récent développement rapide, le Dalaï Lama a sans doute dépêché son émissaire spécial Samdhong en visite discrète à Kunming (Chine). La visite de Samdong, à partir de la mi-novembre, doit avoir été facilitée par pas moins que You Quan – le nouveau chef du Département du Travail du Front Uni qui supervise les affaires tibétaines à l’étranger. Quan, ancien Secrétaire du Parti du Fujian, est un proche collaborateur du président Xi. Il avait auparavant traité avec succès les milieux d’affaires de Hong Kong, Macao et Taiwan.

Ce pourrait être une partie du premier Plan quinquennal engagé avec la Chine, alors que Lobsang Sangay s’engage dans une tournée de 17 jours en Europe et au Canada destinée à soutenir la lutte pour les 50 prochaines années, au cas où le premier Plan [quinquennal ] viendrait à échouer.

Dans le passé, les dirigeants chinois avaient contrecarré le désir du Dalaï Lama de retourner au Tibet. Mais il existe une nouvelle possibilité que cela puisse porter ses fruits cette fois-ci.

Tout d’abord, Xi, largement connu pour avoir un faible pour le Tibet, gardait assez secrètement ce penchant, craignant la résistance des extrémistes. Contrairement à d’autres, il a estimé que les perspectives de résoudre le problème du Tibet disparaîtraient une fois que le Dalaï Lama ne serait plus. M. Xi se trouve maintenant dans une position idéale pour résoudre le problème comme aucun autre dirigeant chinois ne pourrait le faire, car il a également l’avantage d’ y gagner personnellement, tant sur le plan politique que moral, pour devenir le leader le plus crédible de l’histoire chinoise.

Deuxièmement, le Dalaï Lama a fort longtemps espéré que M. Xi change de cap, le qualifiant de «réaliste» et «d’ esprit ouvert», contrairement à ses prédécesseurs. En fait, le dirigeant tibétain a admis avoir reçu des signaux positifs de la part de hauts responsables chinois, en particulier d’éléments modérés, alors que des flots de Chinois Han affluaient à sa rencontre pendant le premier mandat de Xi. En mai de cette année, le Parti était choqué de constater que nombre de ses propres membres finançaient clandestinement le Dalaï Lama.

Mais surtout, les Tibétains vivant à l’intérieur du Tibet ont sans doute fait pression sur le Dalaï Lama  afin qu’ il se saisisse de cette opportunité et puisse résoudre le différend pendant le second mandat de M. Xi, avant que la possibilité d’un accord ne se présente plus d’ ici quelques années.

Avec le temps qui passe rapidement, le Dalaï Lama peut être tout, sauf optimiste. Il a régulièrement perdu tout soutien international face à la montée de la Chine en tant que puissance mondiale. Plus aucun pays n’ose recevoir officiellement le Dalaï Lama.

Lire aussi: La politique de la réincarnation sera la prochaine crise dans les relations sino-indiennes

En dehors de son propre vieillissement, le leader tibétain est confronté au défi de garder son troupeau ensemble. Par exemple, le retard dans la recherche d’une solution provoque de l’anxiété, de l’incertitude et de la division parmi son peuple. Même à l’intérieur du Tibet, la frustration croissante et le désespoir ont été mis en évidence par des personnes ayant recours à l’auto-immolation. Le nombre s’élève à 149 jusqu’à présent.

Et donc, dans ce qui doit être une reculade embarrassante pour les Tibétains, tout ce qu’ils peuvent faire est maintenant régler la cause du « développement », en plus de l’espoir que les Chinois ne pas avoir recours à la répression du peuple tibétain.

Par conséquent, d’une certaine manière, nous sommes susceptibles de voir les rideaux se dessiner sur la quête du Tibet pour un Etat indépendant. Tim Johnson nouveau quand il titre judicieusement son livre Tragédie en Crimson: Comment le Dalaï Lama a conquis le monde, mais a perdu la bataille avec la Chine.

Enfin, pour l’Inde, la question est de savoir si New Delhi a un rôle à jouer dans cette scène en évolution rapide, et si oui, quels sont les paramètres politiques. Il n’y a aucun signe que quelqu’un ait même considéré l’impact de cela. Mais pour être prudent, tout accord sino-tibétain risquerait sérieusement de compromettre la position de l’Inde sur le différend frontalier avec la Chine.

Inquiet de l’imminence des événements, le dalaï-lama se retrouve maintenant sur la corde raide en adoptant la réconciliation entre l’Inde et la Chine, «vivant paisiblement en mettant de côté les différences». Il a maintenu une position de non-intervention et a essayé de ne pas se laisser entraîner même dans l’impasse de Doklam – au lieu de cela, il a appelé à une solution pacifique. On espère qu’il a réussi cette fois.

P. Stobdan, ancien ambassadeur indien

image : SANJAY BAID

Le Dalaï Lama en compagnie de  Samdhong Rinpoche, précédent Premier Ministre du  Gouvernement Tibétain en Exil à la  Convention pour une Paix Mondiale, ce 2 décembre 2017

Dharamsala


10 Décembre 2017

DHARAMSALA : « Le Dalaï Lama veut rentrer chez lui… » par P. Stobdan, ancien Ambassadeur spécialiste des questions chinoises, tibétaines, mongoles et ouïghoures.

L’impact du 19 ème Congrès du Parti Communiste Chinois et l’affirmation du Président Xi Jinping en tant que dirigeant «le plus puissant» de la Chine depuis des décennies semblent déjà avoir une incidence sur l’Inde – en particulier sur la «question du Tibet». L’Inde se prépare-t-elle à des  retombées potentielles ?

Il faut sans doute voir plus loin que le simple désir du Dalaï-Lama de rentrer chez lui. La déclaration du 23 novembre du dirigeant tibétain«Le passé est passé, les Tibétains veulent rester avec la Chine» – a une connotation politique sérieuse, arrivant, comme elle le fait, immédiatement après le 19 ème Congrès du Parti et suite à l’affrontement frontalier du Doklam entre l’Inde et la Chine.

Que le Dalaï Lama «ne cherche pas l’indépendance du Tibet et souhaite rester avec la Chine» n’est pas nouveau mais «qu’il revienne au Tibet immédiatement, si la Chine en est d’accord», suscite de nouvelles spéculations sur un possible rapprochement entre lui et Pékin.

Ce signe de réchauffement rapide [dans les relations] survient étrangement à la suite de la récente visite du Président Donald Trump à Pékin. Très probablement, Trump n’aurait pas fait du Tibet un élément de pression dans ses relations avec Pékin ; il aurait plutôt laissé tomber le Dalaï-Lama – que les États-Unis ont soutenu pendant plus d’un demi-siècle – sur l’autel d’un meilleur accord commercial mais aussi afin d’obtenir l’engagement de la Chine pour qu’elle exerce davantage de pressions sur la Corée du Nord. Durant le dernier voyage des officiels américains à Dharamshala, ce  avant la visite de Trump [ à Pékin ], cette perspective aurait probablement été discutée.

Le caractère inévitable de ce changement devenait évident lorsque les États-Unis ont commencé à hésiter sur la question du Tibet, alors que Barack Obama devait accueillir le Dalaï Lama par la petite porte de la Maison Blanche, signalant ainsi l’incapacité de Washington à résister aux pressions de Pékin.

Trump n’était pas davantage enclin à embrasser la question [du Tibet], refusant de rencontrer le dirigeant tibétain, proposant aux Tibétains et dans le même temps une aide zéro pour 2018, renversant ainsi une politique américaine vieille de plusieurs décennies. Le Département d’Etat n’a pas davantage nommé de coordinateur spécial pour le Tibet.

Qu’une semaine après la visite de Trump en Chine, le Dalaï-Lama ait brusquement choisi deux émissaires personnels – pour une durée indéterminée – afin le représenter dans tous les «engagements mondiaux», ne peut certainement pas être considéré comme une simple coïncidence. Le Dalaï-Lama s’est justifié en évoquant une fatigue physique croissante, mais la décision de nommer deux «amis de confiance» – l’ancien Premier ministre en exil, Samdong Rinpoché, et l’actuel Président du Gouvernement [ en exil] Lobsang Sangay – était censée envoyer un signal calibré à la Chine.

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P. Stobdan, ancien Ambassadeur, spécialiste des questions chinoises, tibétaines, mongoles et ouïghoures .

Traduction France Tibet

10 Décembre 2017

TIBET, QINGHAÏ et SICHUAN : Lancement des campagnes de rééducation patriotique suite aux décisions du 19ème du Congrès du Parti – PCC –

Des rapports en provenance du Tibet, arrivés à Dharamshala, révèlent que les autorités communistes chinoises ont pénétré dans les monastères  tibétains du Qinghai, du Sichuan et d’autres monastères tibétains  du Tibet, forçant les moines, les nonnes et les laïcs à entreprendre une campagne de rééducation patriotique basée sur les principes élaborés lors du 19 ème Congrès du Part Communiste Chinois  ( PCC).

Depuis la conclusion de ce 19 ème  Congrès national du Parti communiste chinois le mois dernier, les autorités auraient entrepris des déplacements à l’intérieur du Tibet  prêchant  les principes du 19 ème Congrès et forçant les résidents à suivre une formation et un examen obligatoires.

Une source basée au Qinghai a déclaré : « Les autorités chinoises prétendent  que l’intérêt pour l’ étude des principes  du 19 ème Congrès avait augmenté dans les différentes parties du Tibet, alors qu’ en réalité les autorités chinoises forcent en fait les moines et le public tibétain à les apprendre.

« Plus particulièrement, ce sont les lieux où se sont déroulées les auto-immolations et les manifestations comme la préfecture de Huangnan dans la province de Qinghai, la préfecture d’Aba et la préfecture de Ganzi dans la province du Sichuan, qui  semblent être les principaux points de focalisation des autorités, là où selon les termes employés,  » les activités de propagande [séparatiste, ndlr ] fonctionnent à plein régime « .

« Ce mois-ci, le département du Travail du Front Uni a appelé les enseignants et les abbés de tous les monastères à mettre en place des  » cours de formation  » pour les districts de Zeku, Tongren, Jianzha et Henan de la préfecture de Huangnan, dans la province du Qinghai. Après avoir étudié et s’ être entraînéss’entraîner, ils ont été forcés d ‘«éclairer» leurs moines et leshabitants dans leurs monastères  sur les principes du 19ème Congrès, et de faire en sorte que les moines et les laïcs soient de véritables patriotes et partagent les mêmes valeurs, la même passion que le Parti et le Gouvernement « ,  concluait la source.


3 Décembre 2017

ARVILLARD ( 73 ) : Le centre bouddhiste Karma-Ling, installé dans la Chartreuse de Saint-Hugon, ravagé par un incendie…

Le bâtiment était construit en partie en bois

Un incendie ravage un centre bouddhiste à Arvillard (Savoie)


3 Décembre 2017

NEW DELHI : Le Dalaï Lama rencontre Barack OBAMA, l’ancien Président des US


Sa Sainteté le Dalaï Lama, le dirigeant  tibétain exilé,  a rencontré aujourd’hui son « ami de confiance » et ancien Président des Etats-Unis, Barack Obama, lors d’une brève réunion à New Delhi où les deux personnalités ont parlé de la Paix dans le monde et ont envisagé comment l’ensemble des conflits dans le monde et leurs conséquences devraient être abandonnés pour un monde plus compatissant.
L’homme de 82 ans s’est envolé vers la capitale indienne tôt le matin de Dharamshala et y est revenu vers midi, après avoir rencontré Obama pendant environ 45 minutes, selon nos sources. Après avoir atterri ici à l’aéroport de Gaggal, le leader tibétain a déclaré que sa forme physique actuelle rendait « impossible » qu’il se rende aux Etats-Unis, alors puisqu’ Obama se trouve être en Inde,  il souhaitait rencontrer son ami de longue date. Obama est à New Delhi pour une tournée mondiale dans le cadre de son initiative philanthropique, la Fondation Obama.
https://www.facebook.com/CTATIBETTV/videos/10155125008845382/
A l’aéroport, le dirigeant tibétain déclarait aux médias que lui et l’ancien président avaient parlé la promotion de l’unité entre les peuples sur la Terre et de la façon dont les divisions entre les personnes qui provoquent les conflits entre humains et leurs conséquences pouvaient être abandonnée afin de créer un monde plus pacifique et compatissant.
Le Dalaï Lama faisait également remarquer que, tout comme un autre Président américain, le président George Bush, Barack Obama parle de façon directe avec une approche sincère. Il a dit que son ami lui semblait physiquement plus mince cette fois-ci, bien qu’il soit significativement plus jeune et qu’il lui reste encore un long chemin à parcourir pour travailler à un monde meilleur et à un monde plus pacifique.
Les deux lauréats du prix Nobel de la Paix sont devenus des amis proches qui se sont rencontrés à quatre reprises pendant le mandat de l’ancien Président à la Maison Blanche et avant cela en tant que sénateur américain. Au cours de sa présidence, Obama a été un fervent défenseur de «l’approche de la voie du milieu» et un partisan du leader tibétain octogénaire.image : Dec. 1, 2017 Photo:OHHDLTraduction France TibetA lire aussi :

Obama Meets Dalai Lama, Indian PM in New Delhi


Former U.S. President Barack Obama listens to a question during a leadership summit in New Delhi, India, Dec. 1, 2017.

L’ancien président des États-Unis Barack Obama écoute une question lors d’un sommet à New Delhi, en Inde, le 1er décembre 2017.

L’ancien président Barack Obama et le chef spirituel tibétain, le dalaï-lama, se sont rencontrés vendredi à New Delhi pour discuter de la promotion de la paix dans le monde, selon le Bureau du dalaï-lama.  Obama, qui effectue une tournée de trois pays, a également rencontré le Premier ministre indien Narendra Modi en Inde, où il est arrivé après sa visite en Chine.

Après l’avoir rencontré dans un hôtel de New Delhi, le  Dalaï Lama déclarait : »C’était très bien, je pense que c’est comme une réunion », , rappelant qu’ Obama est un ami de longue date  et de confiance

C’était la sixième réunion entre les deux dirigeants – ils se sont rencontrés la dernière fois en juillet dernier quand Obama a accueilli le dalaï-lama à la Maison Blanche, rejetant les fortes objections de la Chine qui qualifie le leader tibétain de séparatiste et craint que de telles réunions envoient un mauvais signal aux Tibétains

Les deux hommes,  lauréats du prix Nobel de la paix, ont discuté du type d’avenir qu’ils envisagent pour le Monde, ajoutait ce Bureau du Dalaï Lama.

« Je lui ai mentionné, nous avons besoin de promouvoir le sens de l’unité … trop de divisions », a déclaré plus tard le Dalaï Lama.

Le leader tibétain de 82 ans, qui a pris sa retraite d’un rôle politique dans l’administration de l’exil tibétain, a déclaré à Obama que les Lauréats du Nobel de la Paix devraient se rencontrer pour influer sur les changements pour l’avenir immédiat. « Vous êtes jeune et vous pouvez faire beaucoup. Même si ma génération  n’ en verra pas les résultats, mais votre génération les connaîtra certainement .  »

Le Dalaï Lama avait demandé cette réunion parce qu’il lui est difficile de se rendre aux États-Unis en raison de son âge. Obama a apparemment discuté du travail de sa Fondation avec le leader tibétain.

L’ étape du Président Obama à Delhi comprenait une rencontre avec le Premier ministre indien Modi. Les deux dirigeants avaient développé un bon rapport après que Modi soit arrivé au pouvoir et ait aidé à stimuler la relation Inde-États-Unis , qui  depuis connaît une trajectoire ascendante.

Après la réunion, Modi a tweeté: « Ce fut un plaisir de rencontrer, une fois de plus, l’ancien président et d’apprendre les nouvelles initiatives prises sous sa direction par la Fondation Obama et ses perspectives sur le renforcement du partenariat stratégique entre l’Inde et les Etats-Unis. »

S’adressant à un sommet sur le leadership organisé par le Hindustan Times, Obama saluait également les relations entre l’Inde et les Etats-Unis, affirmant que les deux pays « pourraient aider à tracer la voie pour un avenir meilleur, spécialement quand la démocratie est remise en question ».

Il  déclarait aussi  que l’Inde devrait chérir et nourrir sa grande population musulmane qui est intégrée et se considère comme indienne. « Ce n’est malheureusement pas toujours le cas dans certains autres pays », a-t-il déclaré.

Ce commentaire s’est fait au moment où les critiques ont exprimé leur inquiétude face à l’intolérance grandissante des groupes marginaux hindous depuis que le parti nationaliste hindouiste de Modi, le Bharatiya Janata, est arrivé au pouvoir.

Obama s’est également adressé environ 280 jeunes leaders indiens, lors d’une réunion publique à New Delhi.

De l’Inde Obama va poursuivre s a tournée par une visite en France..

Anjana Pasricha

source VOA :chrome-extension://mgdfdooahmmbebpgeglodiacoljfikka


3 Décembre 2017

« Mille milliards de mille sabords »…ne touchez pas au YETI ! … Vives protestations de Tchang, Tintin, Milou et du Capitaine Haddock …

Le yéti n’a rien d’abominable : c’était un ours.

Une nouvelle analyse de reliques supposées de la créature mythique du Tibet et de l’Himalaya montre qu’elles proviennent d’espèces locales d’ursidés.


  » Reliques  » du YETI conservées au Monastère de Syangboche en pays Sherpa   ..

Un masque de Yeti utilisé lors de cérémonies monastiques au cours des intermèdes…

Et surtout ne pas oublier …


Allons …ne nous laissons pas aller à la tristesse …. Espèce de mitrailleur à bavette, Bulldozer à réaction, Macchabée d’eau de vaisselle, Bougres d’extrait de crétins des Alpes  !

image: http://img.lemde.fr/2017/11/29/0/0/3738/2580/534/0/60/0/5312974_25558-iqs6k5.ecwjl.jpg
Ours brun de l’Himalaya, dans le parc national Deosai (Pakistan). Des échantillons attribués au Yéti provenaient de cette sous-espèce d’ursidés.

Ours brun de l’Himalaya, dans le parc national Deosai (Pakistan). Des échantillons attribués au Yéti provenaient de cette sous-espèce d’ursidés. ABDULLAH KHAN / SNOW LEOPARD FONDATION

Le yéti et autres créatures mythiques prisées par les amateurs de cryptozoologie sont décidément menacés par la génétique. En 2014, l’analyse de poils prélevés sur un yéti empaillé du Tibet indien et un échantillon du Bhoutan suggéraient qu’ils avaient pour origine une espèce hybride d’ours polaire et d’ours brun. Des prélèvements supposés venir de Bigfoot, l’équivalent américain du yéti, étaient eux aussi réduits à une collection d’animaux bien ordinaires : un raton laveur, un mouton, un cerf, un cheval, des ours noirs, des canidés, des vaches… et un humain.

Une nouvelle étude ADN, centrée exclusivement sur l’abominable homme des neiges, renvoie elle aussi vers diverses espèces d’ursidés. Charlotte Lindqvist, de l’université de Buffalo (Etat de New York), et ses collègues décrivent dans les Proceedings of the Royal Society B comment ils ont comparé douze échantillons d’ours asiatiques à neuf échantillons supposés provenir de yétis. Ceux-ci ont été fournis par Icon Film, une société de production britannique qui avait déjà réalisé, en 2016, un documentaire sur la quête du mystérieux primate, dans lequel intervenait Charlotte Lindqvist.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/11/29/le-yeti-n-a-rien-d-abominable-c-etait-un-ours_5222207_1650684.html#PtWzMqRJkeKcuM2T.99

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Hervé Morin

Crédits : Eric Shipton / Domaine Public

Des chercheurs ont récemment analysé des échantillons censés être des restes de « l’abominable homme des neiges ». Le « yéti » serait finalement un ours des hautes montagnes de l’Asie, selon ses analyses ADN.

Vous rappelez-vous de « l’abominable homme des neiges » dans Tintin au Tibet ? Ce yéti, qui occupe une place importante dans la mythologie népalaise et tibétaine, a-t-il réellement existé ? Ou bien s’agissait-il d’un autre animal, bien réel cette fois-ci ? La science penche pour la seconde option. De récentes analyses ADN de restes supposés de yétis montrent que cette créature mystérieuse serait en fait un ours des hautes montagnes asiatiques, selon une nouvelle étude publiée mercredi 29 novembre dans les Actes de la Royal Society B.

 Charlotte Lindqvist, biologie à l’Université de l’État de New York, à Buffalo, et coauteure de cette nouvelle étude, a récemment analysé neuf échantillons de restes supposés de yétis. Ces échantillons comprenaient notamment des fragments d’os, de dent, des morceaux de peau, des poils et de la matière fécale, le tout collecté dans les montagnes de l’Himalaya et sur le plateau tibétain de la fin des années 1930 à aujourd’hui, depuis conservé dans des musées et collections particulières.

Après analyse ADN, l’un d’eux s’est avéré provenir d’un chien. Les huit autres échantillons correspondent à des ours noirs d’Asie, des ours bruns d’Himalaya et à des ours bruns tibétains. « Selon nos résultats, le yéti est un ours qui vit dans la région actuellement », résume Charlotte Lindqvist. « Cela peut être n’importe lequel » de ces trois ours locaux. L’ours brun de l’Himalaya (Ursus arctos isabellinu) est une sous-espèce de l’ours brun. Il est doté d’une fourrure assez claire et rousse. L’ours brun du Tibet (Ursrus arctos pruinosus, ou ours bleu du Tibet), a une fourrure plus foncée avec un « collier » blanc autour du cou. Le troisième est l’ours noir d’Asie (Ursus thibetanus). Il est plus petit et porte une sorte de collier blanc sur son poitrail.

Pour Charlotte Lindqvist, les résultats de l’étude permettent de montrer que le mythe du yéti « puise ses racines dans des faits biologiques réels » et se rattache aux ours locaux. « Cela avait été suggéré auparavant mais jamais confirmé directement avec une approche scientifique rigoureuse », souligne-t-elle. Cette étude n’est en effet pas la première à s’intéresser à l’ADN du « Yeti », mais les projets antérieurs comportaient des analyses génétiques plus simples, ce qui laissait des questions importantes non résolues.

En plus de remonter aux origines de la légende du Yeti, ce travail nous révèle également des informations sur l’histoire évolutive des ours asiatiques. « Les ours dans cette région sont soit vulnérables, soit en danger critique d’un point de vue de la conservation, mais on ne sait pas grand-chose de leur passé », explique la chercheuse. « Les ours bruns de l’Himalaya, par exemple, sont très menacés, et la clarification de la structure de la population et de la diversité génétique peut aider à estimer la taille de la population et à élaborer des stratégies de gestion ».

Les scientifiques ont ici séquencé l’ADN mitochondrial de 23 ours asiatiques (y compris les prétendus yétis), et ont comparé ces données génétiques à celles d’autres ours du monde entier. Cette analyse a montré que si les ours bruns tibétains partagent une ascendance commune étroite avec leurs parents nord-américains et eurasiens, les ours bruns de l’Himalaya appartiennent à une lignée évolutive distincte qui a divergé très tôt de tous les autres ours bruns. La scission se serait produite il y a environ 650 000 ans, pendant une période de glaciation, selon les scientifiques. L’expansion des glaciers et la géographie montagneuse de la région ont en effet pu mener à séparer les ours himalayens des autres espèces, menant à une période prolongée d’isolement et à un chemin évolutif indépendant.

Source
 


3 Décembre 2017

«Le monde devrait s’inquiéter des atteintes à l’environnement au Tibet» déclare Dolma Tsering, députée du Parlement tibétain en exil, aux Parlementaires français …..

Dolma Tsering, s’alarme des conséquences de la mainmise de la Chine sur son pays.

Dolma TseringDolma Tsering, députée du Parlement du Tibet en exil, est née au Tibet en 1959, neuf ans après l’invasion du pays himalayen par l’armée de la Chine communiste. Quelques mois plus tard, ses parents, comme des dizaines de milliers d’habitants, ont fui la répression de l’insurrection tibétaine. Tenzin Gyatso, l’actuel dalaï-lama, a installé le gouvernement tibétain en Inde, dirigé depuis 2011 par le Premier ministre Lobsang Sangay. De son côté, la Chine considère qu’elle a des droits historiques sur le Tibet.

Rencontre avec Dolma Tsering, qui s’est rendue en Europe avec une délégation de parlementaires tibétains.

Que pensez-vous du projet chinois de détourner l’eau du Brahmapoutre depuis le Tibet vers le désert du Xinjiang ?

Le Tibet est central dans la stratégie des nouvelles routes de la soie et se trouve au cœur des projets économiques chinois.L’Inde a raison de s’inquiéter de ce projet de tunnel qui détournerait l’eau du Yarlung Tsangpo, un affluent du Brahmapoutre, jusque dans la province du Xinjiang. Nos rivières fournissent de l’eau à 1,3 milliard de personnes en Asie. Le Mékong, la Rivière jaune, l’Indus y prennent leur source. Les Chinois développent des barrages hydroélectriques et exploitent le sous-sol, très riche en lithium et en uranium. Ils abîment la montagne, autrefois protégée par nos croyances religieuses, et touchent à la fois au sacré et à l’environnement. Le Tibet, avec ses 46 000 glaciers, traverse une crise environnementale qui dépasse de loin le sort des seuls 6 millions de Tibétains. Plus encore que les problèmes politiques, les atteintes à l’environnement au Tibet devraient être une inquiétude majeure pour les leaders mondiaux.Figure-1-Mud-flood-in-Tsolho-where-dozens-of-wild-animals-washed-away-in-the-mud

 Inondation à Tsolho ( TIBET ) … où des dizaines d’animaux sauvages ont été emportés dans la boue. ( 13/08/16)

 

Quelle est la situation politique et sociale du Tibet aujourd’hui ?

La propagande chinoise donne l’image d’un Tibet baignant dans le bonheur, avec un avenir radieux. Le fait que 149 personnes se soient immolées par le feu depuis 2009 est pourtant le signe que quelque chose ne va pas. Les libertés d’expression, de déplacement et de religion se rétrécissent tant, que la police et les autorités locales s’immiscent dans la vie privée des citoyens. C’est devenu très difficile d’avoir des nouvelles de l’extérieur. Auparavant, on pouvait contourner la censure en utilisant des métaphores sur la météo ou des paroles de chansons, mais les réseaux sociaux sont désormais strictement surveillés. Pour les Tibétains, avoir un passeport est un privilège, donné après des mois d’attente à ceux qui peuvent prouver qu’ils sont loyaux envers la Chine. Avant, on voyait beaucoup de groupes venir en Inde, mais c’est de plus en plus rare, et ce sont surtout des personnes âgées. Elles disent qu’elles vont au Népal et font un détour à Dharamsala pour voir le dalaï-lama et visiter le monastère. Mais elles ne s’attardent plus comme avant, elles ont peur.

Sous la pression de la Chine, le dalaï-lama est de plus en plus ostracisé par le monde occidental. Qu’en pensez-vous ?

C’est fou comme la Chine arrive à influencer la communauté internationale alors que son agenda est plein de son rêve de conquérir le monde. Pékin a encore assuré en octobre qu’il n’y a désormais plus «aucune excuse pour un dirigeant étranger qui rencontrerait le dalaï-lama»Nous avons de plus en plus de difficultés à obtenir des visas quand nous voyageons depuis l’Inde, et nous sommes reçus en catimini. Pourtant, le Tibet est l’exemple vivant de la stratégie chinoise : ils sont venus avec le sourire, des pièces d’argent et des chansons qui parlaient de liberté. Nous n’avons pas été assez prudents, et notre pays est devenu une prison pleine d’espions. Face à la Chine qui agit comme un enfant gâté, il faut être catégorique. L’issue de la crise du plateau du Doklam, cet été, a été positive. Pékin construisait une route sur un territoire revendiqué par l’Inde, et New Delhi l’en a empêchée.

Comment voyez-vous l’avenir alors que Xi Jinping vient d’être reconduit à la tête de la Chine ?

Les cinq prochaines années vont être particulièrement critiques. Il va falloir réfléchir à la succession du dalaï-lama, dans laquelle Pékin veut s’ingérer. Nous en avons assez des politiques d’assimilation et de destruction de notre culture, mais nous ne demandons pas l’indépendance. Le Parlement tibétain en exil est plein de jeunes très éduqués et énergiques. Nous sommes prêts à négocier et même à vivre avec la Chine, à condition qu’elle nous laisse notre langue, notre identité, notre culture, et pratiquer notre religion. Nous voulons une autonomie régionale, et être dirigés localement par des Tibétains, pas par des Chinois Hans [l’ethnie chinoise majoritaire, ndlr]. Le reste, les relations extérieures et la défense, nous pouvons leur laisser. Ce n’est pas parce qu’on défend le Tibet qu’on est antichinois. Le Parti communiste chinois devrait admettre que, après soixante années de contrôle, le problème tibétain n’est toujours pas résolu. S’il acceptait notre proposition, Hongkong et le Xinjiang [qui sont aussi en conflit avec le pouvoir central] verraient qu’ils peuvent faire confiance à Pékin, et qu’il y existe une autre issue que militaire.

Par Laurence Defranoux — 

Illustrations complémentaires  à cet article :

Un spectaculaire glissement de terrain au Tibet.

https://www.ouest-france.fr/monde/tibet/video-au-tibet-un-incroyable-glissement-de-terrain-5248245

Compléments d’ info avec cet article de TV5 Monde :

http://information.tv5monde.com/info/tibet-des-representants-du-gouvernement-en-exil-paris-204008

INFO

Tibet : des représentants du gouvernement en exil à Paris

© D. Korkmaz, / TV5MONDE

Pas question pour Pékin que le Dalaï Lama soit reçu officiellement à l’étranger. La Chine accuse le chef du gouvernement tibétain en exil de chercher à obtenir l’indépendance du Tibet. Ce sont donc les ministres du Dalaï Lama qui voyagent. Une délégation tibétaine est en ce moment en tournée en Europe. Nos journalistes les ont suivis à Paris.

Ce n’est pas au Quai d’Orsay mais dans les bureaux de recrutement de la marine française que la délégation du parlement tibétain en exil est recu. Quarante minutes d’audience en catimini.

La frustration de Dolma Tsering Teykhang, députée du parlement tibétain en exil, est palpable mais le réalisme prend vite le dessus : « Déçue oui et non parce que nous concevons que les intérêts de la France et des Français soit supérieurs. Nous sommes là pour être les oreilles et le coeur des Tibétains. C’est le plus important. »

Passée la déception, les quatre parlementaires se dirigent vers un temple bouddhiste de la région parisienne. La communauté tibétaine en France représente à peine 4000 personnes. Une communauté orpheline qui a du mal à porter sa voix depuis que le Dalaï Lama a renoncé à son rôle politique en 2011.

Nous avons sacrifié notre indépendance pour préserver notre culture. 

Dolma Tsering Teykhang

« Notre approche est la même, elle passe par le dialogue. Nous avons sacrifié notre indépendance pour préserver notre culture, pour garantir un espace viable pour notre identité. La balle est dans le camp de la Chine. »

Depuis le soulèvement de Lhassa, en 2008, Pékin a considérablement renforcé sa surveillance. Le Tibet est devenu une forteresse quasi infranchissable et la répression implacable.

Un huis clos qu’aucun gouvernement occidental n’ose briser de peur de mécontenter la deuxième puissance économique et militaire de la planète.
 


3 Décembre 2017

KARDZE ( TIBET ) : Nouvelle immolation en signe de protestation contre l’ invasion du Tibet par la Chine…

Cet incident a pris place à Kardze, dans l’ Ouest du Sichuan, province de l’Est du Tibet. Ce rapport ajoute qu’en raison de l’ important déploiement de forces de police qui contrôlent les membres  de la famille de  Tenga, ainsi que les villageois de son village, la situation actuelle et ce que la police a fait du corps restent en question : Tenga a-t-il été rendu à sa famille ou non ?

Ce moine de Kardze, dans le  Sichuan, est âgé de 63 ans. Le rapport précise que ses parents étaient morts quand il était encore enfant mais que parmi ses trois frères et soeurs, l’un est aux Etats Unis tandis que les deux autres vivent à Lhassa,  au Tibet. Il est aussi mentionné que le Vénérable moine a aussi reçu l’ initiation du Kalachakara, donnée en 2005, par le Dalaï Lama à Amravati, en Inde du Sud.

Depuis  2008-2009, la protestation par auto-immolation de Tibétains contre l’occupation chinoise s’est considérablement  développée, jusqu’ à atteindre plus de 150 Tibétains qui ont ainsi manifesté par ce moyen extrême de protestation ! Plus tôt cette année, un Tibétain étudiant en Inde, s’est auto-immolé à Varanasi, en Inde, tandis qu’un autre Tibétain s’est suicidé, en Suisse, toujours en signe de  protestation contre la Chine. Tous ces protestataires ont lancé des appels  pour le respect des Droits de l’ Homme au Tibet sous le joug de la Chine, depuis les années 1950, ainsi que pour le retour de Sa Sainteté du Dalai Lama au Tibet.
 


3 Décembre 2017

TIBET : « La liberté de se déplacer » … dont malheureusement nos amis du Tibet sont tant privés

Des oies à tête barrée dans la vallée de la rivière Lhassa où elles passent l'hiver, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), le 23 novembre 2017. (Photo : Jigme Dorje)

Des oies à tête barrée dans la vallée de la rivière Lhassa où elles passent l'hiver, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), le 23 novembre 2017. (Photo : Jigme Dorje)
Des oies à tête barrée dans la vallée de la rivière Lhassa où elles passent l'hiver, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), le 23 novembre 2017. (Photo : Jigme Dorje)
Des oies à tête barrée dans la vallée de la rivière Lhassa où elles passent l’hiver, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), le 23 novembre 2017. (Photo : Jigme Dorje)
Des oies à tête barrée dans la vallée de la rivière Lhassa où elles passent l'hiver, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), le 23 novembre 2017. (Photo : Jigme Dorje)
Des oies à tête barrée dans la vallée de la rivière Lhassa où elles passent l’hiver, dans la région autonome du Tibet (sud-ouest de la Chine), le 23 novembre 2017. (Photo : Jigme Dorje)
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