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18 Juin 2018

RIGA : Le Dalaï Lama lance un nouvel appel aux dirigeants du monde…

Interrogé sur la raison pour laquelle des conflits continuaient à secouer notre monde, le dalaï-lama a livré sa vision des choses. D’après lui, au lieu de penser aux biens matériels et aux émotions, les dirigeants du monde devraient se focaliser sur l’interdépendance entre les 7 milliards d’habitants de notre planète.

Pour prévenir les conflits dans le monde, le Président américain Donald Trump et d’autres leaders internationaux doivent moins qu’aujourd’hui se laisser guider par leurs émotions et les intérêts matérialistes, a déclaré le dalaï-lama, intervenant samedi à Riga, en Lettonie.

«Il y a beaucoup d’émotions et très peu d’analyse raisonnable. Y compris dans les actions des leaders politiques, même du Président américain. Et il y a trop de matérialisme dans le monde, dans la culture moderne, dans le système éducatif», a-t-il expliqué.

À la question de savoir pourquoi les conflits continuaient à éclater, il a souligné qu’il était indispensable que les émotions n’influencent pas nos décisions. Les hommes politiques doivent penser surtout à la coopération entre les 7 milliards de personnes qui vivent sur Terre et ce afin de faire cesser les conflits dans le monde, a-t-il indiqué.

D’après lui, il est crucial de changer le système éducatif pour l’orienter vers des valeurs spirituelles.

«Afin que la paix s’établisse dans le monde, il faut initialement atteindre la paix dans son âme», a expliqué le leader spirituel.

Et pour qu’une personne ait «un esprit sain et un corps sain», l’éducation moderne doit l’aider à surmonter méchanceté, jalousie, peur et autres émotions négatives. En effet, les émotions déforment la réalité, empêchent d’avoir une vision claire et de prendre des décisions pondérées.

«Les gens de différentes nationalités et religions doivent prendre conscience de leur propre existence en tant que partie de la famille humaine qui compte 7 milliards de personnes, et que le bonheur de chacun dépend de la prospérité des autres», a dit le dalaï-lama.

Il a aussi souligné le rôle particulier des femmes, de leur amour maternel, de leur bonté et de leur capacité à une empathie profonde pour le développement de la compassion dans le monde contemporain.

Le dalaï-lama a réuni près de 4.500 de croyants et de personnes intéressées par le bouddhisme, principalement de Russie, à Riga. Les organisateurs de cette réunion sont la société «Conservons le Tibet» (Riga), le fonds «Conservons le Tibet» (Moscou) et le Centre de la culture et de l’information du Tibet (Moscou).

Le 14e Dalaï-lama, Tenzin Gyatso, considéré comme le chef spirituel des bouddhistes tibétains, s’est enfui du Tibet après l’échec d’un soulèvement contre les autorités chinoises en 1959. Il vit dans la ville indienne de Dharamsala où le «gouvernement tibétain en exil» est installé.

image : © AFP 2018 LOBSANG WANGYAL


18 Juin 2018

SÖDERTÖRN ( SUEDE) : Condamnation d’ un homme accusé d’activités d’espionnage à l’encontre de la Communauté tibétaine de réfugiés, pour le compte de Pékin…

Il espionnait des réfugiés tibétains en Suède

Un homme accusé d’avoir infiltré la communauté tibétaine pour le compte de la Chine a été condamné en Suède. Il nie les faits.

   
Un Chinois a été condamné vendredi à 22 mois de prison par un tribunal de Suède pour avoir espionné les réfugiés tibétains dans ce pays scandinave pour le compte de Pékin. Dorjee Gyantsan, 49 ans, a été reconnu coupable d’avoir infiltré la communauté tibétaine, forte de 130 membres selon leurs institutions représentatives, pour recueillir des informations sur leur profession, leur situation familiale et leurs activités politiques. Ces informations étaient ensuite transmises à un agent du régime chinois contre rétribution.

Le tribunal de Södertörn (au sud de Stockholm) a établi que le coupable avait «conduit une vaste opération mettant en danger les personnes d’origine tibétaine en Suède et leurs familles au Tibet».

Dorjee Gyantsan avait fui la Chine à la fin des années 90 pour le Népal. Il vit depuis le début des années 2000 en Suède où il était arrivé en tant que réfugié tibétain protégé par les Nations unies. Il a toutefois utilisé plusieurs identités. Né d’une mère tibétaine et d’un père chinois, il s’est fait passer pour un partisan de l’indépendance tibétaine dans les pays scandinaves. Il a participé à des manifestations contre la politique chinoise au Tibet, notamment en Norvège où il a couvert une visite du Dalaï lama en tant que reporter de la radio Voice of Tibet.

Dans ses conclusions, le tribunal ajoute que Dorjee Gyantsan a rencontré à de multiples reprises le secrétaire de l’ambassade de Chine en Pologne pour lui transmettre les informations collectées. Dorjee, qui avait plaidé non coupable, dit avoir ignoré l’identité de cette personne. Il a indiqué vendredi faire appel de sa condamnation.

Arrêté avec 6000 dollars

Ses activités d’espionnage se sont étalées de juillet 2015 à son arrestation par les services du renseignement suédois en février 2017. Au moment de son arrestation, l’accusé, de retour de Varsovie, était en possession de 6000 dollars en espèces, dissimulés dans des boîtes de médicaments.

L’accusation s’est basée sur des témoignages, les contacts de Dorjee avec la communauté tibétaine, ainsi que des relevés téléphoniques et des voyages. Pékin considère le Tibet comme une partie inaliénable de la Chine depuis son annexion en 1951.

Souvent l’espionnage de réfugiés vise à les empêcher de critiquer le régime dans leur pays natal. Certains gouvernements les surveillent également pour identifier qui a fui, pourquoi, où ils résident ou pour exercer des pressions sur des membres de leur famille restés au pays.(afp/nxp)

Créé: 15.06.2018, 15h09

Image: AFP : L’homme vit depuis le début des années 2000 en Suède où il était arrivé en tant que réfugié tibétain protégé par les Nations unies.


18 Juin 2018

Des experts des droits de l’Homme des Nations Unies dénoncent la peine de prison de cinq ans pour Tashi Wangchuk

Tashi Wangchuk, Photo: UNPO

Les experts des droits de l’homme des Nations Unies ont condammé la sentence infligée par un tribunal chinois à Tashi Wangchuk. Ce militant pour la langue tibétaine a reçu une peine de cinq ans d’emprisonnement pour son travail de promotion de la langue et de la culture tibétaines au Tibet. Le tribunal intermédiaire de Yushu, dans la province de Quinghai, a rendu son verdict public le 22 mai soit environ 5 mois après l’audience.

Wangshk fut arrété en janvier 2016 pour être apparu dans un documentaire dans lequel il appelait à l’éducation en tibétain de la minorité tibétaine ainsi qu’au droit pour les Tibétains à prendre part à leur vie culturelle. Il est en détention depuis cette arrestation.

Le tribunal l’a reconnu coupable “d’incitation au séparatisme”.

“Nous sommes gravement préoccupés par la condamnation de M. Tashi Wangchuk et la sanction de son droit à la liberté d’expression à propos des droits de l’Homme de la minorité tibétaine en Chine” ont jugé les experts.

“Les gouvernements ne devraient en aucun cas diminuer ou exercer une quelconque forme de répression sur les droits de l’Homme ou leur promotion comme cela a été la cas ici en utilisant une rhétorique anti terroriste, pour la sécurité nationale ou encore pour l’ordre public”.

“ Il est trés préoccupant que sa condamnation intervienne aprés que nous ayons publié deux communiqués appelant à sa libération immédiate ainsi qu’à l’abandon des charges citées contre lui ” continuent les experts.

“ Nous avons demandé au gouvernement chinois de nous fournir des informations sur les mesures spécifiques qu’il compte entreprendre pour promouvoir et protéger la culture et la langue tibétaine. Nous regrettons qu’à ce jour, le gouvernement chinois ne nous ait fourni une réponse satisfaisante.”

En décembre 2017, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a publié un communiqué dans lequel elle déclarait que la détention de Wangchuk était arbitraire et contraire à la déclaration des droits de l’Homme.

“ Une fois de plus, nous demandons instamment aux autorités chinoises de respecter leurs engagements concernant les droits de l’Homme, de libérer M. Wangchuk et de lui donner un droit exécutoire à des réparations et autres compensations ”.





9 Juin 2018

PARIS / PAGODE DE VINCENNES : Manga « Dalaï Lama », citrons bleus tibétains et Minitashi au Festival du Tibet, ces 9 et 10 juin 2018.

  

 
France-Tibet participe au Festival du Tibet, à la Pagode de Vincennes, ce week end, les 9 et 10 juin 2018.
Li et Marcelle vous présenteront livres, artisanat tibétain et népalais ainsi que la nouvelle parution :
Marc et Georges, modélistes UFOLEP, animeront comme les autres années, l’ atelier de  Cerfs-Volants Citrons Bleus,

En quelques étapes, les enfants le fabriquent eux mêmes, colorient le Lion des Neiges, élément symbolique du drapeau du Tibet, découpent le cerf-volant, installent les baguettes et fixent la corde après avoir choisi les couleurs des longues queues.

Calme et concentration assurés ….
 Parfois il faut savoir attendre son tour  … : déjà l’entraînement à la patience !
 « Le Citron bleu tibétain » est prêt à être lancé, afin de porter haut, lui aussi les couleurs du Tibet !
Les essais sur la pelouse sont vite concluants … avec bien sûr quelques accidents et collision en vol inévitables, mais vite réparés : fils emmêlés, queue détachée … ; Retour au stand pour réparations assurées et immédiates  !
Alors en piste … 1, 2 , 3 …C’est parti pour la course !! voire le challenge : qui saura garder son cerf volant le plus longtemps possible et … sans passer trop souvent à la case départ ?
 
 
 Lors de la dernière édition du Festival 2017, Tenzin a réussi l’exploit de faire voler le même cerf volant durant les deux jours et sans dommage !
De belles envolées en perspective !…
C’est la météo, que nous espérons radieuse, qui décidera des évolutions de MiniTashimontgolfière radioguidée  de 8 mètres de haut, reproduction de la vraie Tashi, montgolfière grandeur aux couleurs du drapeau du Tibet, qui en ce moment navigue  en Italie et bientôt au Luxembourg, en juillet. 
 Mini Tashi et Citrons bleus tibétains seront aussi invités lors de la journée qui marquera la  cérémonie de Parrainage de PHOM DO  au Tibet, par la ville de Roquefort les Pins, (06), ce 23 juin 2018.
 
 France Tibet vous permettra aussi de découvrir une nouveauté : la toute nouvelle publicationde la biographie dessinée du Dalaï Lama , véritable manga – en français – traduction de l’ édition japonaise –
 Vous pouvez d’ ores et déjà le réserver à cette adresse :  
 Dans l’attente du plaisir de vous accueillir,  Tashi Delek 
 
 
 L’équipe de France Tibet
 Li et Marcelle ainsi que Marc et Georges  

9 Juin 2018

« Les tragiques épisodes de Tiananmen et du Barkhor à Lhassa restent une épine dans le pied de Pékin  » par Claude Arpi.

Soulévement tibétain à Lhassa 1987. Photo John Ackerly.

Chaque année, au cours de la première semaine de juin, des millions d’entre nous pensent à la Chine et plus particulièrement à la Place Tiananmen, où, il y a 29 ans, des milliers de jeunes étudiants furent assassinés… et où la Chine perdit l’occasion de devenir un état « normal ». Aujourd’hui, l’Empire du Milieu, dirigé par un souverain à vie, est devenu si puissant que très peu osent officiellement lui parler de Droits Humains, et encore moins du massacre de ces jeunes qui rêvaient de liberté et de démocratie.

Le journal Global Voice, spécialiste dans l’analyse des droits humains notamment en Chine, explique : «À l’époque, la Croix-Rouge chinoise estime que 2 700 civils ont été tués, mais d’autres sources parlent d’un nombre beaucoup plus élevé. Un document confidentiel américain, révélé en 2014, signale qu’une évaluation interne estime à 10 454 le nombre de morts. Récemment, un rapport écrit par l’ex-ambassadeur britannique en Chine a révélé que le Conseil d’État de la Chine parle d’un minimum de 10 000 morts. » Ce qui est affolant est que nous connaissons encore très peu de détails sur les faits réels qui eurent lieu durant ces semaines fatidiques de 1989.

Près de 30 ans plus tard, l’Etat chinois prétend toujours n’avoir aucune connaissance des événements qui ont changé le visage de la Chine, dont la politique a pris dès lors un tournant radical vers l’autoritarisme.

LE DROIT DE TUER

Encore moins connu est le fait qu’une «répétition » avait eu lieu à Lhassa, la capitale tibétaine, trois mois plus tôt. Plus d’un an après les événements, le journal The Observer de Londres mentionne le massacre sur la route du Barkhor, autour du temple du Jokhang à Lhassa: « Le 5 mars [1989], la Police Populaire Armée (PPA) reçut le droit d’ouvrir le feu. Les forces paramilitaires chinoises se dirigèrent vers le centre de la capitale du Tibet, Lhassa, pour entamer un massacre qui dura plusieurs jours, faisant plus de 450 morts parmi les moines, les nonnes et les civils.  »

Tang Daxian, aujourd’hui réfugié en France, alors reporter chinois travaillant pour une organisation continentale, déclare au journal britannique : « Ils savaient que les Tibétains n’étaient pas armés, et ils savaient qu’ils étaient libres de les tuer. » Tang a en sa possession des documents et vidéos secrets prouvant que le massacre a bien eu lieu à Lhassa.

Selon Tang, ces événements tragiques furent provoqués par des membres du PPA déguisés en Tibétains: « La police déguisée – dont le but est d’écraser les révoltes civiles – attaqua et incendia des magasins, des bureaux et des entrepôts, fournissant aux autorités le droit d’intervenir. Les hooligans avaient menacé l’ordre civil ; la loi martiale fut déclarée. A cette époque, un jeune cadre avait récemment pris le relais de Secrétaire du Parti Communiste du Tibet; il s’appelait Hu Jintao. Le carnage profiterait grandement à sa carrière. »

Qiao Shi, alors chef de la sécurité en Chine et l’un des cinq membres du Comité permanent du Politburo, avait en 1988 menacé les dissidents tibétains d’une «répression impitoyable».

Ce fut probablement la mort du Panchen Lama dans des circonstances mystérieuses, au sein du monastère de Tashilhunpo, en janvier, qui déclencha les événements de mars : «L’atmosphère au Tibet était devenue extrêmement tendue ; des perturbations avaient lieu dans toute la région », observe Tang.

Les événements qui menèrent au massacre commencèrent tôt le 7 février, lorsque «les habitants de Lhassa se réveillèrent pour voir flotter, au-dessus du Jokhang, le drapeau des lions et des montagnes enneigées, symbole interdit du nationalisme tibétain». De fait, cet acte de défi fut porté à l’attention du chef suprême Deng Xiaoping, du chef du Parti Zhao Ziyang et d’autres dirigeants de Beijing ; les mêmes personnes joueraient les rôles principaux trois mois plus tard à Pékin.

LE SIÈGE DU JOKHANG

Au cours des deux jours suivants, les PPA occupèrent le temple de Jokhang, où le drapeau avait déjà disparu ; 20 moines furent arrêtés.

La situation s’aggrava le 2 mars quand une foule commença à contourner le Jokhang en scandant des slogans, «Dalaï Lama au Tibet» et « Retour aux Tibétains»; le nombre de manifestants augmenta rapidement. Bientôt, une échauffourée éclata entre la foule et 200 policiers en civil, mais se termina sans dommage majeur.

Les documents de Tang indiquent que, de l’aube du 3 mars à minuit le jour suivant, les cadres du Parti et les chefs militaires discutèrent de la détérioration de la situation. Pour beaucoup, l’aggravation était due au «manque de discipline» de la PPA et qu’aucun fonctionnaire « n’avait tenu compte des plaintes du peuple ».

Les membres du PPA restèrent tranquillement assis tout au long de la réunion ; les instructions de Qiao Shi étaient d’ « éviter les discussions et les débats sur les détails … votre fonction au Tibet ne peut pas être exercée par d’autres ».

Le 5 mars au matin, le commandant du PPA, le général Li Lianxiu, ordonna l’incident: « La force spéciale doit immédiatement produire 300 agents habillés en civil et en moines, qui coopèreront avec la police en civil afin de créer une atmosphère provocatrice le long du Barkhor. Les ordres doivent être tenus secrets des autres unités coopérantes impliquées. Quiconque viole ces ordres sera sévèrement puni.  »

SINISTRE EPISODE

Le 6 mars, la plupart des étrangers parqués au Holiday Inn et bénéficiant d’une ville sans témoin, le PPA frappa: « Le piège fut lancé. La police apparut sur les toits donnant sur la ruelle étroite de Xuanjing, armes automatiques au poing, et s’enflamma. En l’espace de 10 minutes, 300 personnes furent tuées » , déclare Tang, ajoutant que 450 personnes avaient été tuées et plus de 3 000 arrêtées pendant les heures suivantes.

Le lendemain soir, Hu Jintao proclama que « la police armée, suivant les instructions du Comité Central, a maintenu l’unité de la Patrie». Hu avertit que «  la majorité des Tibétains qui ont participé aux troubles… doivent venir se déclarer coupables et promettre de ne pas récidiver. » À la suite de cette action forte, Hu Jintao fut bientôt promu au Politburo.

Il reste à espérer que Pékin, un jour, rende des comptes sur les épisodes de Tiananmen et du Barkhor. Ce serait constructif pour la Chine, si elle désire exorciser son passé.

Article du 07/06/2018, Claude Arpi, paru dans Mail Today et DailyO


9 Juin 2018

67 intellectuels, experts et journalistes chinois expriment leur soutien à l’approche de la voie médiane

Le Professeur Ming Xia, initiateur de la campagne avec le Dalaï Lama, mai 2018. Photo / OHHDL

 

67 universitaires, militants, experts en politiques, journalistes ont signé une lettre de solidarité, exprimant leur soutien à l’approche de la voie médiane de l’Administration Centrale Tibétaine appelant le gouvernement chinois à reprendre le dialogue avec Sa Sainteté le Dalaï Lama.

La campagne de solidarité intitulée « Les Chinois solidaires de l’approche de la voie du milieu » a été lancée par le professeur Ming Xia, City University of New York, le 20 mai.

« En tant que peuple chinois, nous sommes profondément conscients que l’approche de la voie du milieu est une proposition unique pour résoudre le problème du Tibet, promouvoir la réconciliation entre la Chine et le Tibet et promouvoir la démocratie en Chine.

« Nous soutenons cette démarche. Nous espérons que le gouvernement chinois saisira cette occasion historique de rétablire les négociations avec le Dalaï Lama et ses représentants et s’efforcera de faire en sorte que le Dalaï Lama et les Tibétains reviennent au Tibet dès que possible pour établir ensemble un Tibet libre et pacifique qui jouisse d’une véritable autonomie. »

« L’approche de la voie du milieu a été proposée par Sa Sainteté comme une approche mutuellement bénéfique pour les Chinois et les Tibétains afin de résoudre la question du Tibet. La politique ne vise pas l’indépendance du Tibet par rapport à la Chine, mais une véritable autonomie comme le prévoit la Consitution de la République populaire de Chine ».


9 Juin 2018

Plus de 5000 chercheurs chinois pour justifier la place du Tibet au sein de la Chine

La Chine a déclaré le 19 mai avoir une armée de plus de 5 000 chercheurs d’études tibétaines à travers le pays. Le travail principal d’un chercheur en tibétologie chinoise est de prouver que le Tibet a fait partie de la Chine depuis les temps anciens, que le peuple tibétain n’a jamais eu autant de succès dans toute son histoire que depuis la période de domination chinoise qui a débuté en 1959.

La remarque sur le nombre de chercheurs en études tibétaines a été faite par An Qiyi, chef du Parti du Centre de recherche en tibétologie de Chine, a rapporté l’agence de presse officielle chinoise Xinhua le 19 mai.

Il aurait fait cette remarque lors d’une conférence de travail sur la tibétologie qui s’est ouverte à Pékin le 19 mai. Il a appelé les chercheurs à renforcer la domination chinoise au Tibet, que les groupes internationaux des droits de l’homme et d’exil décrivent comme répressive et coloniale et comme une menace mortelle pour l’identité historique de la région.

Xinhua a appelé les chercheurs tibétologues du pays à se concentrer sur le maintien d’une stabilité sociale à long terme et à tous les égards au Tibet et dans les régions ethniques tibétaines, sur le développement déséquilibré et insuffisant des régions ethniques tibétaines, sur la protection et le développement de la culture ethnique et la mise en œuvre de l’amélioration des politiques des autorités centrales en faveur du Tibet et des régions ethniques tibétaines.

Le rapport a expliqué que les autres zones ethniques tibétaines étaient des zones où les Tibétains vivaient dans les provinces du Sichuan, du Yunnan, du Gansu et du Qinghai.


9 Juin 2018

Droits Humains au Tibet : Rapport annuel du TCHRD

Droits Humains au Tibet

Rapport Annuel 2017

CENTRE TIBETAIN POUR LES DROITS HUMAINS ET LA DEMOCRATIE

A l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue au centre de conférences de la Bibliothèque des Œuvres et Archives du Tibet (LTWA), le Centre Tibétain pour les Droits Humains et la Démocratie (TCHRD) a publié aujourd’hui son Rapport Annuel pour l’année 2017 sur l’état des Droits de l’Homme au Tibet.

Le Rapport annuel 2017 sur l’état des Droits humains au Tibet présente une analyse des principales atteintes aux Droits de l’homme commises par les autorités chinoises en 2017 et fournit des recommandations spécifiques à l’attention du gouvernement de la République Populaire de Chine pour qu’il mette un terme à sa politique et à ses pratiques répressives au Tibet. Les points principaux mis en lumière dans le rapport concernent la surveillance à grande échelle des populations et ses répercussions sur le droit à la vie privée et à la liberté d’expression et d’opinion ainsi sur la politique de développement avec une attention particulière pour les programmes visant à réduire la pauvreté.

En 2017, le gouvernement chinois a intensifié et renforcé ses programmes de surveillance dans le Tibet tout entier, en envoyant des milliers de cadres et de fonctionnaires dans des communautés paysannes et nomades pour y instituer des mesures de surveillance et des campagnes de rééducation politique en alléguant la mise en place de travaux visant à réduire la pauvreté. De nouvelles lois répressives, des règlements et des mesures renforcés par des technologies avancées ont été mis en œuvre pour remplacer et supprimer la dissidence politique et les critiques à l’égard du gouvernement. Malgré ce système de surveillance répressif, les Tibétains ont continué de protester et de s’immoler par le feu ( 1, 2, 3

) afin d’attirer l’attention sur les crimes contre l’humanité et autres violations des droits fondamentaux perpétrés par les autorités chinoises au Tibet.

Le pouvoir despotique et les arrestations et les emprisonnements ont perduré et la torture est restée généralisée au cours de détentions préventives durant desquelles les prisonniers sont souvent forcés à faire de faux aveux. Plusieurs cas de torture révélés cette année constituent la preuve accablante de l’inhumanité du système judiciaire chinois. Le recours fréquent à des disparitions forcées garantit une discrétion absolue à des organes de répression et les autorise à soumettre les prisonniers à la torture

et à leur refuser le droit à une représentation légale et à un procès équitable.

De nouvelles restrictions se sont exercées sur la liberté de religion et de croyance au travers de l’introduction  de la révision des Régulations sur les Affaires Religieuses. Un contrôle renforcé sur les institutions religieuses

indique que le train de mesures sur la gestion des monastères mis en place au cours des 5 dernières années pourrait devenir permanent. Ce qui constituerait un pas de plus vers le contrôle sécuritaire des questions religieuses et culturelles au Tibet, et aurait pour conséquences des violations de plus en plus fréquentes de la liberté religieuse.

L’injuste modèle économique a causé un important appauvrissement de la population tibétaine et a mené à une croissance artificielle de l’économie alimentée par d’importantes subventions d’Etat et par la domination des migrants chinois dans les centres urbains. Les mesures de protection sur de larges portions du territoire tibétain ont eu pour conséquences le déplacement et la relocalisation des nomades tibétains vivant sur les zones de pâturages les plus productives, les privant ainsi de leurs sources de revenus. Les Tibétains ne sont pas impliqués au cours de l’élaboration et de la mise en œuvre des programmes antipauvreté et leurs intérêts de subsistance ne sont ni protégés ni pris en compte.

Accès au rapport dans sa version complète, en anglais



9 Juin 2018

LE HAUT DU TÔT ( 89) : « TIBET, DU TOIT DES VOSGES AU TOIT DU MONDE » … Les sentiers de la photo avec Caroline Riegel, Matthieu Ricard, Frédéric Lemalet et Vincent Munier

                                                                                         Du 16 juin au 10 novembre 2018

Du Toit du monde au village le plus haut des Vosges (le Haut-du-Tôt), il n’y a qu’un pas métaphorique que l’on aime franchir.
Cette troisième édition des Sentiers de la photo propose le regard de quatre photographes fascinés par ces hautes terres tibétaines. Quatre personnalités à la recherche de vérité, de spiritualité et de beauté, quatre témoignages par l’image.
                              Caroline Riegel, Matthieu Ricard, Frédéric Lemalet et Vincent Munier
ont su capter des instants rares qui reflètent leur quête personnelle : se confronter à la nature sauvage intacte pour Vincent, saisir la lumière du monde dans un regard d’enfant pour Frédéric, partager les couleurs d’une vie spirituelle pour Matthieu, et pour Caroline, une soif de rencontres imprégnées de joie.

                                                         
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Portrait de Lozo Droma, 10 ans, jeune nomade de la région de Kahu,Tibet, déjà responsable de la garde du troupeau familial.

A retrouver dans l’exposition de Frédéric LEMALET, dès le 16 juin.

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9 Juin 2018

LONDRES / Coupe du Monde Football Conifa : L’équipe du Tibet est allée recevoir la bénédiction du Dalaï Lama avant de partir pour Londres.

 A Londres, une Coupe du monde de football alternative avec des pays qui n’existent pas toujours.

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Aujourd’hui, l’organisation d’une Coupe du monde indépendante de la Fifa, avec des équipes de minorités, d’exilés ou d’autonomistes.

C’est une Coupe du monde de football un peu particulière dont le coup d’envoi sera donné jeudi 31 mai à Londres. Le premier match opposera l’équipe d’Elan Vannin à celle de la Cascadia. Ce n’est une blague. Cette Coupe du monde de football est organisée par la Conifa, la confédération des fédérations de football indépendantes. Une association créée en 2013, qui regroupe des équipes indépendantes, et qui s’est donné pour mission d’organiser cette Coupe du monde du troisième type.

Les 16 équipes qui se retrouveront à partir de jeudi à Londres, pour la troisième édition de cette Coupe du monde, viennent de tous les pays, de toutes les régions et elles ont toutes en commun de n’être pas reconnues par la Fifa. Par exemple, ce match d’ouverture : Ellan Vannin c’est l’équipe de l’île de Man, privée de Fifa parce qu’elle n’est pas une nation souveraine. Face à l’île de Man, l’équipe de Cascadia, une région du Canada qui rêve de faire sécession et de constituer un Etat indépendant avec l’Oregon.

La Padanie parmi les favoris

Ce sont donc 16 équipes de minorités, d’exilés ou d’autonomistes de tout poil, qui s’affronteront dans des petits stades jusqu’au 9 juin, jour de finale qui sera disputée dans le stade d’Enfield à Londres. Cette année, le grand favori est l’équipe de Padanie, une région du nord de l’Italie qui rêve de faire sécession avec le reste du pays, et qui affrontera dès jeudi après-midi le Matabeleland, autres sécessionnistes, du Zimbabwe ceux-là. La minorité hongroise en Roumanie a aussi son équipe, ainsi que la Kabylie, l’île de Tuvalu, l’Arménie de l’Ouest, les Coréens unis du Japon, et Chypre du Nord, occupée par les Turcs. N’oublions pas l’équipe du Tibet qui est allée recevoir la bénédiction du Dalaï Lama avant de partir pour Londres.

Comparée à la puissance de feu financière de la Fifa, la coupe de la Conifa fait figure de parent (très) pauvre. Seul le séjour des joueurs est assuré, ils doivent se payer le voyage et pour tout le reste, notamment l’accueil, les stadiers, etc., la Conifa fait appel à des bénévoles. Le but est de donner une chance à ces joueurs, explique l’association, leur offrir une exposition, qui les amènera peut-être vers une sélection dans la maison mère. La coupe de la Conifa sera diffusée en streaming à partir de jeudi.

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Aujourd’hui, l’organisation d’une Coupe du monde indépendante de la Fifa, avec des équipes de minorités, d’exilés ou d’autonomistes.

Dans « Le monde de Marie ».

image : Le match Panjab-Jersey, en préparation pour la Coupe du monde de la Conifa, le 19 mai 2018. (CONIFA)

 et  l’équipe tibétaine : source phayul.com

Royaume Uni : La Coupe de l’autre monde

Les joueurs du Tibet remercient leurs fans. ben stansall/AFP
Les joueurs du Tibet remercient leurs fans. ben stansall/AFP

Le Mondial de football a commencé, loin de la Russie et sans Messi ni Cristiano Ronaldo. Celui de la Conifa, Confédération des associations de football indépendantes, non reconnues par la Fifa. Seize équipes le disputent actuellement à Londres. Le Matabeleland (région du Zimbabwe), le Pendjab (sous-continent indien), l’Abkhazie (région autonomiste de Géorgie), le Tibet (l’équipe a été bénie par le dalaï-lama) ou les Zainichi, les Coréens du Japon. Le premier match a opposé le Barawa à l’Ilam Tamoul, deux diasporas représentant une ville côtière de la Somalie et une région autonomiste du Sri Lanka. La Cascadie (biorégion de l’Ouest canado-américain) joue contre Ellan Vannin (l’île de Man en gaélique).

Les 47 membres de la Conifa représentent aussi bien des Etats souverains (Tuvalu, Monaco), des minorités ethniques (Araméens) ou religieuses (Rohingyas), des régions culturelles (Occitanie) ou des territoires revendiquant leur indépendance (Kurdistan). « Nombre de nos membres ont une histoire assez tragique », dit le président. « Il y a donc un respect et une compréhension mutuels ». Faute de moyens, des équipes ont recouru au financement participatif pour venir à Londres. Particularité sur le terrain : outre les cartons jaunes et rouges sont distribués des cartons verts en cas de triche ou contestation.


9 Juin 2018

L’appel de nomades tibétains pour que leurs pâturages ne soient pas confisqués en vue d’en faire une zone touristique

Une soixantaine de familles nomades vivant dans le comté tibétain de Nyemo dénoncent la saisie par le Gouvernement chinois de pâturages en vue d’une utilisation touristique, selon des sources tibétaines.

Ces terres, qui ont permis la subsistance des familles du village de Lhadul de la ville de Marthang à Nyemo, une zone située à l’ouest de Lhassa, étaient déjà clôturées dans le but de promouvoir une agriculture sans récoltes, nous informe un tibétain riverain.

« Maintenant les Chinois ont lancé un projet pour développer le tourisme dans la région » nous déclare une source sous couvert d’anonymat.

« Environ soixante familles tibétaines nomades dépendent de ces pâturages pour nourrir leurs troupeaux. Et avec la saisie de ces terres, elles sont privées de leur principale source de nourriture. » Ajoute-t-il.

A présent les familles, dans une vidéo filmée sur place et qui circule sur internet, appellent les autorités chinoises d’un échelon supérieur à leur rendre justice.
Les autorités chinoises avaient fait d’autres tentatives ayant pour but de sédentariser les familles nomades et qui consistaient déjà à clôturer des pâturages, le résultat ayant été la disparition d’une grande partie de leurs troupeaux, ajoute notre source.

« L’année dernière, plusieurs milliers de moutons et de chèvres et plus d’une centaines d’animaux domestiques étaient morts de faim ce qui leur avait causé une énorme perte financière. Cela s’est produit sans aucune contrepartie du gouvernement chinois. » continue la source.

« Et aujourd’ hui, sans animaux domestiques et sans troupeaux, les Tibétains locaux ont toutes les peines du monde à survivre » poursuit-il.

Menacés d’arrestation

Parce que les chefs des villages et les chefs de canton sont directement nommés par les autorités chinoises, les Tibétains locaux n’ont aucun poids ni aucun rôle dans les décisions qui affectent leurs vies, nous informe RFA.

Et lorsque les responsables chinois de plus haut niveau se rendent dans la région, les chefs locaux empêchent les Tibétains de s’adresser directement à eux et les menacent d’arrestation s’ils venaient à désobéir.

« Ils avancent que les terres appartiennent au Parti Communiste Chinois, et qu’en accord avec les promoteurs, ils peuvent en faire ce qu’ils veulent. » déclare-t-il.

« Les habitants ont donc réalisé un film sur les terres saisies pour en appeler aux autorités chinoises supérieures pour qu’elles se préoccupent de leur bien être. »

Les projets de développement chinois dans la zone tibétaine ont très souvent mené à des impasses dans lesquelles les Tibétains accusaient les responsables locaux et les entreprises chinoises de s’approprier les terres sans se préoccuper de la vie des populations locales et des conséquences que ces saisies pourraient avoir sur leurs vies.

Ces impasses aboutissent presque toujours aux mêmes débouchés : incarcération des opposants, répression violente et pression intense sur la population locale pour qu’elle se plie aux souhaits du Gouvernement.

Rapporté par Dolma pour le service tibétain de RFA. Traduit par Dorjee Damdul et Tseten Namgyal.

Rédigé en anglais par Richard Finney, traduction France Tibet


9 Juin 2018

Quand deux figures tibétaines se rencontrent et se remémorent l’invasion chinoise

Sa Sainteté le Dalaï Lama et Jamyang Norbu la en audience privée

Jamyang Norbu : « Mon audience avec Sa Sainteté »

le 30 Mai 2018

Ce dernier jour  de la 5 ème Conférence Internationale Rangzen, tous les participants eurent une audience en groupe et une opportunité de photo avec le Dalaï Lama. C’est un grand groupe, j’étais agenouillé à proximité de ses pieds – il était debout – et il ne m’a probablement pas vu. Je compris plus tard qu’il avait demandé pourquoi je n’étais pas présent. Le même après-midi, je reçus un appel téléphonique du Bureau privé disant que Sa Sainteté désirait me voir.

Je fus donc reçu pour une audience privée avec Sa Sainteté le Dalaï Lama à 10h30, le 28 mai. Mes lecteurs seront heureux de savoir qu’il étincelait de vitalité. De mon côté, tout au contraire, je ressemblais à un mort-vivant. J’avais eu la grippe durant toute la conférence et n’avais pas dormi la nuit précédente en raison d’une toux persistante. Il a dû noter ma santé défaillante car la première chose qu’il me dit fut : « porto chak duga » : Vous êtes devenus vieux -. Je répondis :  « Oui, Votre Sainteté, et l’état de mes genoux n’est guère mieux, mais je me prosternerai complètement. »

Lorsque nous nous assîmes il demandait : « Vous êtes venu ici pour la première fois dans les années soixante, n’est-ce pas ? » Je répondis par l’affirmative. Il continua : « vous savez, nous nous sommes arrangés pour faire de grandes choses à l’époque, ensemble. En 1959 à Lhassa, Tan Guan San avait donné l’ordre d’éliminer tous les rebelles et son artillerie avait détruit tant et tant des nôtres à Norbulingka et Chapokri et partout ailleurs. Après ma fuite, les Chinois étaient convaincus que nous, les Tibétains, étions finis et qu’il n’y avait rien que moi et les Tibétains ne pouvions faire. Mais nous les avons contredits, n’est-ce pas ?»

« Oui, votre Sainteté, nous l’avons fait, » ai-je répondu

« Nous n’avons pas seulement reconstruit notre société et le Gouvernement, nous avons fait en sorte d’hisser la cause tibétaine aux yeux du monde tel que cela n’avait jamais été le cas auparavant – et nous l’avons fait ensemble. »

Il continuait de se souvenir de cette époque pendant un certain temps puis il dit : « Je veux vous parler de la politique de la Voie Médiane (Umaylam), je ne veux pas une joute orale (tsopa gyape men). Je veux juste vous l’expliquer. » Il s’engagea dans une explication claire sur le grand nombre de leaders politiques qui étaient d’accord avec lui et supportaient sa politique et comment le Président Obama lui avait même donné une lettre qui démontrait son soutien complet à l’Umaylam. Il m’expliquait également que beaucoup de Chinois du Parti Communiste Chinois, tout particulièrement des intellectuels, en s’ont venus à comprendre et à soutenir la politique de l’Umaylam.

Il complétait son argumentation en déclarant que malgré les progrès de l’Umaylam, les Tibétains devaient néanmoins continuer à prouver avec force que le Tibet était une nation indépendante avant 1959. Il en vint à expliquer à quel point il était important que nous déterrions les preuves historiques de l’indépendance du Tibet et que nous les fassions connaître non seulement au monde mais aussi aux Chinois. Il précisa que sans cette preuve de l’indépendance du Tibet, la politique de l’Umaylam serait comme un mendiant réclamant de la nourriture (pango tho longen). C’ est aux Tibétains de faire des recherches et des découvertes concluantes sur l’indépendance du Tibet, et de les publier au niveau mondial.

Je l’interrompais en lui expliquant que c’était ce que les défenseurs et les activistes de Rangzen faisaient sans relâche et à chaque opportunité. Je lui parlais de l’exposition nomade « Rangzen Terzod – Le grand trésor de la connaissance de l’indépendance tibétaine » (cartes, traités, photos, artefacts, passeports et documents authentiques du statut de la souveraineté indépendante du Tibet) que les membres du Congrès National du Tibet (TNC) ont monté au siège des Nations-Unies de New York, pour informer les passants, officiels ou non.

Je lui parlais également du site internet March 10 Memorial que j’ai mis en place avec l’aide des bénévoles du TNC pour présenter de rares photos, des vidéos, des biographies, des chronologies et une carte dynamique de Lhassa, un témoignage complet des protestations, des batailles et de la fuite du Dalaï Lama. Je lui ai parlé du « Mur du Souvenir (pawo-mapo drendhen chakri) » où nous avions affiché les biographies et les photographies de ceux qui avaient participé à l’insurrection. J’ai particulièrement fait mention du propre secrétaire personnel du Dalaï Lama, Kungo Tara, qui n’avait pas seulement repris la défense du palais de Norbulingka mais qui a aussi tenté de rejoindre les défenseurs assiégés de la montagne Chapokri.

Sa Sainteté est devenue pensive à la mention de Kungo Tara. Elle m’expliquait ensuite, ainsi qu’à deux membres officiels, Tsegyam la et un autre sur le pas-de-porte, que Tara était un homme très brave, loyal mais également un tantinet excentrique. Tara avait lui-même creusé une profonde tranchée dans le jardin du Norbulingka et instruit Sa Sainteté sur la façon de s’y cacher alors que les tirs de barrage de l’artillerie chinoise avait débuté. Sa Sainteté rit à l’évocation de ce souvenir. J’ajoutais que sur le « Mur du Souvenir » nous avions aussi affiché des images et des témoignages de Tsarong Dasang Dadul, Dronyerchenmo Phala, Lobsang Yeshi et d’autres figures officielles qui avaient travaillé pour s’assurer de sa sécurité et de sa fuite de Lhassa.

Je lui ai détaillé comment, récemment, le TNC avait fêté le centenaire de la défaite des forces chinoises du 29 avril 1918 au Chamdo ainsi que la libération du Tibet oriental – un événement dont les Khampas se souviennent comme « la nouvelle époque du cheval de terre (kalpa sa-ta lo) ». Sa Sainteté se souvenait avoir entendu parler de cet événement historique et me demanda : « Votre grand-père n’avait-il pas été général dans cette guerre ? » Se tournant vers ses collaborateurs, il leur expliqua que Thetong Dapon avait des pouvoirs spéciaux de « soumission de l’ennemi » ( je ne me souviens pas de l’exacte phrase prononcée par Sa Sainteté ) et que lorsque les autres généraux avaient failli, Thetong Dapon a été capable de battre les Chinois.

Puis, Sa Sainteté  a évoqué l’ époque  où, après le retrait du soutien américain à la résistance, nous avions parlé de l’ endroit où nous aurions pu cacher armes et soutiens. Il rit au souvenir du plan tiré par les cheveux que j’avais proposé pour acheter des armes en Afghanistan – plan, honnêtement, dont je ne me souviens pas – et il partit d’ un bon éclat de rire. Mais j’ ai pu  à Sa Sainteté comment Gyari Rimpoche et moi-même avions fait en sorte d’obtenir des fonds via les services secrets français et comment j’avais été dépêché à Paris par son Bureau Privé. Il s’en souvient. Il m’a pointé du doigt, s’adressant à ses collaborateurs : « A l’époque, ce camarade était notre espion ! » Il ajouta : « Au final, rien de ceci n’a fonctionné ». « Non Votre Sainteté, » répondis-je. J’admettais : «  Vers la fin, Lhamo Tsering La fut arrêté, Gyato Wangdu La s’est fait tuer par l’armée népalaise et le réseau de résistance s’est effondré dans son ensemble. »

Je pense que nous avons dû parler pendant 50 minutes ou plus et Sa Sainteté semble y avoir pris du plaisir. Il s’est même aventuré dans l’une de ses théories, basée sur les premières migrations humaines hors de l’Afrique et les premiers déplacements vers le nord, en Europe et en Asie. Je l’informais d’une étude lue dans la revue Scientific American. De nouvelles analyses génomiques chinoises ont montré que les Tibétains avaient habité le plateau dès le milieu de la dernière période glaciaire, il y a 64 000 ans, multipliant par quatre les hypothèses précédentes qui mentionnaient plutôt  16 000 ans.

Sa Sainteté a également réfléchi sur l’ancrage historique  que pourrait avoir un  mythe comme celui du Singe Bodhisattva et de l’ogresse du Rocher, à l’origine du peuple tibétain le. Je me suis alors souvenu d’un autre article, cette fois dans  Nature, revue scientifique en français sur ce sujet, NdT- , concernant un cousin de l’ homme de Néanderthal, l’homme de Denisova, qui se serait mêlé aux premiers Tibétains, leur donnant une variante génétique qui leur procure une aptitude unique à la survie dans des altitudes extrêmes. Sa Sainteté fut d’autant plus ravie quand je l’informais du statut de co-auteur du Dr Tsewang Tasho, université de l’Utah. Sa Sainteté me charge de le tenir informé sur de telles découvertes et recherches.

Puis vint la fin de l’audience. Sa Sainteté annonça : «  Nous devons prendre une photo ensemble. Où est le photographe ? » Puis il fouilla dans le tiroir de son bureau et me donna des sachets de médecine [tibétaine]. « Ce sont de « Pilules Précieuses , (rinchen rilbu) ». Elles vous aideront à ne pas devenir « porto (vieux) » trop tôt. Restez en bonne santé. Avant de recevoir ses bénédictions (chawang), je lui exprimai une requête toute spéciale : que tous ceux combattant pour Rangzen puissent recevoir son « thumon » – être dans son coeur et ses prières. Il répondit : « bien sûr et très certainement (yin-ta-yin), vous tous n’avez pas à vous en faire (semdrel che go maray). »

J’offris du fond du coeur mes remerciements et je le quittais.

Auteur : Jamyang Norbu pour Shadow Tibet…


9 Juin 2018

Témoignage de torture et d’abus sexuels dans un camps de rééducation au Tibet

religieuses tibétaines en uniforme dans un camp de rééducation

Le témoignage écrit d’un ancien détenu révèle l’horreur qui sévit sous le terme « éducation légale » derrière les murs des « centres de rééducation » du Tibet sous autorité de l’État chinois.

Ecrit par un moine dont l’identité n’est pas dévoilée pour des raisons de sécurité, ce témoignage coïncide avec les rares preuves collectées ces dernières années par le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD) sur l’existence de tels centres extra-judiciaires enfermant des Tibétains « politiquement non fiables». Par exemple, l’écrivain tibétain et enseignant Gangkye Drupa Kyab a été obligé de suivre des séances de 15 jours de rééducation peu de temps après sa libération de prison en 2016. De même, un autre ancien prisonnier politique a été rééduqué plus de deux mois pour avoir défier un ordre officiel obligeant les moines et nonnes à quitter les institutions monastiques situées dans les aires d’habitation tibétaines hors de la Région Autonome du Tibet (TAR).

Le moine témoignant sous couvert d’anonymat a passé quatre mois dans un centre de rééducation dans le comté de Sog, préfecture de Nagchu (TAR). Dans son écrit, il fait référence à ces infrastructures comme des centres d’entraînement à la « transformation par l’éducation » (Chinois: jiaoyu zhuanhua / 教育转化; Tibétain: lobso yosang teyney khang/ སློབ་གསོ་ཡོ་བསྲང་ལྟེ་གནས་ཁང་). Tous les détenus de son centre de rééducation étaient des moines et des nonnes, à l’exception de « deux ou trois laïcs ». Ces dernières années, beaucoup de ces religieux avaient été forcés de retourner chez eux et d’abandonner leurs études monastiques entreprises en dehors du TAR. Lui-même poursuivait des études à Tsongon au Qinghai où on lui ordonna de rentrer dans le comté de Sog, sans quoi il s’exposait à de lourdes conséquences. SUITE DE L'ARTICLE SUR TIBET.FR

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